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Lancement de la Journée européenne de la sécurité routière [FR]

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Publié 27 avril 2007
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road safety

Au cours d'une journée normale, 117 personnes meurent sur les routes d'Europe. La toute première journée européenne de la sécurité routière du 27 avril 2007 vise à contribuer à une réduction de ce chiffre d'au moins 40% à l'horizon 2010.

Le 27 avril 2007, la sécurité routière sur les routes d'Europe sera la priorité de l'agenda de la Commission, qui organise la toute première Journée européenne de la sécurité routière, coordonnée à la Semaine internationale de la sécurité routière des Nations Unies.

La cible principale sera les jeunes conducteurs - principales victimes des accidents de la route - afin de leur faire prendre conscience des dangers liés à la conduite. 

  • Eventails de nouvelles mesures

Cette Journée fait partie des mesures étudiées par la Commission, visant à atteindre ses objectifs de 2010, notamment l'équipement des poids lourds en rétroviseurs-angle mort, l'amélioration des infrastructures (EurActiv 06/10/06), l'introduction d'un permis de conduire unique () et la promotion de l'application des sanctions transfrontalières dans l'espoir de limiter les infractions liées à la vitesse et à la boisson.

  • Abandon de la mesure sur l'allumage continu des feux de jour

Le 26 avril 2007, Jean-Paul Repussard, de l'unité sécurité routière de la Commission, a annoncé à l'occasion d'une conférence sur le sujet, organisée par Toyota, que la proposition de la Commission de rendre obligatoire pour tous les véhicules motorisés l'allumage continu des feux de jour avait été gelée.

Il a expliqué que certains Etats membres, ainsi que la grande majorité des fédérations industrielles et d'associations d'usagers de la route, y étaient opposés, estimant que cette mesure réduirait la visibilité des motocyclistes, que les phares pouvaient être aveuglants pour les conducteurs, augmentant par ailleurs la consommation de carburant et les émissions de CO2. 

  • Absence de règles communes pour la conduite en état d'ébriété

Après la vitesse, l'ivresse au volant est l'autre facteur mortel sur les routes européennes. Toutefois, les résultats d'une étude menée par le Conseil européen de la sécurité routière (ETSC) ont montré que seul un tiers des Etats membres était parvenu à réduire de manière significative le nombre de décès causés par des conducteurs ivres. La commission Transports du Parlement européen a proposé un plafond européen pour limiter le taux d'alcool dans le sang, mais la proposition ne semble guère réaliste sachant que la politique liée à l'alcool est entre les mains des Etats membres (EurActiv 19/01/07).

Réactions : 

Jörg Beckmann, directeur exécutif du Conseil européen pour la sécurité des transports (ETSC) a salué l'initiative de l'UE mais a précisé que la suite comptait davantage que la Journée même. Il a confié à EurActiv : "Chaque acteur concerné doit faire son possible dans son propre domaine et cesser de blâmer l'autre du manque de progrès".

Il a ajouté qu'il était dommage que la Commission n'ait pas choisi de marquer cette Journée par l'adoption d'une règlementation "clé", comme la directive sur l'allumage des feux de jour désormais à l'abandon alors qu'elle pourrait sauver 2 000 vies par an.

Le président d'EuroRAP, Programme européen d'évaluation des routes, John Dawson, s'est plaint du fait que l'on compte encore "par centaines les portions de route sur lesquelles les accidents graves et mortels sont quotidiens - et peuvent être évités en changeant le tracé et la signalisation des routes". Il s'est confié à EurActiv : "Rendre les routes plus sûres, par des améliorations simples et peu coûteuses au niveau des infrastructures routières, comme un marquage au sol plus clair ou l'installation de barrières latérales de sécurité, est l'un des meilleurs rendements en termes de vies sauvées et d'économies réalisées en Europe".

Steffen Rasmussen, responsable de la sécurité routière à Eurocities, a indiqué qu'alors que les gouvernements pressent les citoyens de marcher davantage ou de recourir au vélo pour atténuer les encombrements et la pollution, beaucoup n'offrent pas encore les conditions de sécurité nécessaires aux piétons et aux cyclistes, lesquels représentent une part toujours croissante des victimes (blessées ou tuées) des accidents de la route. Selon lui, l'UE devrait encourager le développement de plans de sécurité routière dans toutes les villes européennes, au niveau de l'administration publique - via une directive - et au niveau des entreprises - via des schémas de financement.

