Le 18 juin 2007, les ministres européens de l'environnement ont soutenu à l'unanimité un projet de la Commission contraignant les fabricants automobiles à réduire fortement les émissions provenant des véhicules, mais se sont pas parvenus à un accord sur la manière dont la charge de ces réductions devrait être répartie entre les fabricants de petits et de grands modèles.
La question divise l'industrie automobile européenne, avec d'un côté les constructeurs français et italiens, qui produisent généralement des modèles plus petits et économes en carburant, et de l'autre les constructeurs de véhicules de grande taille et de haute performance, notamment les entreprises allemandes et britanniques telles que Mercedes, Audi, Porsche, BMW, Jaguar et Land Rover.
Alors que les constructeurs italiens et français sont déjà en bonne voie pour remplir l'objectif de 140g/km en 2008 et souhaitent que des normes strictes soient appliquées à tous les fabricants au niveau du parc automobile, les sociétés britanniques et allemandes estiment qu'il est impossible de soumettre les constructeurs de voitures de grande taille aux mêmes normes que les fabricants de voitures légères.
Les émissions de carbone des voitures nouvellement enregistrées en Allemagne avoisinaient encore les 172,5 g/km en 2006. Les constructeurs automobiles soulignent cependant que leurs voitures ne font que répondre à la demande des consommateurs exigeant des voitures plus sûres et plus puissantes et qu'il serait injuste de les pénaliser pour cela.
Le ministre allemand de l'environnement, Sigmar Gabriel, dont le pays est actuellement à la présidence de l'UE jusqu'à la fin juin 2007, a indiqué qu'étant donné que les ministres ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur des suggestions pour résoudre ce dilemme, ils laisseront la Commission s'en charger. Les propositions de la Commission devraient être présentées fin 2007 ou début 2008.
Pendant ce temps au Parlement, le rapporteur Chris Davies vient de soumettre un rapport en faveur d'un "partage de la tâche entre les fabricants", en fixant des objectifs différents pour les modèles en fonction de leur taille et du coût de la réduction des émissions, de manière à prendre en considération "la grande variété des préférences des consommateurs concernant les voitures ainsi que la composition différente du parc automobile des fabricants".
En revanche, le député européen a proposé d'interdire tous les véhicules dont la vitesse dépasse les 162 km/h, soit 25% au dessus de la limite habituelle autorisée dans les Etats de l'UE. Cette mesure signifierait la fin des voitures de sports comme les Porsche, les Ferrari et les Lamborghini (EurActiv 26/06/07).



