EurActiv Logo
 
7 septembre 2008
Breaking News:

Les villes devraient aborder la question de l’exclusion sociale [FR][en][de

Publié: mercredi 23 mai 2007   

Les acteurs du secteur du transport recommandent à l'Europe d'offrir plus d'options de mobilité à ses citoyens marginalisés pour espérer atteindre ses objectifs de Lisbonne en matière d'inclusion sociale, de croissance économique et de création d'emplois.

Contexte:

Malgré les besoins croissants en transport, reflétant l'augmentation de la mobilité des citoyens européens, une minorité importante de personnes reste exclue de ce que la société a de meilleur à offrir. Or, un mauvais accès à la mobilité est souvent un facteur-clé de leur exclusion. 

Les villes européennes ont été conçues en fonction des automobiles, l'accès aux services essentiels, tels que les écoles et les hôpitaux, les magasins, le travail et les loisirs, est par conséquent devenu difficile pour les personnes non motorisées. 

En 2006, la Commission a adopté une communication soulignant le rôle essentiel que les villes et les cités d'Europe devraient jouer dans la création de croissance et d'emplois, notamment en augmentant l'accessibilité et la mobilité. 

Selon la communication "La politique de cohésion et les villes : la contribution des villes et des agglomérations  à la croissance et à l’emploi au sein des régionsPdf external ", "la planification des transports doit prendre en considération les personnes qui ne possèdent pas de voiture ou qui ne savent pas conduire (en particulier les personnes âgées, les jeunes et les personnes à mobilité réduite). Cette mesure vise à garantir l’accès à l’emploi et aux services (soins de santé, commerces) et à faciliter l’autonomie des personnes" dans les villes européennes.

Cependant, les villes déploient-elles les efforts suffisants pour garantir cela, et l'UE peut-t-elle contribuer davantage à cet objectif?

A lire aussi:

Autres articles:

  • Mobilité et inclusion sociale 

Dans le cadre de son 57ème Congrès mondial et Exposition à Helsinki du 20 au 24 mai 2007, l'Union internationale des transports publics (UITP) souligne l'importance du rôle des transports publics dans la lutte contre l'exclusion sociale. 

Selon l'UITP, bien que les pays européens aient réussi à faciliter l'accessibilité des services et des infrastructures de transport pour tous, des efforts doivent encore être déployés afin d'élargir les horizons du voyage des citoyens exclus de la société si l'UE espère avoir "un impact décisif sur l'éradication de la pauvreté d'ici 2010", comme l'agenda européen de Lisbonne pour la création et l'emploi le suggère. 

L'organisation insiste sur le fait que l'UE devrait placer la fourniture de transports publics au rang des priorités dans ses lignes directricesPdf external pour le développement de ses Plans d'action nationaux d'inclusion sociale, destinées aux Etats membres.

Elle souligne également que, face au phénomène croissant du vieillissement de la population (22% de la population sont déjà âgés de plus de 60 ans et ce chiffre devrait atteindre les 36% à l'horizon 2050), la question de l'amélioration de l'accessibilité ne peut plus être négligée.

  • Priorité aux "quartiers très défavorisés"

Les émeutes qui ont éclaté dans les villes de France en 2005 ont souligné la nécessité d'offrir de nouvelles solutions aux problèmes de marginalisation dans les zones urbaines.

La Charte de Leipzig sur les villes européennes durables, que les ministres de l'UE devrait adopter les 24 et 25 mai 2007, accordera une attention particulière aux problèmes du taux de chômage élevé et de l'exclusion sociale (EurActiv 16/05/07). Elle soulignera en effet la nécessité d'une politique de développement urbain intégrée et mettra l'accent sur les améliorations du marché du travail, l'éducation et la formation des jeunes, le développement des "espaces publics de haute qualité" et des transports urbains efficaces et accessibles financièrement. 

La Charte suggérera également que les Etats membres soient autorisés à utiliser les fonds structurels européens pour financer spécifiquement les programmes urbains.

