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Nouveaux droits pour les usagers des transports ferroviaires [FR]

Publié 26 septembre 2007
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Les négociations difficiles concernant l'ouverture du transport ferroviaire européen à la concurrence et la création d'un minimum de droits pour les usagers touchent à leur fin. Les députés européens ont en effet confirmé un compromis concernant un accord conclu en juin avec le Conseil, permettant aux passagers de recevoir une indemnité pour les retards des trains sur le réseau international.

Le 25 septembre, les députés européens ont approuvé un accord de conciliation conclu avec le Conseil en juin, visant à libéraliser davantage les services de transports ferroviaires européens. Les principaux éléments de cet accord sont : 

  • Les services ferroviaires de passagers internationaux seront ouverts à la concurrence dès le 1er janvier 2010. A la demande du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de l’Italie, la Commission aura ensuite deux ans pour réévaluer la situation afin de déterminer si la libéralisation des services nationaux doit être envisagée. La France, la Belgique et le Luxembourg ont formé une opposition pour permettre aux Etats membres de continuer à gérer ces services sur leur territoire.  
  • Dès 2009, date à laquelle la directive entrera en vigueur, tous les voyageurs ferroviaires, nationaux ou internationaux, jouiront d’une série de droits de base, notamment la responsabilité des entreprises envers les voyageurs et leurs bagages et le droit d’embarquer un vélo. Les entreprises ferroviaires devront également s’assurer que les personnes à mobilité réduite peuvent utiliser leurs services, même dans les gares automatiques.
  • L’extension des droits, notamment l’indemnisation obligatoire des voyageurs (s’élevant à 25 % du prix du billet pour un retard d’une heure, 50 % pour des retards de deux heures ou plus), sera dans un premier temps limitée aux services transfrontaliers. Néanmoins, les Etats membres pourront exclure certains services de ces dispositions pour une période pouvant aller jusqu’à 15 ans et les services urbains et régionaux pourraient ne jamais être concernés par ces mesures.
  • Tous les conducteurs de train devront être en possession d’un certificat attestant qu’ils remplissent les conditions minimales en matière de santé, d’éducation de base et de compétences professionnelles générales. L’objectif est d’améliorer la sécurité des réseaux ferroviaires en Europe tout en facilitant la mobilité professionnelle et les services transfrontaliers. Les autres membres du personnel de bord ne seront pas soumis à ce système de licences, mais les députés européens ont obtenu de la Commission qu’elle examine cette mesure plus en détail dans l’année suivant la mise en œuvre de la directive et, le cas échéant, qu’elle présente une nouvelle proposition pour inclure d’autres membres du personnel de bord assurant des tâches de sécurité.
Réactions : 

Johannes Ludewig, directeur exécutif de la Communauté européenne du rail (CER), a salué le traitement séparé des marchés nationaux comme un signe montrant que les institutions européennes tiennent compte de la situation particulière des entreprises ferroviaires en Europe centrale et orientale, non préparées à la concurrence dans le domaine des services publics.

Pour la CER, le régime de certification des conducteurs facilitera sensiblement les services transfrontaliers, ajoutant que l’examen séparé de la question de la certification des autres membres du personnel garantira qu’aucune mesure superflue ne sera mise en place.

En ce qui concerne les droits des passagers, la CER précise que le compromis final réussit à réconcilier l’objectif consistant à formaliser les droits des voyageurs de l’UE avec la réalité des conditions extrêmement hétérogènes des entreprises ferroviaires dans les différents Etats membres.

Pour sa part, l’EIM (European Rail Infrastructure Managers) regrette le retard pris dans la libéralisation des marchés de voyageurs nationaux. Ainsi, pour Michael Robson, secrétaire général de l’EIM, tout le monde sait que l’absence de libéralisation du marché et de concurrence est contre-productive. L’EIM aurait préféré un calendrier d’ouverture du marché des voyageurs nationaux. 

