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Le Parlement réclame une meilleure protection des consommateurs pour les seniors et les enfants

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Publié 25 mai 2012

Les lois européennes sur les consommateurs ne protègent pas les personnes les plus vulnérables, a affirmé un membre du Parlement européen qui appelle à des mesures plus strictes pour éviter que les personnes âgées, les enfants et les personnes handicapées ne soient victimes d'arnaques ou de démarches commerciales agressives.

Lundi dernier (21 mai), le Parlement européen a adopté à une majorité écrasante une résolution stipulant que la législation européenne sur la consommation devrait fournir aux consommateurs un arsenal de droits et de protections.

Le droit européen actuel comprend une directive sur les pratiques commerciales déloyales des entreprises vis-à-vis des consommateurs et une directive relative aux droits des consommateurs, entrée en vigueur en 2011.

Les eurodéputés estiment toutefois que les efforts n'ont pas été suffisants pour protéger les citoyens exposés à la publicité en ligne ou ceux qui n'ont pas accès aux informations sur Internet et aux services de réclamations en ligne.

Dans cette résolution rédigée par l'eurodéputée espagnole María Irigoyen (Socialistes & Démocrates), le Parlement note que les mesures prises pour aider les personnes âgées sont « clairement insuffisantes ».

« La Commission a conscience des lacunes existantes et a concentré son approche sur l'information aux consommateurs », a déclaré Mme Pérez lors d'un débat parlementaire à Strasbourg le 21 mai dernier, la veille de l'adoption de la résolution.

Elle a ajouté que ces mesures ne suffisaient pas pour protéger les personnes qui ne sont pas capables « de s'affirmer et parfois de comprendre les informations qu'elles reçoivent », ou qui ignorent leurs droits, « surtout en matière de commerce transfrontalier et de commerce en ligne ».

Dans leur résolution les eurodéputés font cependant remarquer que la « diversité » des situations de vulnérabilité « rend difficile une approche uniforme et l'adoption d'un instrument législatif complet ».

« La législation européenne doit traiter le problème de la vulnérabilité du consommateur comme une tâche transversale, en tenant compte de la variété des besoins, des capacités et des situations des consommateurs », peut-on également lire dans ce document.

Une mosaïque de politiques

D'autres eurodéputés ont fait part de leurs inquiétudes quant au fait que les règles variaient à travers l'UE et qu'il n'existait pas de normes sur la commercialisation de l'alcool et du tabac auprès des enfants et des jeunes adultes.

« Certains pays disposent de règles strictes et d'autres d'une approche plus libérale. J'aimerais qu'une approche commune soit développée en Europe », a commenté Emilie Turunen, eurodéputée danoise et porte-parole des Verts auprès de la commission de la protection des consommateurs, lors d'un entretien accordé à EurActiv.

Certains fabricants de produits alimentaires et de boissons ont lancé leurs propres normes de commercialisation qui limitent la publicité auprès des jeunes et sont soutenues par des organisations comme l'International food and Beverage Alliance.

John Dalli, le commissaire européen à la santé et à la politique des consommateurs, a fait savoir que le nouvel agenda du consommateur, dévoilé le 22 mai à l'issue du vote, répondrait à certaines des préoccupations du Parlement.

« La Commission soutient sans réserve l'opinion du Parlement : il est important de se pencher sur le problème de la vulnérabilité des consommateurs et ce point se reflétera dans l’agenda du consommateur », a-t-il affirmé.

Le rapport de Mme Pérez n'est pas contraignant et présente les recommandations du Parlement pour le programme relatif aux consommateurs sur la période 2014-2020 ainsi que sur l’agenda du consommateur. Il a été approuvé par l'ensemble du Parlement le 22 mai après avoir été adopté par la commission de la protection des consommateurs le 26 avril dernier.

Stimuler le marché unique

La protection des consommateurs est un thème majeur pour l'exécutif européen et le Parlement qui cherchent à encourager les Européens méfiants à effectuer des achats dans d'autres pays et sur Internet. La Commission estime qu'en 2010, 100 millions d'Européens (soit un cinquième de la population de l'UE) ont rencontré des problèmes de fraudes ou de produits défectueux dans le marché commun, ce qui a terni les perspectives d'expansion.

Le 15 novembre 2011, le Parlement a approuvé une résolution plus large sur les droits des consommateurs qui incluait les groupes de population suivants dans la catégorie « consommateurs vulnérables » : les personnes âgées, les personnes dans le besoin et celles souffrant de handicaps physiques et mentaux.

