À l'issue du sommet européen qui a scellé la première étape d'une union bancaire, David Cameron a minimisé les craintes selon lesquelles la Grande-Bretagne serait en marge d'une Europe à deux vitesses, alors que les membres de la zone euro établissent un centre toujours plus fort.
« La Grande-Bretagne n'est pas du tout dans une position incommode », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles à l'issue du sommet de deux jours. « Nous sommes dans une position qui nous donne l'occasion d'optimiser ce que nous espérons de notre relation. »
David Cameron, à la traîne dans les sondages avant les élections de 2015, est sous la pression de l'aile eurosceptique du Parti conservateur au pouvoir qui souhaite redéfinir le rôle de la Grande-Bretagne en Europe ou quitter l'Union après 40 ans d'adhésion.
Outre l'économie stagnante, les liens entre la Grande-Bretagne et l'Europe constitueront l'un des champs de bataille les plus féroces des élections. Des sondages laissent penser qu'environ la moitié des Britanniques souhaitent quitter l'Europe, qu'un tiers veut y rester et que le nombre de personnes en faveur d'une sortie augmente.
M. Cameron a indiqué que l'accord du sommet sur la surveillance bancaire était un signe des grands changements qui attendent la zone euro, un groupe que la Grande-Bretagne ne souhaite pas rejoindre. Ces réformes doivent être compensées par un changement de la position britannique en Europe, a-t-il ajouté.
« Cela va nous créer, au Royaume-Uni, des occasions d'apporter à nos relations avec l'Union européenne des modifications qui nous conviendront mieux, avec lesquelles le peuple britannique sera plus à l'aise », a-t-il indiqué.
Décennies de dissensions
En raison du caractère sensible du débat sur l’UE, David Cameron a encore reporté son discours européen soigneusement préparé et censé présenter ses idées sur un sujet qui divise le pays depuis des décennies.
M. Cameron a rejeté l'idée d'un vote « dedans ou dehors » en faveur d'un référendum sur un nouveau rôle au sein de l'UE, le plus grand partenaire commercial de la Grande‑Bretagne. En vertu d'une loi adoptée en 2011, tout changement apporté au traité de l'UE qui concerne un transfert important de pouvoirs de Londres vers Bruxelles doit être soumis à un vote public.
Son discours sur un nouvel accord entre la Grande-Bretagne et l'Europe ne serait peut-être pas suffisant pour calmer les eurosceptiques de son parti, un groupe puissant qui a contribué à la chute des deux derniers premiers ministres conservateurs, Margaret Thatcher et John Major.
Les eurosceptiques ont battu David Cameron pour la première fois en octobre lors d'un vote appelant à des coupes dans le budget de l'UE. Le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), un groupe marginal de plus en plus populaire, constitue également une menace, car il est en faveur d'une sortie de l'UE.
M. Cameron doit chercher à satisfaire tout le monde en se montrant sévère envers Bruxelles afin de séduire les eurosceptiques et en adoptant un ton conciliant qui fonctionnera bien avec les voisins européens parfois exaspérés et les partenaires de sa coalition en faveur de l'UE, les libéraux démocrates.
Contrairement au dernier sommet de décembre où la Grande-Bretagne était isolée après avoir bloqué un accord sur des liens budgétaires renforcés, le rôle de M. Cameron était cette fois plus discret.
« Ce n'était pas vraiment notre bataille », a indiqué un responsable britannique, en faisant allusion à la position de Londres en dehors de la zone euro.




