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7 septembre 2008
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La recherche en faveur de la mobilité urbaine [FR][en

Publié: vendredi 6 juin 2008   

La recherche dans le domaine urbain concernant les systèmes de transport intelligents, l’interopérabilité et la gestion de l’utilisation de l’espace est menée afin de résoudre les multiples problèmes auxquels sont confrontées les villes européennes en effervescence.

A lire aussi:

Prochaines étapes:

  • 25 Sep. 2007 :  la Commission présente le livre vert sur la mobilité urbaine.
  • Oct. 2008 : la Commission doit adopter un plan d'action sur le livre vert.

Sommaire Liens

Le livre blanc sur le transportPdf external publié par la Commission en 2001, avait l’ambition de changer l’orientation de la politique européenne en matière de transports pour faire face aux défis grandissants comme l’encombrement, la pollution sonore et les accidents, en grande partie causés par l’utilisation excessive de véhicules privés.

Cette politique était destinée à rompre le lien entre la croissance du secteur des transport et la croissance économique en appelant à l’adoption de modes de transports plus durables (intermodalité) comme le transport ferroviaire et maritime et à promouvoir la modernisation des transports publics (lire notre LinksDossier sur le Livre blanc sur les transports). 

Mais avec la hausse continue de la demande en transport, l’examen à mi-parcoursPdf external la Commission sur le livre blanc, adopté en juin 2006, attire l’attention sur la nécessité de freiner la croissance générale du secteur des transports pour dissocier la croissance dans les transports de ses effets négatifs. Il souligne notamment le concept de « co-modalité », par lequel chaque mode de transport est optimisé et intégré dans des chaînes logistiques efficaces.

La Commission a ensuite présenté un livre vert sur les transports urbains en septembre 2007 en vue de lancer un débat sur la façon dont l’UE peut contribuer à l’amélioration de la mobilité urbaine. Le document expose les fonctions principales dans lesquelles l’UE peut apporter de la « valeur ajoutée » aux politiques locales ou nationales, notamment en établissant des normes communes et en encourageant la recherche sur des applications qui contribueront à améliorer la sécurité de la mobilité et la performance environnementale.

Enjeux:

Défis  :

  • le fait que 80 % des citoyens européens vivent en ville ;
  • les problèmes croissants liés à l’encombrement et au stationnement ;
  • la pollution sonore et atmosphérique ;
  • les inquiétudes grandissantes liées à la santé et à la sécurité ;
  • la déstructuration du paysage et la fragmentation de l’espace ;
  • la qualité des transports publics.

Nécessités et objectifs : 

  • une meilleure interopérabilité des infrastructures de transport pour les différents modes (routiers, ferroviaires, maritimes) ;
  • des alternatives aux combustibles fossiles traditionnels ainsi que des véhicules consommant moins de carburant ;
  • des technologies visant à réduire les émissions sonores polluantes ;
  • des systèmes de transport intelligents ;
  • des structures urbaines plus durables ;
  • l’adhésion du public aux mesures destinées à créer des systèmes de transport plus durables.


Les activités de l’UE : 


L’UE définit ses priorités dans le domaine de la recherche en se basant sur les conclusions des « plates-formes technologiques » (PT) établies par la Commission il y a plusieurs années afin de déterminer les stratégies européennes en matière de recherche pour les différents secteurs des transports (ERRAC pour la recherche ferroviaire, ERTRAC pour la recherche routière, ACARE pour la recherche aérienne et WATERBORNE).

Il n’existe aucune plate-forme technologique prédominante portant spécifiquement sur les questions liées au transport urbain ou sur la recherche intermodale, mais le septième programme-cadre pour la recherche (7e PCRD) de l’UE pour la période 2007-2013 comprend, sous le thème « transport », un domaine d’activité visant à garantir une mobilité urbaine durable.

Ce programme couvre la recherche technique, l’appui politique ainsi que des activités de démonstration et de déploiement dans le domaine des concepts de transport intelligent, des mécanismes innovants de gestion de la demande, des transports publics de haute qualité ainsi que des stratégies novatrices en faveur du transport urbain durable. Pour plus d’informations sur un grand nombre de ces projets, visitez ELTISexternal , le site Internet européen sur le transport urbain.

L’initiative CIVITASexternal , lancé en 2002 au titre du 5e programme-cadre de recherche, est un projet fondamental lié à la mobilité urbaine. Elle a déjà versé 100 millions d’euros de fonds européens en faveur de 36 villes et vise à les aider à se développer, à tester et à mettre en œuvre de nouvelles stratégies durables de transport urbain. CIVITAS-Plus avait été lancée dans le cadre du  7e PCRD. De nombreuses parties prenantes considèrent l’initiative CIVITAS comme une première étape vers un programme européen de soutien consacré au financement des activités de transport propres, hors du cadre de recherche.

