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La modernisation du trafic aérien est cruciale pour Siim Kallas

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Publié 28 novembre 2011, mis à jour 29 novembre 2011

Aujourd'hui (25 novembre), la Commission européenne a expliqué que la plupart des pays de l'UE n'améliorait, ni ne modernisait, leur gestion du trafic aérien régional, ce qui contribue à l'accumulation des retards accusés de l'augmentation des coûts et de la pollution.

La quasi-totalité des Etats de l'UE ne respectent pas les engagements pris dans le cadre de l'initiative « Ciel unique européen » visant à intensifier les contrôles aériens transfrontaliers d'ici 2012.

L'amélioration de l'efficacité du transport aérien est considérée comme un élément clé d'un point de vue environnemental et financier, et agit également sur la croissance de la demande : le nombre de passagers aériens augmente de 5 % par an à travers l'Europe, et devrait atteindre 17 millions par an d'ici 2030.

Le vice-président de la Commission et commissaire aux transports, Siim Kallas, a qualifié 2012 d' « année de changement ou de rupture » suite à la publication d'un rapport de la Commission sur l'initiative du ciel unique.

« Il existe un vrai risque que nous soyons à la traîne et que nous ne soyons pas en mesure de satisfaire la demande grandissante en matière de trafic aérien, qui devrait presque doubler d'ici 2030 », a expliqué M. Kallas.

L'initiative « Ciel unique européen », élaborée en 1999 et révisée depuis, a pour objectif d'instaurer une coopération transfrontalière par le biais de blocs d'espaces aériens fonctionnels (FAB) conçus pour favoriser la collaboration des Etats en matière de contrôle de la circulation aérienne. Elle permettrait d'améliorer le système actuel dans lequel les avions ont affaire à différents contrôleurs au sol quand ils entrent dans l'espace aérien d'un autre pays, ce qui implique des coûts et une certaine confusion.

Les meneurs et les retardataires

Il existe neuf FAB européens. Toutefois, selon l'exécutif européen, la plupart de ces blocs ne fonctionnent pas. Le Danemark et la Suède, qui forment l'un de ces blocs, sont les plus à même d'atteindre les objectifs de 2012. Cinq autres pays de l'UE (l'Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas), en plus de la Suisse et des pays qui forment la zone de contrôle centrale et occidentale, freinent les progrès du reste de l'Europe.

« Ces blocs sont essentiels, car ils génèrent des avantages réels pour les usagers et les passagers, en permettant de réduire les coûts et d'augmenter les capacités », affirme l'exécutif européen dans son rapport.

De manière générale, la Commission assure que seuls la Belgique, le Danemark, la Lituanie, le Luxembourg et les Pays-Bas sont en passe d'atteindre les objectifs de l'UE en termes de modernisation et d'amélioration de la gestion du trafic et de diminution des retards.

Certaines initiatives remontent aux années 1990, lorsque l'UE cherchait à améliorer la coopération continentale. Les efforts plus récents visant à organiser la gestion de la circulation aérienne sans tenir compte des frontières devraient permettre d'améliorer la sécurité, la durabilité, la capacité, le rapport coût-efficacité et la ponctualité des vols.

La pression pour instaurer ces mesures s'est intensifiée avec l'éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull au printemps 2010, qui a entraîné plusieurs jours de chaos et des pertes colossales pour les lignes aériennes. Cet évènement a également révélé au grand jour les incohérences du contrôle aérien en Europe.

À qui la faute ?

Certaines organisations défendant les intérêts des transporteurs aériens ont accusé l'UE d'injecter des sommes disproportionnées dans le transport ferroviaire, qui ne représente pourtant que 12 % des services de transport de passagers en Europe, alors que les compagnies aériennes prennent en charge quelque 1,4 milliard de passagers par an, et 26 000 vols par jour.