Positions:

L'Union internationale des transports publics (UITP) insiste sur le fait que la nécessité d'augmenter les transports publics afin de reconnecter les citoyens exclus aux structures économiques et sociales, tout en soulignant que les politiques de transport devraient viser en priorité ce segment de la population.

Cependant, dans la pratique les autorités nationales investissent trop peu dans les transports publics qui relient les quartiers pauvres, situés à la périphérie des villes où les loyers sont plus abordables, aux centres villes, où se trouvent les opportunités d'emploi. Elle ajoute que ce phénomène limite de manière significative les chances de trouver un emploi pour les chômeurs. 

Selon l'UITP, une approche holistique est nécessaire pour traiter ce problème, par le biais notamment de partenariats entre les transports publics et la politique sociale. Il serait notamment souhaitable que les agences de recrutement fournissent aux chercheurs d'emploi des billets de transport afin qu'ils puissent se rendre à l'entretien.

Sustrans, une ONG britannique spécialisée dans le domaine du transport durable, convient que les transports sont importants mais souligne le fait que l'UE devrait clairement établir une "hiérarchie des utilisateurs des transports routiers", plaçant les piétons et les cyclistes au centre de la politique des transports. Elle souligne : "Un changement en faveur des transports non motorisés répondra non seulement aux objectifs politiques liés aux transports mais également à ceux liés au changement climatique, à la santé publique et à l'obésité; à l'inclusion sociale et à la cohésion communautaire, et à la sécurité énergétique". 

L'ONG ajoute : "Autrefois, la politique relative aux transports urbains a été dominée par le désir de faciliter la mobilité (la capacité de voyager) au détriment de l'accessibilité (l'accès aux biens et services qui encourage les personnes à  voyager). La distance des trajets s'est alors allongée au fil du temps, les niveaux de trafic ont augmenté plus que jamais, et toute une série d'effets secondaires s'est faite ressentir. En recourant davantage à la marche et au vélo dans les zones urbaines, la politique des transports urbains peut apporter une contribution considérable à la cohésion sociale, à la revitalisation des quartiers et au bien-être de la communauté". 

Une fédération britannique de cyclisme ajoute que la promotion des "politiques favorables aux cyclistes" augmenterait la mobilité des personnes qui ne disposent pas de voiture, ou, qui n'ont pas les moyens de l'entretenir. "Se déplacer en bicyclette est économique, le coût principal étant l'achat du véhicule. Ces frais de départ peuvent cependant s'avérer considérables pour les tranches de la population disposant d'un faible revenu. Les gouvernements pourraient encourager l'achat de bicyclette à taux zéro ou réduire le niveau de la TVA sur les bicyclettes", suggère-t-elle. 

Un rapportPdf external de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), représentant plus de 43 millions d'automobilistes, indique: " Pour ceux d'entre nous qui pensent que la voiture peut apporter des avantages à la société, il est doublement important de ne pas oublier ceux à qui ces avantages ne profitent pas, les personnes qui sont écartées de la société de l'automobile et qui supportent souvent le poids disproportionné des impacts négatifs de la voiture sur leur environnement humain". Le rapport souligne également la faible reconnaissance de ce problème jusqu'à aujourd'hui et les réponses politiques non coordonnées et ponctuelles qui ont été apportées à ce problème.

Prochaines étapes:

  • 24-25 mai 2007 : Les ministres européens responsables du développement urbain et spatial doivent se réunir à Leipzig afin d'adopter la Charte de Leipzig sur les villes européennes durables. 
  • septembre 2007 : Adoption du Livre vert de la Commission sur les transports urbains. 

Liens

Lettres à l'éditeur
Biofuels play small role in food prices
<a href="http://www.biodiesel.org" rel="nofollow">Joe Jobe, National Biodiesel Board (USA)</a>
Climate policy: Oil industry ‘up to their old tricks’
<a href="http://www.transportenvironment.org/" rel="nofollow">Jos Dings</a>
Advertising
Advertising