EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

Les alliés du Royaume-Uni réagissent froidement au discours de Cameron

Version imprimable
Send by email
Publié 23 janvier 2013, mis à jour 24 janvier 2013

Le discours historique du premier ministre britannique, David Cameron, qui propose aux Britanniques un référendum sur l’appartenance ou non à l’UE, a soulevé un vent de critiques hier (23 janvier) alors que même les alliés traditionnels du Royaume-Uni ont apporté une réponse peu enthousiaste.

Lors de son discours, David Cameron a déclaré que, si son parti décrochait un mandat, il entamerait immédiatement une renégociation des termes avec les États membres de l'UE et soumettrait ensuite aux Britanniques tout accord futur lors d’un plébiscite.

>> Lire : David Cameron prend le risque d’organiser un référendum sur l’UE

Le Danemark et la Suède, pays non membres de la zone euro, s'alignent habituellement sur les positions de la Grande-Bretagne par rapport au marché unique et la volonté d'une UE flexible.

Copenhague et Stockholm sont toutefois peu enthousiastes.

« J'ai déploré le fait qu'il ait décrit l'Union comme rien de plus qu’un simple réseau », a déclaré Birgitta Ohlsson, la ministre suédoise des affaires européennes, en ajoutant : « L'UE n'est pas un réseau souple. Il s'agit d'une union avec des règles du jeu clairement définies. »

« Nous n'avons pas l'intention de suivre David Cameron dans cette direction [vers un référendum]. Il en va des intérêts danois de nouer des relations aussi étroites que possible avec le centre de l'Europe », a indiqué Nicolai Wammen, le ministre danois des affaires européennes.

« Le Danemark a des alliances solides avec un certain nombre de pays de l'UE, comme l'Allemagne, la France, les Pays-Bas et la Suède. Nous ne changerons donc pas de direction si les Britanniques décident de quitter l'UE », a-t-il ajouté.

Le dernier communiqué de M. Wammen aurait fait sourciller Downing Street s’il n’était passé inaperçu au milieu de la pile grandissante de missives négatives.

Aux Pays-Bas, un pays traditionnellement allié de la Grande-Bretagne, Frans Timmermans, le ministre des affaires étrangères, a partagé le point de vue de M. Cameron concernant la nécessité de réformer l'UE, ajoutant que le marché unique et le libre-échange devraient être encouragés.

« Vous réformez l'UE seulement de l'intérieur, pas en la fuyant », a déclaré M. Timmermans, en ajoutant : « Le gouvernement [néerlandais] ne souhaite pas de clauses d'exemption et ne cherche pas non plus à redéfinir les relations avec l'Union européenne »

La France déroulerait le tapis rouge pour le Royaume-Uni

Le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, a malicieusement répondu aux propos tenus par le premier ministre britannique l'année dernière selon lesquels la Grande-Bretagne « déroulerait le tapis rouge » aux entreprises françaises désireuses de s'installer au Royaume-Uni pour éviter les impôts élevés du président François Hollande.

« L'autre jour, je participais à une réunion avec des hommes d'affaires britanniques et je leur ai dit: "Écoutez, si la Grande-Bretagne décide de quitter l'Europe, nous vous déroulerons le tapis rouge" », a-t-il expliqué.

Le président français, François Hollande, a tenu des propos plus modérés, mais tout aussi méprisants : « Ce que je dis au nom de la France, en tant qu'Européen, c'est qu'il n'est pas possible de négocier l'Europe pour faire ce référendum », a déclaré le chef d'État lors d'une mission dans la ville de Grenoble, dans les Alpes.

« L'Europe, elle doit se prendre telle qu'elle est. On peut la faire évoluer demain, mais on ne peut pas l'abaisser, la diminuer, sous prétexte de proposer d'y rester. »

L'Allemagne a adopté un discours plus réconfortant. Le ministre des affaires étrangères Guido Westerwelle a déclaré que son pays voulait que la Grande-Bretagne reste un membre à part entière et constructif de l'UE. « Nous partageons un destin commun en ces temps difficiles de mondialisation. Nous, en tant qu'Européens, sommes tous dans le même bateau. »

Il a cependant redouté que, si la Grande-Bretagne essayait de choisir à la carte les législations de l'UE, cela inciterait d'autres pays à faire de même et mettrait à mal les règles.