Il estime en outre que la clause demandant à la Commission de présenter dans l’année une proposition sur la certification du personnel de bord assurant des tâches de sécurité pourrait avoir d’importantes implications en termes de coûts, en raison de l’augmentation des coûts de certification et de vérification. L’EIM s’est montrée sceptique concernant la signification exacte de l’expression « personnel de bord assurant des tâches de sécurité » ainsi que le nombre de personnes impliquées par la certification. Pour Robson, ajouter des coûts inutiles au secteur n’aura pas l’effet souhaité consistant à accroître l’utilisation du transport ferroviaire, comme le prévoit le troisième paquet ferroviaire.

Michael Robson conclut que la libéralisation du marché est primordiale pour augmenter les parts de marché du secteur ferroviaire, réduire les embouteillages sur les routes et influencer ainsi positivement le changement climatique. L’EIM attend donc avec impatience les autres initiatives de la CE dans le domaine du fret ferroviaire.

Georg Jarzembowski, rapporteur du PPE-DE, estime que l’ouverture du trafic transfrontalier donnera davantage de choix aux consommateurs.

Il appelle les gouvernements nationaux à introduire un régime d’indemnisation des passagers dès que possible, également pour les trains nationaux, déclarant qu’ainsi les trains seraient beaucoup plus souvent à l’heure et deviendraient un moyen de transport nettement plus utilisé.

Il ajoute que l’introduction de normes de formation communes pour les conducteurs de train implique également la possibilité d’éviter le fameux changement de conducteur à la frontière. Cette initiative permettra un gain de temps et le train deviendra une alternative plus pratique. 

Le rapporteur parlementaire Dirk Sterckx (ALDE, BE) a déclaré que la difficulté de convaincre l’ensemble des Etats membres de la nécessité de faire bénéficier tous les passagers d’une série de droits de base prouve le peu d’intérêt actuel des autorités ferroviaires pour leurs consommateurs. Selon lui, la conclusion de cet accord rend service à l’ensemble des voyageurs de l’Union. Il a également rappelé que dans sa proposition d’origine, la Commission européenne voulait uniquement garantir les droits des voyageurs internationaux et que dorénavant, l’ensemble des voyageurs pourra jouir des droits de base.

Le rapporteur parlementaire Gilles Savary (PSE, FR) a applaudi l’adoption de la directive sur la certification des conducteurs qui, selon lui, renforcera la dimension humaine de la sécurité ferroviaire en harmonisant les normes professionnelles. Il a néanmoins critiqué le Conseil pour avoir limité l’application des droits des passagers à un petit nombre d’opérateurs ferroviaires et pour avoir autorisé les Etats membres à reporter l’octroi de ces droits jusqu’à la date tardive de 2024.

Mais selon le groupe GUE/NGL, une fois encore, l’idéologie de la libéralisation à outrance prévaut sur d’autres considérations. Le groupe affirme que la décision de libéraliser les réseaux ferroviaires a été prise sans étude préalable approfondie et qu’elle nuirait aux transports ferroviaires publics et poserait de sérieux problèmes en termes d’emploi, de sécurité et de qualité des services.

Prochaines étapes : 
  • 25 sept. 2007 : le Parlement approuve l’accord de conciliation
  • 1er oct. 2007 : les ministres des Transports devraient approuver l’accord au Conseil 
Contexte : 

En mars 2004, la Commission a proposé pour la première fois son troisième paquet ferroviaire, destiné à « revitaliser » les transports ferroviaires européens. A l’origine, cette initiative comprenait quatre propositions législatives, mais un projet de règlementation visant à établir un régime d’indemnisation pour les retards dans les services de fret avait été rejeté par le Parlement européen. Les trois autres propositions sont : 

  • une proposition de directive libéralisant le marché du trafic international de voyageurs à partir de 2010 (rapporteur du Parlement européen : Georg JARZEMBOWSKI, PPE-DE, Allemagne) ;
  • une proposition de directive relative à la certification du personnel de bord assurant la conduite de locomotives et de trains (rapporteur du Parlement européen : Gilles SAVARY, PSE, France), et ; 
  • une proposition de réglementation sur les droits des voyageurs internationaux (rapporteur du Parlement européen : Dirk STERCKX, ALDE, Belgique)

Après de nombreux désaccords concernant les détails de ces propositions pendant plus de trois ans, les députés européens et les Etats membres ont finalement trouvé un compromis par l’intermédiaire d’une procédure de conciliation spéciale, le 21 juin 2007 (EurActiv 22/06/07). 

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