Les compagnies aériennes sont en train de réviser leurs avions et de mettre au placard les anciens appareils dans le but de faire des économies, mais selon les acteurs du secteur, la gestion des voies aériennes est une question cruciale pour la compétitivité à plus long terme.
« Il est essentiel de réformer le système de contrôle du trafic aérien », a déclaré hier (10 avril) Simon McNamara, le directeur général adjoint de l'Association européenne des compagnies d'aviation des régions d'Europe (ERA). « Malheureusement, ces changements prennent beaucoup de temps. »
M. McNamara, qui s'est exprimé sur les performances du secteur depuis le siège de l'ERA en Grande-Bretagne, a accusé les gouvernements nationaux de l'UE de retarder l'amélioration de la gestion du trafic aérien (ATM) en Europe.
En 2004, la Commission européenne a présenté un plan visant à mettre un terme à la fragmentation de la gestion des 26 000 vols quotidiens en Europe via l'initiative « ciel unique européen » qui implique un système de contrôle plus intégré et le partage des recherches et des technologies via le programme SESAR. Une nouvelle génération de technologies pour le contrôle du trafic est dans sa phase de développement et devrait être exploitable dès 2014.
L'initiative de l'UE vise également à améliorer la coordination du système avec celui des Etats-Unis, NextGen ATM, en vue de gérer les voies transatlantiques chargées.
Certains gouvernements nationaux au sein de l'UE craignent toutefois de perdre le contrôle de certaines opérations militaires aériennes ou que des emplois soient supprimés à mesure que l'Europe avance vers l'expansion des réseaux ATM régionaux.
Outre l'ERA, d'autres organisations du secteur affirment que la coordination régionale présente des avantages à long terme pour les transporteurs et l'environnement grâce à la réduction des retards et des distances de vols, ainsi qu'à l'amélioration de la sécurité.
Moderniser les systèmes au sol
La Civil Air Navigation Services Organisation (CANSO) et le constructeur aérien Boeing ont récemment rappelé leur souhait de voir s'accélérer l'intégration des contrôles aériens en Europe. Selon eux, les systèmes avancés de navigation des avions sont sous-exploités en raison de la vétusté des systèmes de contrôle au sol et du manque de coordination.
« Les capacités des hautes technologies disponibles aujourd'hui dans les appareils aériens sont sous-exploitées en raison du système ATM actuel qui est limité et désuet. Cette situation porte atteinte à la rentabilité du secteur de l'aviation », a déclaré Neil Planzer, vice-président en charge de l'ATM pour Boeing Flight Services, dans un communiqué annonçant un nouveau rapport sur la gestion des vols rédigé par l'organisation CANSO basée aux Pays-Bas.
« Nous nous engageons à soutenir les efforts de modernisation à long terme tels que SESAR et NextGen sans perdre de vue les améliorations que nous pouvons obtenir dès aujourd'hui. »
Frappées par les pertes qui ont résulté de l'éruption du volcan islandais en 2010 et par les déboires économiques de nombreux pays de l'UE, le secteur aérien s'apprête à vivre une nouvelle année difficile.
Le mois dernier, l'Association internationale du transport aérien (AITA) a revu à la baisse les prévisions du secteur pour 2012, notamment en raison de la hausse des prix du pétrole. L'AITA prévoit un bénéfice mondial de 3 milliards de dollars (2,3 milliards d'euros) en 2012, mais elle estime que les transporteurs européens enregistreront une perte nette de 600 millions de dollars (458 millions d'euros).
Le secteur prévoit également que le prix moyen du pétrole passera à 115 dollars (88 euros) par baril, contre 99 dollars (77 euros) aujourd'hui.
Plus léger et plus vert
Les transporteurs ont pris des mesures pour réduire leurs coûts ce qui, selon eux, a également un impact sur leur empreinte environnementale qui est revue à la baisse. Par exemple, les compagnies aériennes allègent le poids des appareils en les équipant de sièges moins imposants qui sont 30 % moins lourds, permettent de gagner de l'espace et donc d'ajouter des places supplémentaires.
La compagnie allemande Lufthansa, qui possède Austrian Airlines, SWISS et Germanwings, a déjà reconfiguré ses appareils avec des sièges plus étroits.
Le design a changé dans les nouveaux appareils plus modernes qui sont à présent composés de matériaux composites plus légers dans le but de réduire leur consommation de carburant. D'après M. McNamara de l'ERA, les transporteurs régionaux passent également à des appareils turbopropulseurs pour les itinéraires moins fréquentés et ils investissent dans de nouvelles flottes pour réduire leur consommation de carburant.
Malgré le marasme économique en Europe et aux Etats-Unis, le trafic aérien mondial a crû de 6,9 % en février par rapport à l'année dernière, révèlent les chiffres de l'AITA. Le trafic en Europe a augmenté de 7,6 %, dépassant la croissance de sa capacité à 5 %.