Le 7e PCRD finance également des activités liées à la mobilité et aux services sous le thème des « TIC ». De plus, le programme Energie Intelligente - Europe (IEE), financé par le Programme-cadre pour l'innovation et la compétitivité (PIC), comprend les sous-programmes ALTENER et STEER, qui soutiennent des initiatives en faveur des nouvelles sources d’énergie renouvelables et la promotion d’un système de transport écoénergétique.


De nouveaux domaines de recherche en perspective ?


Les parties prenantes reconnaissent de plus en plus qu’il faut accorder davantage d’attention à la « question urbaine » étant donné la nature particulière, la taille et la complexité des problèmes de mobilité auxquels sont confrontés les centres-villes.

En octobre 2007, un projet de la Commission financé par le 6ème PCRD de l’UE – le Forum européen de la recherche pour la mobilité urbaine (EURFORUMexternal ) – a présenté un agenda de recherche stratégique (SRA) en faveur de la mobilité urbaine, exposant les principaux domaines dans lesquels il faut encourager la recherche pour remédier aux problèmes auxquels sont confrontés les Européens dans les villes.

Le rapportPdf external , fondé sur les contributions de plus de 50 parties prenantes, notamment des représentants de l’UE ainsi que des gouvernements nationaux et locaux, d’associations de transports publics, d’entreprises de transport urbain de marchandises, de gestionnaires d’infrastructures, de constructeurs automobiles, de fournisseurs de carburant et d’organismes de recherche, conclut qu’il est nécessaire d’accroître la recherche orientée vers les technologies et les politiques dans les domaines suivants :  
Pour ce qui est de la demande en transports, le document souligne la nécessité de développer la recherche et les informations sur :

  • Les besoins et le comportement des usagers : quels sont les facteurs sociaux déterminants des comportements liés à la mobilité (les normes, la perception sociale, l’âge, la sécurité personnelle, le confort, etc.) ? A quels types de demandes les systèmes de transport doivent-ils répondre pour être adoptés et appréciés sans créer de nouveaux besoins en transport ? Quels modèles d’activité sont à la base des schémas des déplacements humains ? Comment augmenter l’adhésion aux politiques de fixation des prix ?
  • Structure urbaine  : quel est le lien entre l’utilisation des terres et la demande en transport? Comment peut-on calculer la valeur des sols et comment peut-on quantifier la contribution de l’infrastructure des transports sur la valeur des sols ?

En ce qui concerne l’offre de transport : 

  • Des services de mobilité intégrés  : comment des services basés sur les TIC, comme les informations sur les trajets, la billetterie électronique et les services de paiement permettent-ils une interaction dynamique entre l’offre et la demande ? Quels nouveaux services peut-on développer pour améliorer la mobilité urbaine (les systèmes de positionnement pour les cycles et les piétons, l’interopérabilité transfrontalière des systèmes de paiement pour différents modes de transport, les systèmes de livraison nocturnes discrets pour le transport urbain de marchandises, etc.) et peuvent-ils être plus abordables ? Comment rendre les systèmes de bicyclettes et de véhicules en libre service plus attirants ?
  • Des systèmes de transport intégrés  : comment améliorer les différents systèmes de transports (la partage d’infrastructures entre le transport de passagers et de marchandises, les systèmes trains-trams, les lignes de transit rapide en bus, les installations de parc relais, les terminaux urbains pour la distribution de marchandises, etc.) ? Quelles sont les nouvelles technologies qui peuvent contribuer à ces objectifs ? Quelles solutions peuvent être trouvées pour éviter les encombrements créés par le chargement/déchargement de marchandises et la livraison « au dernier kilomètre » ? Quelles sont les autres solutions au véhicule privé consommant des carburants fossiles (voitures électriques ou hybrides, taxis) ? Quels sont les effets du nombre grandissant des deux roues pour la sécurité routière ? Comment les passagers et les systèmes peuvent-ils être protégés des attentats terroristes ?

Positions:

La Commission indique que les projets de recherche ont un plus grand impact sur la politique de transport urbain et que la mobilité urbaine pourrait tirer parti de l’intégration de plusieurs secteurs politiques, comme l’urbanisme, les affaires sociales et économiques, le transport, etc.

Luisa Prista, la responsable de l’unité chargée du transport de surface de la DG Recherche, estime qu’il est nécessaire de renforcer la coopération entre les autorités de recherche nationales et européennes. Selon elle, il faut se préparer à envisager de nouvelles formes de partenariat et de nouvelles formes de gouvernance pour la recherche impliquant une répartition des responsabilités, en reliant le financement du 7ème PCRD aux fonds régionaux et nationaux. Elle a cependant ajouté que notre avenir est clairement caractérisé par des priorités de recherche sur le changement climatique et la mobilité urbaine, mais que la recherche ne peut pas résoudre tous les problèmes. Selon elle, des changements culturels fondamentaux peuvent également être nécessaires.

Dans un rapport de sa propre initiative sur le transport durable, le Parlement européen appelle les Etats membres à investir davantage dans la recherche consacrée à l’efficacité énergétique et aux technologies visant à réduire les émissions de CO2 pour les transports. Il demande également à la Commission d’augmenter considérablement l’ensemble des fonds alloués à l’environnement, à l’énergie et à la R&D pour le transport lorsqu’elle procèdera à l’examen à mi-parcours de son cadre financier pluriannuel en 2009.

