Bien qu’étant essentiel à la prospérité, la compétitivité et le développement social en Europe, le transport routier génère toute une série d’effets externes négatifs, notamment :
- La détérioration des routes ;
- Les embouteillages ;
- Les émissions de gaz à effet de serre, largement considérées comme la cause principale du réchauffement climatique ;
- La pollution sonore et atmosphérique, responsable de graves risques sanitaires, notamment des problèmes respiratoires comme l’asthme. On estime que chaque année, 300 000 personnes décèdent prématurément de maladies liées à la pollution de l’air.
- Les décès et blessures dus aux accidents de la route, qui provoquent près de 42 000 morts chaque année.
Il semblerait que faire supporter ces coûts aux automobilistes en leur imposant des taxes sur les infrastructures assurerait un usage plus efficace de ces infrastructures et permettrait de s’attaquer à certaines de ces conséquences négatives. Parallèlement, ces taxes rapporteraient des fonds qui permettraient d’investir dans de nouvelles infrastructures et dans des modes de transport alternatif.
A l’échelle européenne, la première directive consistant à taxer l’usage d’infrastructures de transport routier, bien connue sous le nom de directive Eurovignette, a été adoptée en 1993.
Ce texte, qui établit un cadre permettant aux Etats membres d’introduire des droits de péage et des taxes sur les poids lourds transportant des marchandises, a été révisé en 2006 : à partir de 2012, les taxes concerneront toutes les routes d’Europe, et plus seulement les autoroutes, et seront applicables à tous les camions de plus de 3,5 tonnes, au lieu de plus de 12 tonnes.
La directive de 2006 donne également aux autorités la possibilité d’intégrer les « coûts externes » du transport routier sur l’environnement et la santé dans le montant des péages. Néanmoins, face à l’opposition des ministres des Transports, la version finale de la directive a été reportée jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé sur une méthode commune pour le calcul et l’internalisation des coûts externes applicables à tous les modes de transport.
D’ici le 10 juin 2008, soit deux ans après l’entrée en vigueur de la directive Eurovignette, la Commission doit donc présenter au Conseil et au Parlement un modèle général de calcul de tous les coûts externes liés au transport, ainsi qu’une analyse de l’impact économique, social et environnemental de l’internalisation de ces coûts pour tous les modes de transport.
Dans cette optique, la Commission a demandé à un consortium d’experts, dirigé par le cabinet de consultants CE Delft, de préparer une étude sur les différentes méthodes de calcul et les différentes possibilités d’internalisation. Suite à ce rapport, une consultation des parties prenantes sera organisée à partir d’octobre 2007.