L’Association des constructeurs européens de motocycles (ACEM) et la Fédération européenne des associations motocyclistes (FEMA)  ont déclaré qu’un changement de perception des motocyclistes était nécessaire. Virginie Peters de la FEMA a indiqué : "Bien trop souvent, on oublie que les motocyclistes sont des utilisateurs vulnérables. Bien trop souvent, ils sont considérés comme un danger ou des preneurs de grands risques. Cependant, les accidents sont plus souvent causés par les voitures qui ne les ont pas vu". Un membre de l’ACEM a également déclaré que les motocyclistes n’étaient presque jamais pris en considération lors de la construction des infrastructures. 

Jean-Paul Repussard de l’unité "sécurité routière" de la Commission a déclaré que le futur Livre vert de la Commission sur les transports urbains (prévu pour l’automne 2007) couvrirait également la sécurité routière dans les villes, avec une attention particulière accordée aux deux-roues, "qui peuvent également être une solution à l’encombrement dont on a grand besoin".

Concernant l’allumage des feux de jour, il a commenté : "Essayez de faire passer une proposition qui augmenterait les émissions de CO2 !", faisant allusion à l’objectif européen actuel de limiter la contribution des véhicules au changement climatique (lire notre Linksdossier sur les Automobiles et le CO2).

L’Union internationale des transports routiers (IRU) a souligné le fait que l’erreur humaine était responsable de 85,2% des accidents impliquant des poids lourds en Europe et qu’une meilleure formation des conducteurs serait essentielle pour améliorer la sécurité routière. Selon, le président du comité de liaison sur le transports des biens de l’IRU, Bertil Dahlin, il faut en particulier que les gouvernements placent au rang des priorités la révision des programmes des écoles de conduite afin de mieux former les nouveaux usagers de la route, responsables des trois quarts de ces accidents, à comprendre les manœuvres des camions. Il critique également le fait que l’aspect économique soit rarement pris en compte dans les mesures juridiques imposées sur les camions. 

Le secrétaire général de la Fédération européenne des cyclistes, Dr Bernhard Ensink, a remarqué qu’alors que des efforts avaient été déployés afin d’améliorer la sécurité des passagers en voiture, peu de mesures avaient été mises en place pour améliorer la sécurité des piétons et ses cyclistes en cas de collision avec une voiture. Il a vivement encouragé les constructeurs automobiles à commencer à développer des airbags externes, en particulier sur les grosses voitures, telles que les VLT (véhicules loisir travail), qui sont considérablement plus dangereuses que les autres usagers de la route. 

Le vice-président exécutif du groupe R&D de Toyota Motor Europe, Kazuhiko Miyadera, a déclaré : "Quelque soit le rythme des progrès de la technologie relative à la sécurité des véhicules, la notion de la sécurité chez les personnes et la densité de la circulation resteront toujours des facteurs-clés dans l’augmentation de la sécurité routière". Ila donc soutenu une approche intégrée, "de l’infrastructure des parkings aux opérations de sauvetage à la suite d’accidents". 

Néanmoins, il estime que la création de véhicules sûrs, en travaillant sur l’armature des voitures et surtout en intégrant des technologies intelligentes d’assistance au conducteur qui peuvent contribuer à éviter les collisions, offre de sérieux avantages, à la fois en termes de sécurité et d’environnement : "En créant une société où les collisions n’existent pas, une "société 'zéro accident'", nous pouvons réduire le poids des voitures et réduire les niveaux des émissions de CO2".

Prochaines étapes : 
  • 6 juin 2007 : Le Conseil devrait trouver un accord politique sur la proposition de la Commission, visant à rendre les routes plus sûres par la gestion des infrastructures et l'équipement des poids lourds en rétroviseurs-angle mort.
  • Septembre 2007 : La Commission devrait présenter un Livre vert sur les transports urbains, qui couvrira aussi la sécurité routières dans les villes
Contexte : 

Environ 43 000 personnes sont tuées chaque année sur les routes d'Europe.

Malgré une chute de 18% en cinq ans, l'UE est toujours loin de son objectif, établi en 2001, visant à faire passer le nombre de victimes de la route à 25 000 par an d'ici 2010.

En 2003, l'UE a adopté son 3ème plan d'action sur la sécurité routière, visant à encourager les usagers de la route à améliorer leur comportement au volant, à rendre les véhicules plus sûrs et à renforcer la qualité des infrastructures routières.

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