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Coup dur pour les ambitions de lignes ferroviaires à grande vitesse de l’UE

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Publié 28 janvier 2013

Le commissaire européen en charge des transports a indiqué que le lancement difficile du service de ligne à grande vitesse, désormais à l’arrêt, entre Bruxelles et Amsterdam, baptisé le « train de la honte » par des passagers en colère, « n’était pas notre problème » malgré des années d’efforts pour encourager de tels services ferroviaires transnationaux de haut de gamme.

Des législateurs belges et néerlandais devraient organiser une audition aujourd'hui (28 janvier) à Bruxelles sur des problèmes techniques rencontrés sur les rames du train construit en Italie, dont certaines sont tombées en panne en raison de la neige et du verglas sur le tracé de 175 kilomètres.

Siim Kallas, le vice-président de la Commission européenne et commissaire en charge du transport, a expliqué à des journalistes que la suspension du service n'était pas un problème pour la Commission étant donné qu'elle concerne des problèmes techniques entre deux compagnies ferroviaires et leur fournisseur équipements.

« Ce n'est pas notre problème », a-t-il déclaré jeudi (24 janvier), une semaine après la suspension de services ferroviaires du Fyra.

« Nous avons déjà résolu de nombreux problèmes d'interopérabilité sur ce réseau à grande vitesse », a-t-il précisé. « Cela arrive pourtant. Comme le disent les constructeurs ferroviaires et aéronautiques, les équipements sont devenus si complexes qu’il faut parfois du temps avant de faire fonctionner une machine sans la moindre difficulté. »

Libor Lochman, directeur exécutif de la Communauté européenne du rail, a également indiqué que les problèmes liés au Fyra étaient d'ordre technique et ne relevaient pas du mandat de la Commission.

Le Commission encourage cependant la mise en place de lignes transnationales à grande vitesse comme celle du Fyra et l'ouverture des services ferroviaires à la concurrence grâce à une série de paquets ferroviaires lancés en 2001.

La Commission devrait présenter cette semaine son quatrième paquet ferroviaire destiné à améliorer l'interopérabilité des services de transports de personnes et de marchandises à travers l'UE.

Les organisations de voyageurs ne sont pas contentes

Le service Fyra, sous la direction commune des compagnies ferroviaires belges SNCB/NMBS et néerlandaises NS, a remplacé un service qui transportait des passagers et navetteurs pendant 55 ans. L'inauguration du service s'est déroulée en grande pompe le 9 décembre 2012 et s'est interrompue pour une période indéterminée le 18 janvier.

L'expérience Fyra sème le doute du côté des passagers quant aux efforts de l'UE de mettre fin aux monopoles nationaux sur les services ferroviaires de transport de passagers et de marchandises ainsi que de supprimer les obstacles à la concurrence entre les pays de l'UE.

Des défenseurs des droits de consommateurs craignent que des investissements plus importants dans les infrastructures et les voitures de chemin de fer n'empêchent l'allocation de financements aux lignes régionales et locales. L'arrivée des trains rapides a déjà entraîné une réduction des services dans certains pays, selon des organisations de passagers.

>> Lire : Transport ferroviaire : une route chaotique vers le marché unique

La concurrence entre les prestataires de services sur ces lignes soulève d'autres questions des consommateurs sur la coopération en matière de billets et de réservations. La Fédération européenne des voyageurs, par exemple, explique que certaines entreprises pourraient ne pas accepter les billets vendus par une autre dans des circonstances exceptionnelles, en cas de retard ou d'annulation, par exemple.

Fyra a rapidement été appelé « floptrein » en néerlandais, ou « train de la honte ».

Outre des retards, des annulations et des pannes de trains sur la ligne du Fyra, le prix d'un billet de transport posait également problème. Ces prix ont augmenté de 34 % par rapport au service qu'il remplace et certaines destinations intermédiaires jusqu’à 82 %, selon l'organisation de droits des passagers TreinTramBus située à Gand en Belgique.

