Selon une étude publiée le 18 décembre 2006 par l'IPPR, l'inclusion des compagnies aériennes dans le système européen d'échange de quotas d'émissions (ETS) pourrait bien leur permettre d'empocher quelques 4 milliards d'euros de bénéfices exceptionnels.
La Commission européenne devrait dévoiler mercredi 20 décembre ses plans destinés à inclure tous les vols en provenance et à destination des aéroports européens dans le système ETS.
Elle devrait accorder des crédits d'émissions à coût zéro aux compagnies aériennes, comme elle l'a déjà fait pour le secteur de la production d'énergie et les autres industries à forte intensité énergétique actuellement concernées par l'ETS.
Selon l'IPPR, les compagnies aériennes pourraient ainsi bénéficier d'un "vol bon marché". "Si les compagnies aériennes reçoivent gratuitement les crédits, elles répercuteront les coûts sur les passagers, permettant au secteur d'empocher 4 milliards d'euros de bénéfices exceptionnels".
"L'IPPR considère que l'UE devrait exiger des Etats membres qu'ils vendent ces crédits aux enchères".
Selon Simon Retallack, responsable de l'équipe Climat à l'IPPR et co-auteur de cette étude, "l'UE ne doit pas reproduire l'erreur qu'elle a faite avec le secteur de l'énergie en accordant au secteur aérien des crédits d'émissions gratuits," ajoutant : "Le secteur britannique de l'énergie, grâce aux crédits d'émissions gratuits, a gagné environ 1 milliard de livres sterlings à titre de bénéfices exceptionnels dans la première année de son inclusion au système ETS".
Dans une autre étude publiée le même jour, le WWF a avancé que les compagnies aériennes dans l'UE gagneraient jusqu'à 3,5 milliards d'euros par an avec leur inclusion au système ETS.
Ces mesures rendent cependant nerveuses les compagnies aériennes, qui craignent que leurs relations commerciales avec d'autres pays ne se détériorent, notamment avec les Etats-Unis.
Le président de British Airways, Martin Broughton, a appelé les commissaires à renoncer au projet actuel d'appliquer le système à tous les vols en provenance et à destination de l'UE. Il a demandé à la place une "approche simplifiée qui limiterait l'ETS aux vols intérieurs à l'UE".
Il a également estimé que le paquet proposé par la Commission était "trop ambitieux et porteur de son propre échec".
Les autorités américaines ont déjà déclaré vouloir exclure leurs compagnies nationales de ce système, brandissant le spectre d'une nouvelle bataille commerciale transatlantique.





