Lors d’une conférence du 17 février, des représentants d'entreprises du secteur de la logistique, du transport et des technologies de l’information, ainsi que des chercheurs et des organes publics, ont montré des exemples réussis d’applications du fret en ligne.
Lorsque nous transportons du fret, les différents modes de transport ont besoin de communiquer les uns avec les autres, a déclaré Markus Brozio, de l’entreprise allemande Soptim. L’entreprise est actuellement impliquée dans un projet appelé Retrack, qui cherche à résoudre les problèmes de communication concernant une ligne de fret ferroviaire allant d’Ouest en Est, de la Belgique à la Roumanie.
Mais il y a des nombreuses barrières techniques et de nombreuses limites, sans compter les problèmes linguistiques, a-t-il ajouté, faisant ainsi allusion aux différents systèmes de communication, de sécurité et de voltage, par exemple dans le domaine du fret ferroviaire.
Toutefois, construire de nouvelles infrastructures ne résoudra pas les problèmes, a expliqué le directeur de la commission européenne en charge du réseau transeuropéen de transport et de la co-modalité, Jonathan Scheele. Bien que les responsables politiques aiment construire de nouveaux tunnels ou terminaux et couper des rubans lors des inaugurations, il faudrait plutôt se concentrer sur l’utilisation plus efficace de ce qui existe déjà, en ajustant la chaîne logistique, a-t-il ajouté.
M. Scheele a également déploré le fait que même si de nombreuses informations sont disponibles sur la logistique du fret, elles ne sont pas interopérables, utilisables ou extractibles, rendant impossible l’échange d’information entre les systèmes.
Selon M. Scheele, le principal obstacle du fret en ligne dans le contexte actuel est le suivant : si l’opérateur a développé son propre système, le fait qu’il le conserve est finalement bénéfique pour sa compétitivité. M. Scheele a en outre indiqué que les capitaux et les droits de propriété intellectuelle des systèmes existants ne devraient pas être sous-estimés.
La Commission insiste pour que les solutions visant à atteindre un système intégré soient pragmatiques et claires et pour qu’elles apportent de la valeur ajoutée aux utilisateurs qui ont déjà leurs systèmes. Dans ce contexte, tous les acteurs doivent se faire confiance et faire confiance à leurs concurrents, a indiqué M. Scheele. Ils doivent également être prêts à travailler ensemble pour une utilisation plus efficace du système, a-t-il conclu.
Présentant les initiatives de l’industrie aérienne pour le « fret sans papier », Frederic Leger, de l’Association internationale du transport aérien, a indiqué que parmi les défis auxquels fait face le secteur figurent les cargaisons partiellement traitées en ligne. En effet, un certain nombre de pays exigent encore des documents papier ou des informations supplémentaires sur papier, outre leur plate-forme douanière en ligne.
Certains pays n’ont simplement pas ratifié les conventions internationales sur le fret en ligne, ou ne respectent pas les normes internationales lorsqu’ils mettent en oeuvre leurs plates-formes électroniques, a-t-il ajouté.
Le fret en ligne, la création d’une application de TIC intégrée capable de suivre l’acheminement des biens de consommation qui entrent dans l'UE ou qui en sortent via n’importe quel mode de transport, figurent dans le plan d’action de la Commission de 2007 sur la logistique du fret (EurActiv 19/10/07).
Selon l’exécutif européen, les rapides progrès des TIC révolutionnent la logistique du transport de fret et automatiseront les échanges de données relatives au contenu à des fins réglementaires et commerciales.



