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19 juillet 2008
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Les dirigeants européens envisagent de reculer concernant les biocarburants [FR][en][de

Publié: vendredi 14 mars 2008   

Selon des déclarations qui ont suivi le Sommet de printemps, il apparaît que face aux craintes concernant les hausses des prix alimentaires, la déforestation massive et le manque d’eau, le objectif européen visant à stimuler l’utilisation des biocarburants dans les transports européens pourrait être révisé.

Contexte:

En mars 2007, les dirigeants européens se sont engagés à accroître la part de biocarburants dans les transports par rapport aux niveaux actuels de près de 2% à 10% d’ici 2020, suite aux inquiétudes grandissantes concernant l’augmentation des prix du pétrole, la sécurité énergétique et le changement climatique.

L’objectif avait alors été traduit en propositions juridiques, présentées le 23 janvier 2008  par la Commission dans une directive plus vaste relative aux énergies renouvelablesexternal .

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Alors qu’aucune décision n’a été prise lors du sommet de cette année, le Premier ministre slovène Janez Jansa, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a déclaré qu’il n’excluait pas la possibilité de modifier ou de revoir les objectifs.

Cette fois, l’objectif visant à augmenter la part des biocarburants dans les transports par rapport aux niveaux actuels de 2% à 10% d’ici 2020 a été fixé par les dirigeants européens eux-mêmes. A l’oirigine, cette initiative était considérée comme un bon moyen d’inciter les gouvernements et l’industrie à investir dans les biocarburants afin de réduire la dépendance de l’Europe aux importations de pétrole et de contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Pourtant, une myriade d’études et d’analyses d’impact produites par diverses sources l’année dernière ont donné l’alerte : augmenter la production de biocarburants à ces niveaux en se basant sur les technologies actuelles – qui implique principalement la transformation de cultures agricoles en carburant – pourrait avoir des conséquences globalement négatives pour l’environnement.

Entre autres, les préoccupations sont que le secteur agricole serait privé des terres arables dont il a besoin pour répondre à la demande croissante au moment où le réchauffement climatique a déjà engendré désertification dans de nombreuses zones.

De plus, beaucoup remettent en question la capacité des biocarburants à réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre comparé aux carburants conventionnels (lire EurActiv 18/01/0811/12/0711/09/0727/07/07).

L’annonce selon laquelle l’objectif de 10% pourrait être reconsidéré est un signe clair indiquant que les Etats membres commencent à prendre ces avertissements au sérieux.

Positions:

Le Premier ministre slovène Janez Jansa a déclaré qu’il n’existait pas de réponses claires. Selon lui, il ne fait aucun doute qu’il y aura une analyse plus approfondie.

D’après Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat français chargé des Affaires européennes, il appartiendra à la présidence française de voir quelle est la stratégie à adopter, mais il n’y a rien de définitif pour le moment. En ce qui concerne l’objectif de 10%, il a ajouté que la révision n’avait pas été exclue.

Le Premier ministre italien, Romano Prodi, comptait parmi les sceptiques : il a affirmé qu’un passage aux biocarburants diversifierait les terres consacrées à la production alimentaire.

Cependant, Anders Fogh Rasmussen, Premier ministre danois, a déclaré que l’UE devrait s’en tenir à l’objectif, mais qu’elle devrait s’intéresser aux biocarburants de seconde génération, produits à partir de matériaux ligneux qui ne sont pas incompatibles avec la production alimentaire, comme les feuilles, l’écorce d’arbre ou la paille.
Dans tous les cas, la Commission européenne pourrait s’opposer à toute tentative visant à modifier l’objectif. Selon elle, cet objectif est essentiel pour réduire à la fois la dépendance du secteur des transports au pétrole et les répercussions sur l’environnement.

L’exécutif européen estime qu’introduire des « critères de durabilité » dans la législation suffira à s’assurer que seuls les « bons » biocarburants – qui permettent de réaliser des économies de CO2 considérables comparé aux carburants fossiles et qui ne sont pas nocifs pour l’environnement – sont utilisés.

Le 13 mars, la commissaire à l’Agriculture, Mariann Fischer-Boël, a déclaré qu’elle était consciente que différentes objections avaient été soulevées et que la Commission les considérait avec sérieux et estimait qu’elle pouvait y répondre. D’après Mme Fischer-Boël, les hausses de prix ne sont pas toujours mauvais signe. Les agriculteurs européens ont attendu que les prix cessent de baisser en termes réels pendant plus de deux décennies, s’exclame-t-elle. Elle a ajouté que les prix élevés étaient une bonne nouvelle pour 70 à 80% des personnes les plus pauvres du monde qui vivent en milieu rural et basent leurs moyens de subsistance sur l’agriculture.

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