Le rapport et les recommandations de la commission d'audit environnemental reflètent les inquiétudes croissantes en Europe quant aux politiques et aux réglementations alimentaires, alors que les Européens souffrent de plus en plus de problèmes d'obésité et de surpoids. Dans le même temps, Bruxelles tente de trouver une solution pour rendre la production alimentaire plus durable sur le plan environnemental.
Joan Walley, la députée travailliste qui dirige la commission, a expliqué que les consommateurs étaient confus face à la pléiade d'étiquettes portant sur la santé et l'environnement et qu'il était donc nécessaire de clarifier la situation pour qu'ils puissent repérer les produits contenant peu de graisse et de sel, ainsi que les produits bio ou issus du commerce équitable.
A Westminster le 23 mai dernier, Mme Walley a déclaré que les mesures prises par les gouvernements nationaux pour affaiblir les mesures de conservation proposées dans la nouvelle politique agricole commune (PAC) marquaient un retour en arrière pour l'environnement, mais aussi pour la production d'aliments plus sains.
Les ministères de l'agriculture et de la pêche des 27 Etats membres de l'Union ont demandé le 15 mai que les mesures de verdissement recommandées par la Commission européenne soient remplacées par un système plus flexible.
Mme Walley a affirmé qu'il ne revenait pas à sa commission d'évaluer les politiques européennes, mais qu'une coopération accrue entre les Etats était nécessaire pour garantir une production alimentaire durable et pour protéger les consommateurs contre l'obésité, les diabètes et d'autres problèmes de santé.
Des enfants plus corpulents
Les enfants sont particulièrement vulnérables face aux publicités pour les snacks, les boissons sucrées et les fast foods. Cette vulnérabilité et leur inactivité seraient à l'origine de leurs problèmes de poids et de santé.
Dans l'UE, quelque 22 millions d'enfants sont en surpoids ou obèses, et ce nombre augmente de 400 000 enfants par an, selon la Commission européenne.
Un récent rapport de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a révélé que 13,3 % des enfants de l'UE âgés de 11 à 15 ans étaient en surpoids ou obèses, ce nombre étant en augmentation pour les garçons dans tous les pays, et en légère diminution pour les filles en Irlande et en Grande-Bretagne.
Les responsables européens sont conscients de cette menace et soutiennent des campagnes spécialisées ainsi que des évènements de promotion d'une alimentation saine. Les experts de santé affirment cependant qu'il serait possible d'en faire davantage, notamment via une meilleure éducation sanitaire et des activités organisées dans les écoles.
En mars dernier, les eurodéputés ont maintenu leur projet de créer un nombre précis d’allégations nutritionnelles pour les aliments et les boissons, approuvant une liste de 222 allégations, telles que « allégé en matières grasses » ou « à teneur réduite en cholestérol », destinées à apparaître sur les emballages alimentaires
Etiquettes alimentaires
La commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen a rejeté une résolution qui s'opposait à la liste d'allégations de santé proposée par l'UE au motif qu'elles étaient disproportionnées et plaçaient un fardeau inutile sur les régulateurs s'agissant d'autoriser ou non certaines allégations alimentaires.
La règlementation européenne en matière de nutrition permet de retirer du marché toutes les allégations de santé non approuvées par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Les 27 Etats membres de l'UE sont obligés d'appliquer ces nouvelles règles. A l'époque, le secteur et les organisations de défense des consommateurs avaient salué le vote qui avait permis de conserver les allégations.
Monique Goyens, qui dirige l'organisation des consommateurs européens, le BEUC, avait déclaré que ce vote mettait fin « à la tromperie des consommateurs par des allégations non fondées, exagérées ou inexactes sur les denrées alimentaires. Seules les allégations de santé véritablement fondées seront autorisées à rester sur le marché. »
FoodDrinkEurope, une organisation qui représente le secteur des aliments et des boissons, a affirmé dans un communiqué que des normes harmonisées permettraient de fournir des informations sur les propriétés bénéfiques de certains éléments nutritifs dans les aliments et d'aider les consommateurs à faire des choix informés.
Outre les inquiétudes quant à la durabilité de l'agriculture et à l'étiquetage, le rapport de la commission appelle à la limitation des publicités alimentaires ciblant les enfants, à mieux éduquer les jeunes dans ce domaine.


