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Mettre une annonceLa proposition de la Commission visant à abaisser la limite des émissions de CO2 produites par les véhicules a été différée, les commissaires étant incapables de décider si les objectifs doivent être contraignants pour les constructeurs automobiles.
Le commissaire à l'environnement, Stavros Dimas, a refusé de céder aux pressions de l'industrie automobile et du commissaire Günter Verheugen sur les propositions visant à rendre les véhicules européens plus écologiques, attendues pour le 24 janvier 2007. Le 23 janvier, des sources provenant de la Commission ont confirmé que ces propositions seraient différées de quelques semaines.
A l'origine, le commissaire Dimas avait prévu d'obliger tous les constructeurs automobiles à ne pas dépasser un seuil de 120g/km d'ici 2012, des informations ayant récemment indiqué que ces constructeurs étaient encore loin d'atteindre un objectif volontaire adopté il y a près de dix ans (EurActiv 29/08/07).
Toutefois, ses plans ont rencontré de vives résistances de la part de l'industrie automobile et du commissaire à l'industrie, Günter Verheugen, selon lequel cet objectif n'est pas réaliste pour de nombreux modèles de véhicules, notamment dans la perspective d'améliorer les exigences de sécurité (EurActiv 22/01/07).
Selon sa porte-parole, le commissaire à l'environnement, Stavros Dimas, campe sur ses positions : "Il ne souhaite clairement pas revenir à un système d'engagement volontaire. Cela n'aurait aucun sens".
Le commissaire responsable de l'industrie et des entreprises, Günter Verheugen, estime que légiférer ne doit pas constituer une option immédiate. Selon son porte-parole, Ton van Lierop, "M. Verheugen considère qu'un règlement sur les véhicules et les émissions de CO2 est une option, mais que ce règlement ne pouvant être présenté cette semaine, il ne faut pas espérer qu'il le soit cette année".
Le soutien du président de la Commission, José Manuel Barroso, n'est toujours pas clair, celui-ci ayant fait de la lutte contre le changement climatique une de ses priorités, tout en restant désireux de préserver la compétitivité de l'Europe, notamment dans un domaine aussi essentiel que l'industrie automobile.
Son porte-parole a confié à Reuters qu'il souhaitait plus de temps pour dégager un compromis : "Le président Barroso cherche une approche cohérente et de qualité, par conséquent il faut plus de temps pour y parvenir".
La porte-parole de l'Association des constructeurs européens d'automobile (ACEA), Sigried de Vries, s'est fait le relais du soutien de l'ACEA en faveur d'une approche intégrée, plutôt que des seuils obligatoires. Soulignant que l'industrie automobile poursuivait son engagement à réduire les émissions de CO2, elle a ajouté : "Nous souhaitons le modèle le plus rentable, à la fois dans l'intérêt de l'environnement et de la compétitivité".
Cependant, les écologistes ont dénoncé ce report. Jos Dings, directeur de T&E (Transport et Environnement), a déclaré : "Ce report nous inquiète car [le président] Barroso vient de mettre sur la table la question même de savoir si la Commission doit légiférer ou pas. Je suis très inquiet de voir le président de Commission, qui a supervisé un paquet énergie visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% à l'horizon 2020, traîner des pieds à la première occasion sérieuse de le mettre en pratique. Jusqu'à quel point est-ce crédible?"