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La Commission a présenté des propositions visant à mettre fin au conflit de plusieurs années entre les compagnies aériennes et les aéroports sur le coût et la qualité des services qu'ils offrent.
Le "paquet aéroports" présenté le 24 janvier 2007 par le commissaire aux Transports, Jacques Barrot, est bâti sur trois piliers :
A l'origine, la Commission avait l'intention d'établir de nouvelles règles en matière d'attribution des crénaux d'atterrissage dans les aéroports, mais elles ont été reportées à l'année prochaine. Le but était de rendre ce système d'allocation plus efficace en le remplaçant par un mécanisme régulé par le marché, ce qui a fait craindre aux compagnies la perte de leurs droits acquis.
Afin de gagner le soutien des compagnies aériennes et des opérateurs aéroportuaires, le paquet présenté par le commissaire est plus modéré que prévu.
Le commissaire Barrot a renoncé à fixer des limites aux taxes d'aéroports - qui selon les compagnies aériennes sont devenues exorbitantes, notamment dans les grands aéroports très fréquentés comme Paris-Charles de Gaulle ou London's Heathrow, augmentant le prix des billets. Toutefois, les aéroports estiment que ces taxes constituent une source nécessaire de revenus pour financer l'amélioration des infrastructures, veiller plus étroitement à la sécurité et s'adapter au nombre toujours croissant de passagers et à un trafic aérien en hausse constante.
Le projet de directive exige plutôt que les aéroports fixent leurs redevances de manière transparente et leur impose le principe de non-discrimination envers les compagnies aériennes.
Jusqu'ici, les aéroports avaient souvent accordé des réductions aux compagnies low-cost en raison du grand nombre de passagers attirés. Toutefois, selon les nouvelles règles, les prix ne devraient varier que si le service varie aussi.
Les Etats membres devront aussi mettre en place un régulateur national indépendant qui aura le pouvoir de trancher dans les cas où les compagnies aériennes et les aéroports ne s'entendent pas sur le montant des taxes.
Le commissaire Barrot a également un plan d'action en cinq points pour aborder les problèmes d'engorgement des aéroports européens. Il a mentionné le fait que le trafic aérien devrait doubler au cours des vingt prochaines années : "Ce problème va s'avérer de plus en plus capital".
Selon le commissaire, optimiser l’utilisation des capacités existantes, passant par une meilleure allocation des créneaux de vol ou des plans de vol plus efficaces, figure parmi les meilleures solutions. Il suggère par ailleurs le transfert des passagers des aéroports les plus saturés vers des installation régionales plus petites ou vers des aéroports étrangers en utilisant d'autres modes de transport.
Les projets de libéralisation des "services en escale" ont également été remis à plus tard, notamment après les vives protestations de l'an dernier provoquées par des mesures similaires de libéralisation des services portuaires. Le commissaire a prévenu : "Nous ne souhaitons pas revivre le même type de manifestations et de grèves", ajoutant qu'après une première vague de libéralisation, l'assistance en escale était déjà devenue plus compétitive.
Le commissaire aux Transports, Jacques Barrot, a déclaré : "Tout ce que nous avons entrepris a pour but de faire baisser le coût des taxes d'aéroports et partant, le coût des transports aériens pour les passagers". Admettant que le projet de directive sur les taxes aéroportuaires n'était pas ambitieux, il a ajouté que ce paquet représentait "une étape importante dans la mise en place d’un cadre réglementaire paneuropéen pour les aéroports européens".
Olivier Jankovec, directeur général du Conseil international des aéroports (ACI Europe), a salué la "grande portée des mesures" proposées par la Commission pour s'attaquer à "l'important problème de la saturation imminente des capacités aéroportuaires", tout en ajoutant : "La stratégie de la Commission ne prend pas en compte le fait que mieux utiliser les capacités existantes ne sera pas suffisant en soi et qu'il faudra construire de nouvelles infrastructures aéroportuaires".
Au sujet des taxes aéroportuaires, il a déclaré que les aéroports européens étaient satisfaits que la Commission ne cherche pas à réinventer la roue...reconnaissant que le niveau national gérait mieux ces redevances".
La porte-parole de l'Association des compagnies aériennes européennes (AEA), Francoise Humbert, a confié à EurActiv : "Cela fait des années que nous attendons que les relations entre les aéroports et les compagnies aériennes soient régulées d'une quelconque manière. Certes, nous ne considérons cette mesure que comme un premier pas. Mais dans la bonne direction. Toutefois, l'absence de seuil pour les taxes aéroportuaires est une déception". Selon elle, les compagnies aériennes estiment que la mise en place d'un régulateur national indépendant est "une très bonne initiative". Elle espère également l'adoption prochaine de mesures pour l'assistance en escale" car selon l'AEA "le marché n'a pas connu, jusqu'ici, une ouverture extraordinaire".