Mme Pérez et d'autres partisans de cette résolution s'inquiètent surtout du fait que les Européens qui ont un accès limité à Internet puissent se décourager à l'idée de chercher des informations, par exemple par le biais du Réseau des centres européens des consommateurs, ou de porter plainte via des portails en ligne.

Parmi les autres dispositions de la résolution adoptée par le Parlement, les eurodéputés :

  • recommandent la mise en place de campagnes d'information sur le régime alimentaire et la santé destinées aux enfants qui, selon la résolution, peuvent être exposés à de la publicité ciblée pour des produits alimentaires ou des boissons ;
  • exhortent les États membres à fournir des services gratuits pour les consommateurs vulnérables ou handicapés qui souhaitent lancer des processus de règlement extrajudiciaire des litiges en cas de réclamations ;
  • encouragent la mise en place de services spécifiques destinés aux personnes qui n'ont pas accès à un ordinateur ou les personnes handicapées, y compris celles qui ne sont pas capables d'entendre ou de lire les informations sur leurs droits.
Réactions : 

Les eurodéputés ont largement soutenu la résolution sur les consommateurs vulnérables en invoquant plusieurs raisons lors des négociations en plénière à Strasbourg le 21 mai.

L’eurodéputé français Philippe Juvin (Parti populaire européen) a salué ce vote : « La diversité des formes de vulnérabilité doit être prise en compte, au-delà d'une acceptation classique de la vulnérabilité fondée sur un handicap physique ou mental. Ceci implique l'inclusion d'une vulnérabilité de situation, exogène à l'individu, liée aux interactions entre l'individu et son environnement. »

« Il est également essentiel de renforcer tant le corpus juridique et le respect effectif des droits des consommateurs vulnérables, que leur capacité à prendre des décisions éclairées de façon autonome. Le consommateur doit être informé de façon efficace et appropriée, et les professionnels doivent être responsabilisés et jouer un rôle important en la matière », a ajouté M. Juvin.

L'eurodéputé roumaine Elena Băsescu (Parti populaire européen), a cité les mesures d'austérité, les réformes du marché et l'augmentation des coûts des services publics dans son pays. « Cela signifie que de nombreux consommateurs, notamment les consommateurs pauvres, ont besoin d'être protégés de la libéralisation », a-t-elle déclaré.

L’eurodéputé slovaque Jaroslav Paška (Europe libertés démocratie) estime qu'il faut en faire plus pour protéger les enfants contre l'incitation à acheter des produits alimentaires mauvais pour la santé. « Les écoles européennes proposent des distributeurs de boissons et de barres chocolatées près des cantines et des réfectoires. Nous pourrions adopter une réglementation visant à remplacer ces produits par des aliments saints comme les fruits. »

Le BEUC, une organisation représentant les groupes de consommateurs à l'échelle européenne, a salué le nouveau programme de la Commission pour la protection des consommateurs mais prévenu qu'il attendait les résultats des initiatives de la Commission pour les juger, dans la mesure où les consommateurs attendent de l'UE un suivi rapide de ses promesses. « Le test décisif sera l'introduction, à l'échelle européenne, d'un système de recours collectif au bénéfice de ses 500 millions de consommateurs », peut-on lire dans le communiqué du BEUC.

Timothy Spence — Article traduit de l'anglais
Photo: © Konstantin Sutyagin
Contexte : 

Plusieurs initiatives visent à renforcer les droits des acheteurs dans le marché intérieur. Ces droits ont pour but de promouvoir les achats transfrontaliers et le commerce en ligne.

Le Programme de protection des consommateurs pour 2014-2020 et l'agenda du consommateur ont fait l'objet de réformes.

En novembre 2011, l'exécutif européen a proposé un Programme de protection des consommateurs (2014-2020) fondé sur quatre axes principaux : 

  • améliorer la sécurité des produits par le biais du contrôle et de la mise en oeuvre ;
  • développer des campagnes de sensibilisation sur les droits des consommateurs ;
  • garantir que les consommateurs européens bénéficient des mêmes droits, comme celui de recevoir des informations et des garanties sur un produit ; 
  • mieux appliquer les lois de protection des consommateurs à l'échelle nationale.

Viviane Reding, vice-président de la Commission en charge de la justice et des droits fondamentaux, et John Dalli, le commissaire européen à la santé et à la politique des consommateurs, ont proposé le 22 mai un agenda du consommateur qui offrirait aux Européens des voies de recours extrajudiciaires en cas de fraude ou de litige sur la qualité et la livraison des biens et des services achetés dans un autre Etat membre de l'UE.

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