L’Association internationale des transports publics (UITP) constate que seule l’UE peut répondre efficacement aux problèmes de l’harmonisation, de la normalisation et de l’interopérabilité juridiques. L’association estime que le fait que les organes consultatifs actuels consacrés à la recherche dans les transports (ERTRAC, ERRAC, etc.) sont des « plates-formes modales » empêche l’UE d’apporter des solutions innovantes aux problèmes de la mobilité urbaine. Ces plates-formes technologiques ne peuvent représenter une approche intégrale multimodale que dans une certaine mesure, fait-elle remarquer, affirmant qu’elles devraient impliquer un nombre beaucoup plus important de parties prenantes, notamment les urbanistes. Elle indique notamment que dans de nombreux cas, les problèmes urbains sont très spécifiques et ne peuvent pas être comparés avec le transport longue distance.

Le Royal Institute of Chartered Surveyors (RICS), qui représente les professionnels impliqués dans les sols, la propriété et la construction, convient que la recherche devrait mieux tenir compte du lien entre les transports et l’environnement urbain. L’organisation appelle notamment à accentuer la recherche dans la relation entre la disponibilité des services de transport public, les flux de circulation et la densité de la population. Le transport de marchandises et l’organisation des chaînes d’approvisionnement sont également un thème essentiel où il faudrait approfondir les recherches. Selon le RICS, cela ne vaut pas uniquement pour le transport commercial de marchandises, mais aussi pour le transport « privé » de marchandises, pour faire ses courses par exemple. Même si les chiffres diffèrent, il est clair qu’une part considérable de CO2 est émise au cours du dernier kilomètre jusqu’au domicile et à partir du domicile. Non seulement les chaînes d’approvisionnement doivent être le plus rentable possible, mais également le plus écologique possible.

D’après City Logistics, qui organise une foire annuelle consacrée à la distribution urbaine et au « dernier kilomètre » dans la chaîne logistique, les centres-villes européens fortement urbanisés et encombrés ont besoin de propositions et de solutions logistiques intelligentes, efficaces et écologiques. L’organisation estime que 50 % des marchandises sont transportées sur moins de 50 kilomètres, et le chargement n’est pratiquement jamais plein. Elle ajoute qu’il serait décisif de rationaliser ce segment de la logistique en améliorant la recherche, à la fois en termes de compétitivité économique, en réduisant les coûts des transports, mais également en termes de protection de l’environnement, au niveau régional et mondial, en réduisant la circulation et la pollution. Enfin, la question urbaine doit être envisagée dans son ensemble, souligne-t-elle, notamment les aspects liés à l’aménagement des rues, le stationnement, la signalisation routière, l’urbanisme, la gestion et le contrôle du trafic et les transports publics.

La Conférence européenne des instituts de recherche pour le transport (ECTRI) insiste sur l’importance d’impliquer davantage les plates-formes technologiques dans le domaine de la mobilité urbaine, en particulier le transport public. Dans sa réponse au livre vert de la Commission sur la mobilité urbaine, elle se dit satisfaite que la recherche dans ce domaine ait été reconnue comme un instrument important et appelle la Commission à introduire un chapitre spécifique sur la recherche consacrée à la mobilité urbaine dans son prochain plan d’action sur le sujet.
Tout en soulignant que l’intégration des systèmes de transport avec l’urbanisme est un domaine prioritaire, elle estime que la Commission européenne a un rôle fondamental à jouer dans l’avenir de la recherche en matière de mobilité urbaine. Les éventuels appels à proposition devant être lancés durant le 7ème PCRD sur la question revêtent donc une importance considérable. L’ECTRI indique que la demande de transport est largement déterminée par la structure urbaine. Le nombre de déplacements est conditionné par l’utilisation des sols et la division de l’espace. En outre, les moyens utilisés pour ces déplacements (choix modal) sont influencés pat la structure urbaine. Le lien entre l’urbanisme ainsi que les politiques en matière de logement et de mobilité demandent d’accroître la recherche afin de mieux comprendre comment la structure urbaine peut promouvoir des modèles de mobilité durable, réduire la consommation énergétique et renforcer l’équité sociale, conclu-t-elle.
L’ONG écologiste Transport et Environnement (T&E) demande la mise en place d’une plate-forme européenne pour de meilleures pratiques d’échange et de recherche concernant la planification des déplacements dans l’Union, notamment les réseaux d’autorités locales et régionales, les entreprises de transport public, les employeurs, les écoles, les hôpitaux et autres équipements.

Liens Sommaire

Lettres à l'éditeur
Biofuels play small role in food prices
<a href="http://www.biodiesel.org" rel="nofollow">Joe Jobe, National Biodiesel Board (USA)</a>
Climate policy: Oil industry ‘up to their old tricks’
<a href="http://www.transportenvironment.org/" rel="nofollow">Jos Dings</a>
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