L'Association européenne des compagnies d'aviation des régions d'Europe (ERA) a publié un rapport remettant en cause les avantages en termes de coût des trains à grande vitesse et soutenant que les chemins de fer ne sont pas aussi écologiques que le prétendent les décideurs politiques.
L'association a également affirmé que les chemins de fer bénéficiaient d'avantages injustes par rapport aux compagnies aériennes, dans la mesure où une grande partie de leurs coûts d'infrastructures sont financés par la sphère publique, bien que les compagnies aériennes bénéficient également de réductions fiscales et de soutiens publics pour les aéroports.
« Il existe un parti pris éhonté en faveur des chemins de fer », a déclaré Simon McNamara, directeur général adjoint de l'ERA, lors d'une conférence de presse par téléphone. « La balance penche trop de leur côté et nous pensons que cette situation doit être corrigée. Nous espérons que cette étude permettra d'amorcer le processus. »
Le Parlement soutient la libéralisation du secteur ferroviaire
Ce rapport a été rendu public le lendemain du vote du Parlement européen sur la libéralisation des réseaux de transport ferroviaire de fret et de passagers, notamment pour le trafic transfrontalier, citant les faibles parts du marché de 7 % pour le fret et de 12 % pour les services aux passagers.
Cette législation n'inclut toutefois pas les propositions de la Commission européenne pour une séparation des transports et des gestionnaires d'infrastructure qui, selon ses partisans, encouragerait la concurrence et les services transfrontaliers.
« Alors que les camions et les avions ne rencontrent pas de problèmes pour traverser les frontières, les services ferroviaires transfrontaliers doivent faire face à des obstacles techniques, juridiques et politiques », a déclaré l'eurodéputée italienne Debora Serracchiani (Socialistes & Démocrates) dans un communiqué. « Avec la réalisation d'un marché unique, les citoyens auront la possibilité de se rendre partout en Europe en train, avec des tarifs plus bas et un service comparable aux avions et aux voitures. »
Cette mesure a été approuvée avec 526 voix favorables, 80 contre et 36 abstentions. Bien que saluée par plusieurs organisations comme un pas en avant vers l'amélioration des services ferroviaires transeuropéens, certains groupes politiques au parlement ont affirmé qu'elle mènerait à la privatisation et à des abus.
Dix ans après la première série de réglementations de l'UE sur les chemins de fer visant à stimuler l'intégration des réseaux et la concurrence, la Commission souhaite mettre en oeuvre de nouvelles mesures pour encourager davantage la concurrence et les investissements privés dans un secteur toujours sous forte influence publique.
L'exécutif européen compte également réformer au cours des prochains mois la procédure des appels d'offres pour les projets ferroviaires afin de garantir le caractère concurrentiel de cette procédure à travers l'UE et de renforcer les contrôles de sécurité exercés par l'Agence ferroviaire européenne.
M. McNamara de l'ERA a qualifié le vote du Parlement de « pas dans la bonne direction », mais a affirmé qu'il n'abordait pas la question des subventions publiques injustement réparties parmi les différents types de transport. Le rapport de l'ERA mentionne que dans le cadre du réseau transeuropéen de transport (RTE-T), mis en place il y a dix ans, plus de 318,7 milliards d'euros ont été dépensés pour le rail et les projets de trains à grande vitesse, contre 1,34 milliard pour les infrastructures aériennes, sur un total de 400 milliards d'euros.
« Ce que nous voulons, c'est un changement d'attitude de la part des décideurs politiques envers ces deux types de transport. Nous voulons des conditions de concurrence équitables et un traitement équivalent. »
Coopération et concurrence
M. McNamara a déclaré à EurActiv que ce rapport avait été présenté à la Commission européenne, mais que Siim Kallas, le commissaire au transport, n'avait pas encore donné de réponse.
Même s'il reconnaît que les 65 membres de l'ERA ont un intérêt particulier dans ce rapport sur la compétition air-rail, M. McNamara a affirmé que l'étude réalisée par l'association montrait des exemples de coopération fructueuse entre les compagnies aériennes et ferroviaires.
La coopération entre les trains de marchandises et de passagers en Allemagne et en France s'est révélée très fructueuses s'agissant d'améliorer les courts courriers et les transferts entre les aéroports et les gares. M. McNamara a affirmé que les compagnies aériennes et ferroviaires, ainsi que l'UE, devraient continuer sur cette voie.





