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Climat : constat d'échec de la politique européenne des transports [FR][en][de

Publié: mardi 27 février 2007   

Selon l'Agence européenne pour l'environnement, l'explosion de la demande dans le secteur des transports se traduit par une hausse constante des émissions de gaz à effet de serre, menaçant ainsi le respect des engagements européens pour Kyoto.

Contexte:

Dans le cadre du protocole de Kyoto, l'UE s'est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 8% d'ici 2012 par rapport aux niveaux de 1990.

Environ un cinquième des émissions totales de GES de l'UE est imputable au secteur des transports.

En 2001, l'UE a présenté une stratégie sur dix an visant à rendre son secteur des transports plus durable, principalement en rompant le lien entre augmentation de la mobilité et croissance économique. Elle envisage de se tourner vers des modes de transport plus durables (intermodalité), comme les chemins de fer ou le transport par voie navigable, et de moderniser les transports publics (lire le LinksDossier EurActiv concernant le Livre blanc sur les transports).

Toutefois, l'examen à mi-parcours du livre blancPdf external adopté en juin 2006, ne fait aucune référence à l'objectif de réduction de la croissance globale de la mobilité. Tout au contraire, il recommande de "séparer la croissance de la mobilité de ses effets secondaires négatifs".

Récemment, des propositions visant à introduire des carburants plus propres tels que les biocarburants et à imposer des plafonds pour les émissions de CO2 provenant des voitures (EurActiv 08/02/07) et des avions (EurActiv 21/12/06) semblent aller dans la même direction.

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Autres articles:

D'après un rapport de l'Agence européenne pour l’environnement (AEE) publié le 26 février 2007, alors que les émissions de la plupart des secteurs, comme l'approvisionnement énergétique, l'industrie et l'agriculture, ont diminué entre 1990 et 2004 au sein de l'UE-15, les émissions de gaz à effet de serre provenant du secteur des transports ont augmenté de 26%, montrant que l'introduction des technologies écologiques n'a pas permis de suivre le rythme de la demande croissante dans ce secteur.

Ce sont les volumes du transport aérien qui ont le plus augmenté au cours de cette période (+86%), mais le transport routier demeure toutefois le problème le plus important, avec 93% des émissions de GES en provenance des transports.

Selon l'étude, l'échec de l'internalisation des coûts externes du transport par le biais de mécanismes de tarification et d'importantes subventions étatiques au secteur des transports, comptant pour 270 à 290 milliards d'euros par an, la moitié au moins étant destinée au transport routier, est largement responsable de la croissance rapide des volumes de transport. De plus, de telles politiques orientent les choix en matière de transport vers des modes de déplacement moins favorables à l'environnement.

Le rapport met également en évidence l'effet des transports sur la santé. Avec un quart de la population vivant à moins de 500 mètres de routes où circulent plus de trois millions de véhicules par an, l'AEE estime que près de quatre millions d'"années de vie" sont perdues chaque année en raison de niveaux de pollution élevés.

Positions:

L'AEE critique l'assouplissement de la politique européenne sur les volumes de transport. Selon le professeur Jacqueline Mc Glade, directrice exécutive de l'AEE, "l'examen à mi-parcours [du Livre blanc sur les transports] déplace le point focal du traitement de la demande dans le secteur des transports vers la gestion des effets secondaires indésirables. Ce changement de point de vue signifie que la croissance de la demande dans les transports n'est plus identifiée explicitement comme l'un des principaux problèmes environnementaux dans ce secteur".

Elle souligne : "Nous ne pouvons pas lutter contre l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, la pollution sonore et la fragmentation du paysage causées par les transports sans tenir compte de la progression du trafic qu'il soit routier, ferroviaire, aérien ou maritime. Les progrès technologiques, tels que les moteurs plus propres et plus économes en carburant sont très importants mais ils ne permettront pas à eux seuls de résoudre le problème des émissions liées au transport".

La directrice de l'UITP EuroTeam, Brigitte Ollier, acquiesce : "Nous devons réduire le volume du trafic. La technologie seule ne peut pas fournir de solution, nous devons également modifier les comportements". Elle suggère également que l'UE établisse des objectifs non-contraignants pour tous les Etats membres afin de réduire le trafic routier d'1% par an au cours des cinq prochaines années.

Toutefois, l'Union internationale des transports routiers (IRU), estime qu'une partie de la solution réside dans le financement de nouvelles infrastructures routières : "Une infrastructures réduite entraîne des encombrements de plus en plus conséquents. Supprimer les goulots d'étranglement, construire de nouvelles infrastructures et rendre le système existant plus efficace contribuent à réduire l'impact des routes urbaines sur l'environnement".

Selon la Fédération routière européenne (ERF), "il n y a aucune raison d'envisager une baisse des émissions de CO2 identique à celle des autres secteurs". Elle souligne que, selon le rapport Stern, une taxe d'environ 20-25€ par tonne de CO2 minimiserait le coût économique de cette réduction, en ajoutant : "Les taxes spécifiques que paie déjà le secteur des transports routier dans la plupart des Etats membres représente environ dix fois ce montant. Le transport routier est donc le fer de lance de la bataille pour la réduction du CO2, et si les autres secteurs de l'économie suivaient cette voie, les émissions de CO2 seraient alors sous contrôle".

L'ONG écologique Transport et Environnement (T&E) souligne le fait que "si les émissions du secteur des transports s'étaient stabilisées au lieu d'augmenter depuis les années 1990, la réduction globale des gaz à effet de serre dans l'UE-25 (incluant les émissions du transport aérien et maritime international, non couverts par le protocole de Kyoto) se serait élevée à -8,1% au lieu de -2,7%".

Les députés Verts/ALE, Michael Cramer et Eva Lichtenberger, ont déclaré : "Il faut changer radicalement d'approche sur la manière d'atteindre les objectifs. Supprimer les subventions directes pour les modes de transports qui mettent le climat en danger, comme la construction routière, doit être une priorité, mais il faut aussi internaliser les coûts externes du transport sur l'environnement".

La députée Caroline Lucasrapporteur parlementaire sur le changement climatique et le secteur aérien, a ajouté : "Nous devons mettre fin aux subventions indirectes en direction des compagnies aériennes - comme l'absence de taxe sur le carburant. Si un système d'échange de quotas d'émissions doit être élaboré, il doit être mis à part et comprendre des plafonds rigoureux pour que le coût réel des vols sur l'environnement soient reflétés dans le prix final".

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