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Publicité sur les aliments et les boissons : le Parlement persiste et signe

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Publié 01 juin 2012, mis à jour 14 septembre 2012

Le Parlement a de nouveau réclamé un contrôle accru de la publicité sur les aliments et les boissons destinés aux enfants et aux adolescents. Certains eurodéputés ont même appelé à une interdiction totale des publicités sur la bière qui visent les jeunes. L'industrie affirme toutefois que ce n'est pas nécessaire, car elle peut s'autoréguler. 

La semaine dernière (22 mai), le Parlement européen a demandé à la Commission européenne dans une résolution de « déterminer si des règles plus strictes [étaient] nécessaires concernant la publicité destinée aux enfants et aux jeunes », des consommateurs considérés comme plus vulnérables.

Les enfants et les jeunes « sont plus sensibles à la publicité pour les aliments riches en graisses, en sel et en sucres », peut-on lire dans cette résolution. Cette tranche de la population souffre d'ailleurs « de plus en plus des conséquences de la sédentarité et de l'obésité », a ajouté le Parlement.

Les publicités agressives ou trompeuses à la télévision et en ligne qui ciblent les enfants et les adolescents sont dans la ligne de mire des eurodéputés. Pour lutter contre ces pratiques, ils recommandent dans leur résolution des campagnes de sensibilisations sur l'alimentation et la santé à l'intention des enfants.

Engagements

Reste à savoir si l'industrie des aliments et des boissons pourrait réglementer efficacement ses pratiques en matière de publicité.

Sam Rowe, porte-parole de l'UNESDA, l'association européenne des boissons non alcoolisées, affirme toutefois que les législateurs ne devraient pas trop s'inquiéter. « Le Parlement européen tente de responsabiliser les entreprises. Nous approuvons cette approche. Nous pensons qu'il est important de se montrer responsable dans le domaine de la publicité et de la communication avec le consommateur », a déclaré Mme Rowe, qui s'est exprimée au nom d'entreprises comme Coca-Cola, PepsiCo, Orangina Schweppes Group, Nestlé Waters, Danone et Red Bull.

« Nous estimons que l'autoréglementation fonctionne avec efficacité et rapidité », a-t-elle ajouté.

Les membres de l'UNESDA sont conscients de leur impact sur les jeunes et les enfants. Ils se sont d'ailleurs engagés en 2006 à ne pas cibler les enfants de moins de 12 ans à la télévision, dans les brochures, en ligne ou encore sur les médias sociaux, a-t-elle martelé.

« Nous ne visons pas cette tranche de la population, car nous respectons le fait que les enfants soient vulnérables et nous pensons qu'il revient aux parents de prendre une décision et non aux enfants. » Mme Rowe a ajouté que les membres de l'UNESDA avaient décidé de ne pas vendre leurs produits dans les écoles primaires des 27 Etats membres de l'Union.

Publicité sur la bière

Certains eurodéputés souhaitent une législation plus stricte pour protéger des groupes de consommateurs vulnérables comme les adolescents. L'eurodéputé verte danoise Emilie Turunen a appelé à une interdiction totale des publicités sur l'alcool qui ciblent les jeunes.

« Certains pays disposent de réglementations strictes et certains adoptent des approches plus libérales. Je voudrais qu'une approche commune soit appliquée en Europe », a-t-elle déclaré, soulignant que l'Internet représentait un nouveau danger dans ce domaine.

L'eurodéputée Christel Schaldemose du groupe des Socialistes et Démocrates (S&D) a plaidé pour une législation plus stricte qui empêcherait les entreprises de boissons alcoolisées de cibler les jeunes avec des techniques de marketing agressives.

« Mais pour être honnête, je ne sais pas si cette idée sera retenue », a-t-elle reconnu. « Chaque fois que nous avons examiné la législation en vigueur, les entreprises de boissons alcoolisées ont fait pression pour qu'aucune réglementation ne soit adoptée, car les producteurs de vin et d'alcool sont très nombreux en Europe », a-t-elle expliqué.

Pacte sur la publicité responsable

Simon Spillane est conseiller senior pour l'association The Brewers of Europe qui représente le secteur brassicole européen. Selon lui, il n'est pas nécessaire d'introduire une réglementation européenne plus stricte, dans la mesure où les brasseurs se sont déjà engagés à s'autoréglementer.

« Il existe des codes d'autoréglementation et des orientations de mises en oeuvre relatifs à la publicité sur la bière dans l'UE, que ce soit au niveau régional, national ou de l'entreprise », a-t-il argué. « Tous ces codes interdisent de cibler les mineurs sous l'âge légal de consommation dans les publicités pour la bière. Cela signifie qu'aucune publicité ne cible les mineurs et qu'aucune publicité ne sera diffusée lors d'un programme télévisé pour enfant ou dans un magazine pour adolescents, par exemple. »

M. Spillane a reconnu que The Brewers of Europe ne disposait pas d'une définition précise des consommateurs vulnérables, mais il a affirmé que les codes d'autoréglementation stipulaient que les mineurs ne devaient pas être ciblés dans la publicité ou être encouragés à consommer. Les brasseurs ont lancé une EU Beer Pledge dans le but de s'assurer que les médias sociaux et la sphère numérique soient également couverts par ces codes de conduite.

En avril dernier, les huit plus grands producteurs d'alcool d'Europe ont défini des lignes directrices communes au sein de l'UE, dans le but d'éviter que les mineurs ne soient exposés à des publicités virales sur l'alcool dans les médias sociaux. Ce pacte aura également pour objectif d'interdire la diffusion d'annonces publicitaires qui visent à attirer les jeunes. AB InBev, Bacardi, Brown-Forman, Carlsberg, Diageo, Heineken, Pernod Ricard et SAB Miller sont les signataires de ce pacte pour un marketing responsable. Ensemble, ils représentent la majorité des dépenses consenties en Europe pour la publicité sur les boissons alcoolisées.

Toutes ces initiatives mettent en exergue les inquiétudes du secteur quant à l'adoption éventuelle d'une réglementation européenne plus stricte. Reste à voir s'il parviendra à convaincre le Parlement européen.

EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
: Les représentants de l'industrie des boissons affirment que l'autoréglementation est suffisante pour protéger les consommateurs vulnérables
Contexte : 

Plusieurs initiatives ont pour objectif de renforcer les droits des consommateurs au-delà des frontières.

Le Programme de protection des consommateurs pour 2014-2020 et l'agenda du consommateur font partie de ceux qui font l'objet de réformes.

En novembre 2011, l'exécutif européen a proposé un Programme de protection des consommateurs (2014-2020) fondé sur quatre axes principaux : améliorer la sécurité des produits par le biais du contrôle et de la mise en oeuvre ; développer des campagnes de sensibilisation sur les droits des consommateurs ; garantir que les consommateurs européens bénéficient des mêmes droits, comme celui de recevoir des informations et des garanties sur un produit ; mieux appliquer les lois de protection des consommateurs à l'échelle nationale.

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