L'Association européenne des compagnies d'aviation des régions d'Europe (ERA) a récemment publié un rapport remettant en cause les avantages de ces investissements dans les trains à grande vitesse, affirmant que le réseau ferroviaire européen était injustement favorisé par rapport aux compagnies aériennes, dans la mesure où la plupart des coûts d'infrastructures sont financés par des fonds publics.

« Il existe un parti pris éhonté en faveur des chemins de fer », a déclaré à EurActiv Simon McNamara, le directeur général adjoint de l'ERA. « La balance penche trop de leur côté et nous pensons que cette situation doit être corrigée. Nous espérons que cette étude permettra d'amorcer le processus. »

Dans un rapport publié hier, la Commission a constaté :

·        le « niveau faible » de contrôle des prestataires de services dans le domaine de la circulation aérienne ;

·        Le « manque considérable d'interopérabilité entre les systèmes de navigation aérienne » des pays et les  « obstacles à la mobilité » des contrôleurs aériens ;

·        La fragmentation persistante en matière d'équipement et de technologie.

Réactions : 

À propos des recommandations de la Commission européenne sur les résultats de l'initiative sur le ciel unique européen, le vice-président et directeur des affaires européennes d'Airbus, Geoff Shuman, a déclaré :  

« Toutes les parties prenantes (l'UE, les gouvernements nationaux et le secteur aérien) doivent travailler de concert pour atteindre les objectifs ambitieux de l'UE en matière de réduction des émissions. À présent, l'UE dispose de deux moyens de réduire les émissions liées à l'aviation. Premièrement, il faut améliorer l'efficacité du contrôle de la circulation aérienne en Europe, puis moderniser nos systèmes obsolètes grâce à la technologie de pointe. Cette initiative pourrait à elle seule entraîner une réduction de 10 % des émissions de CO2 liées à l'aviation. Deuxièmement, l'UE doit continuer à investir dans l'innovation pour l'industrie aérospatiale dans le contexte du programme cadre pour la recherche. »

Ulrich Schulte-Strathaus, le secrétaire général de l'Association des compagnies aériennes européennes, a déclaré dans un communiqué : « Les compagnies aériennes ont besoin de mesures urgentes. Les Etats membres doivent arrêter de tergiverser et prendre des initiatives en faveur d'un réel ciel unique européen. »

John Hanlon, le secrétaire général de la European Low Fares Airline Association, a déclaré : « le climat économique actuel devrait être un encouragement supplémentaire, mais les Etats membres l'utilisent à présent comme une excuse pour freiner ce projet... Ils doivent revenir à la case départ et travailler avec la Commission pour réviser leurs plans de rendement. »

Selon Sylviane Lust, la directrice générale de l'Association internationale des charters aériens, « les Etats membres ont pendant bien trop longtemps injustement bénéficié du mécanisme de recouvrement intégral des coûts qui a réduit les incitations à l'efficacité. En conséquence, les compagnies aériennes et les consommateurs ont dû payer pour le manque d'efficacité du système. Il est temps pour les Etats membres de prouver leur engagement réel en faveur d'une réforme. »

Mike Ambrose, le directeur général de l'Association européenne des compagnies d'aviation des régions d'Europe, a quant à lui déclaré : « Il est important que le public sache qu'il n'y a aucun obstacle technique insurmontable à l'application anticipée de l'initiative pour un ciel unique européen. Seul le manque de volonté politique freine ce processus. »

EurActiv.com - Article traduit de l'anglais
Contexte : 

Afin d'améliorer l'efficacité du trafic aérien, la Commission européenne a fixé plusieurs objectifs à atteindre avant la fin de l'année 2012. Ces objectifs comprennent la mise en place de neuf blocs de contrôle aérien et une meilleure coordination par le biais d'Eurocontrol, une organisation responsable de la sécurité aérienne qui représente l'UE ainsi qu'un certain nombre d'autres pays.

L'UE souhaite également que les Etats normalisent les échanges de données de vol et de communications pour améliorer la productivité, mais également fournir une réponse plus rapide en cas d'urgence ou de conditions climatiques difficiles.

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