Selon les chiffres publiés par le secteur, les ventes de motocyclettes et de véhicules légers du même acabit ont chuté ces cinq dernières années, de 2,7 millions en 2007 à 1,7 million l'an passé. Ces résultats ne jouent pas en faveur du développement d'une nouvelle génération de transports hybrides et électriques.
« La crise a fortement affecté le marché européen », a expliqué Hendrik von Keunheim, le président d'ACEM, l'organisation qui représente l'industrie des motocyclettes en Europe. « De nombreux fournisseurs européens peinent à sortir la tête de l'eau. »
Le Livre blanc sur les transports publié par la Commission européenne en 2011, ainsi que la feuille de route pour une économie faible en carbone promeuvent le développement de moyens de transport électriques, entre autres, afin de réduire progressivement la consommation de combustibles fossiles. Le Livre blanc appelle à une réduction de 60 % des émissions de gaz à effet de serre générées par les transports d'ici 2050.
La promotion des véhicules électriques, hybrides et à piles à combustible qui génèrent beaucoup moins d'émissions que les moteurs à combustion traditionnels fait partie intégrante du processus d'abandon de l'essence. L'exécutif européen affirme que le pétrole répond encore à 96 % des besoins des transports.
Néanmoins, les coûts initiaux élevés liés aux transports verts et aux infrastructures nécessaires (stations de recharge et d'approvisionnement, par exemple) ralentissent le processus et poussent les fabricants à demander des incitatifs nationaux et européens.
« Le consommateur doit changer d'attitude et il doit y être encouragé », a déclaré Tim Meisner, responsable de la stratégie d'ingénierie chez Yamaha Motor Europe, lors d'une exposition à Bruxelles.
Tout en présentant au public un scooter électrique Yamaha Eco-3, M. Meisner a déclaré que des subventions publiques comme celles allouées aux voitures électriques pourraient être très bénéfiques.
Argent public
Mais il n'est absolument pas certain que le secteur puisse bénéficier de subventions. « Les stimulants fiscaux ne sont pas acquis, dans le contexte économique actuel », a déclaré Paul Verhoef, responsable de la recherche à la DG Mobilité et transport de la Commission européenne, lors d'une conférence organisée par l'ACEM.
Yamaha, tout comme Honda, Piaggo, Peugeot et d'autres marques, souligne le potentiel environnemental des motocyclettes électriques et hybrides, ainsi que des scooters, bien qu'ils en soient encore à leurs premiers pas sur le marché.
M. Keunheim a affirmé que les ventes de motocyclettes électriques à deux ou trois roues avaient atteint le chiffre de 15 000 en 2011, moins de 1 % des ventes totales.
Ce sont les livraisons urbaines et les navettes qui présentent le plus grand potentiel de vente.
Les véhicules qui ont recours aux technologies non traditionnelles ont encore du chemin à parcourir avant de rattraper les grosses cylindrées du film « Easy Rider » sorti en salles en 1969. Actuellement, les batteries ont une capacité insuffisante pour être utilisées dans des grosses motos, affirment les représentants du secteur. Les fabricants y travaillent et sont en train de développer des modèles hybrides et au méthanol pouvant atteindre les mêmes vitesses.
Dans le même temps, l'industrie argue que ses véhicules dotés d'un moteur à combustion restent des alternatives plus vertes en comparaison aux voitures. Ils citent notamment leur faible consommation de carburant, leur impact réduit sur les routes, leur utilité dans les villes surpeuplées et leurs besoins limités en termes de stationnement.