Les besoins des passagers n'ont pas été pris en compte quand les compagnies ferroviaires belges et néerlandaises ont planifié le nouveau service, déplore l'organisation.

Les passagers ne sont « jamais consultés »

« Ces deux compagnies ferroviaires ont adopté le  mauvais type d'approche et les passagers n’ont jamais été consultés », a déclaré Kees Smilde, porte-parole de TreinTramBus.

Il a ajouté que bon nombre des utilisateurs des trains précédents étaient des navetteurs qui pouvaient utiliser des abonnements mensuels transfrontaliers alors que les passagers occasionnels étaient attirés par la fréquence des services non soumis à réservation.

Fyra a introduit un nouveau système de réservation, semblable à un autre service ferroviaire à grande vitesse qui circule déjà sur le même tracé : les trains luxueux Thalys gérés par les compagnies ferroviaires belges, françaises et néerlandaises.

Les passagers veulent « un train normal, pas à sensations. Nous avons une longue tradition de simplement monter à bord d’un train », a ajouté M. Smilde. « Nos passagers n'aimaient pas la problématique de la réservation. Pour des distances si courtes, les gens détestent [réserver]. »

AnsaldoBreda, le constructeur italien des élégants trains Fyra V250, s'est excusé publiquement des problèmes techniques rencontrés. Les compagnies belge et néerlandaise ont commandé respectivement trois et seize rames de train au prix de plus de 20 millions d'euros.

L'entreprise italienne a tenu l'accumulation de neige et de glace sous les voitures responsable des problèmes. Elle a toutefois défendu sa position en indiquant que les trains avaient été soumis à des tests en conditions hivernales en Autriche et en République tchèque.

Même avant une vague de froid et des averses de neige inhabituellement fortes aux Pays-Bas au début du mois de janvier, le Fyra avait été confronté à des problèmes techniques et des retards depuis son lancement en décembre 2012.

Le quotidien belge La Libre a estimé que les problèmes techniques et les pertes de revenus pourraient s'élever à 1,8 million d'euros pour le service ferroviaire belge en difficultés financières. Les passagers de ce tracé doivent dorénavant prendre des trains régionaux correspondants ou utiliser un service de bus de remplacement, ce qui double presque le temps de trajet entre Bruxelles et Amsterdam.

Prochaines étapes : 
  • 28 janv. : des députés belges et néerlandais se rencontrent à Bruxelles pour discuter de Fyra
  • Fin janvier : la Commission devrait dévoiler son quatrième paquet ferroviaire
Timothy Spence - traduit de l'anglais par Aubry Touriel
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Cancelled: A Fyra train in Amsterdam's central station
Contexte : 

La Commission européenne introduira bientôt son nouveau paquet ferroviaire dans le but de poursuivre la libéralisation des réseaux ferroviaires, en raison de faibles parts de marché du rail pour le transport de marchandises et de passagers, à savoir 7 % et 12 % respectivement.

Toutefois, malgré deux décennies d'efforts visant à créer un marché unique compétitif des obstacles majeurs persistent. Les différentes technologies, les barrières réglementaires, le manque d'investissements et les débats sur la manière de gérer au mieux les infrastructures et les équipements contribuent à la lenteur des changements dans certains pays.

La refonte du premier paquet ferroviaire de la Commission en 2001 a été adoptée en 2012. Elle consolide la législation de 2001, 2004 et 2007 et a pour objectif de renforcer la supervision réglementaire et les performances des gestionnaires d'infrastructures. Elle vise également à accroître la transparence des contrats et des opérations ferroviaires.

Certains demeurent néanmoins sceptiques face à l'approche de l'exécutif européen. Selon eux, sans un contrôle attentif pour équilibrer les forces du marché, les services du rail sur les itinéraires interurbains et transnationaux très fréquentés (ces derniers sont libéralisés depuis le 1er janvier 2010) deviendront plus compétitifs, tandis que les services dans les petites villes et les zones rurales seront négligés.

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