Alors que la Grande-Bretagne est la première à demander une réduction de plusieurs milliards d'euros du budget de l'Union européenne pour 2014-2020, le président français, François Hollande, a soutenu que la ligne ferroviaire entre le sud-est de la France et le nord-ouest de l'Italie était un élément essentiel de la compétitivité économique.
L'Italie est le deuxième plus grand marché des biens français et le troisième plus grand exportateur en France, mais le tunnel du Fréjus qui relie les deux pays en passant par les Alpes a été construit au XIXe siècle. Ce tunnel est trop incliné afin d'être efficace pour les cargaisons lourdes.
M. Hollande, qui préconise des dépenses dans des infrastructures pour contrer la récession, a reconnu que le projet ferroviaire, à l'examen depuis 11 ans, dépendait des fonds de l'UE. François Hollande et Mario Monti, le premier ministre italien, ont défendu ce projet pour des motifs économiques.
Lors d'une conférence de presse commune, M. Hollande a indiqué que la France et l'Italie avaient pris l'engagement ferme de poursuivre les projets européens, dont fait partie la liaison ferroviaire Lyon-Turin.
« Tout dépendra aussi du budget européen », a-t-il ajouté.
Le président socialiste est resté vague quant à la date butoir de l'achèvement de la ligne et son coût total, estimé à 25 milliards d'euros.
Il a affirmé que la Commission européenne avait accepté de financer 50 % de la phase de planification initiale, mais que la France et l'Italie cherchaient des fonds européens à hauteur de 40 % du coût de construction. La seule construction du tunnel devrait coûter 8,5 milliards d'euros, a-t-il ajouté.
La Cour des comptes française a fait part de ses craintes en juillet. Selon elle, le projet minerait les efforts nationaux qui visent à respecter les règles européennes de déficit budgétaire. Elle a estimé l'investissement à 11 milliards d'euros rien que pour la France.
Le mois dernier, le sommet européen n'est pas parvenu à convenir d'un nouveau budget septennal en raison des demandes de réduction du projet de dépenses de mille milliards d'euros.
Des défenseurs de l'environnement et des résidents ont manifesté violemment contre la ligne ferroviaire, qui permettrait de relier Paris et Milan en 4 heures au lieu de 7.
François Hollande a indiqué que la ligne réduirait les émissions de dioxyde de carbone en basculant le transport de marchandises de la route vers le rail.