Les Suédois opposés au choix à la carte

« La flexibilité semble être une bonne idée, mais si vous commencez à laisser entrevoir une Europe à 28 vitesses, en fin de compte, l'Europe n'existera plus du tout. Ce sera simplement un désordre », a fait savoir Carl Bildt, le ministre suédois des affaires étrangères.

Pierre Moscovici, le ministre français des finances, a été l'un des rares à exprimer un point de vue relativement positif, en indiquant que la Grande-Bretagne avait toujours été un membre de l'Union européenne « particulier », mais « extrêmement utile ».

Angela Merkel, la chancelière allemande, a également fait part d'un message assez favorable. « L'Allemagne, et moi personnellement, souhaite que la Grande-Bretagne soit un membre important et actif de l'Union européenne », a affirmé la personnalité politique la plus influente d'Europe.

« Nous sommes prêts à discuter des souhaits britanniques, mais nous ne devons pas perdre de vue que d'autres pays ont des souhaits différents et que nous devons trouver un compromis équilibré. Nous discuterons intensément avec la Grande-Bretagne de ses propres idées, mais dans les mois à venir », a-t-elle ajouté. Le soutien de l'Allemagne est indispensable pour que le référendum de David Cameron se concrétise.

Sur la scène politique nationale, le Parti travailliste de l'opposition et les partenaires de la coalition de M. Cameron, les libéraux démocrates, se sont unis contre la tactique du référendum.

Le mal est fait

En Grande-Bretagne, le discours de David Cameron a également soulevé un vent de critiques.

« Pourquoi ne l’admet-il pas ? Il est poussé, non par l'intérêt national, mais [...] par son parti », a affirmé Ed Miliband, le dirigeant du Parti travailliste, en ajoutant : « Mon avis est le suivant : "Non, nous ne voulons pas de référendum sur l'appartenance ou non [à l'UE]". »

Il a précisé que le premier ministre britannique faisait un « pari énorme sur notre économie ».

Nick Clegg, le vice-premier ministre libéral-démocrate, a indiqué : « De mon point de vue, ce n’est pas dans l'intérêt national. »

« Je pense que plusieurs années d'incertitude, causée par une renégociation à rallonge et floue de notre position dans l'Europe, n'est pas dans l'intérêt national étant donné que cela affecte la croissance et l'emploi », a-t-il poursuivi.

Plus inquiétant pour David Cameron, Nigel Farage, le dirigeant du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni, qui a fait campagne pour que le Royaume-Uni quitte l'UE, a déclaré que le mal était fait. M. Farage a accusé M. Cameron d'être un faux eurosceptique.

 

Prochaines étapes : 
  • 27-28 juin 2013 : le sommet de l'UE devrait adopter une feuille de route pour un nouveau traité afin de renforcer l'intégration économique et politique dans la zone euro
  • Mai 2014 : élections européennes
  • Mai 2015 : élections au Royaume-Uni
Jeremy Fleming - traduit de l'anglais par Aubry Touriel
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
Britain's Prime Minister Cameron looks at Germany's Chancellor Merkel at a European Union summit in Brussels, 09 December 2011 (Photo: Reuters)
Contexte : 

David Cameron, le premier ministre britannique, a promis mercredi (23 janvier) aux Britanniques d’organiser un référendum sur la sortie ou le maintien dans l’UE s’il remporte les prochaines élections, prévues en 2015.

Dans son discours, prononcé à Londres, David Cameron a déclaré que la campagne électorale de 2015 du Parti conservateur comporterait une promesse de renégociation de l'adhésion de la Grande-Bretagne à l'UE. L'accord qui en résulte serait ensuite soumis à un référendum, probablement en 2017.

« Il s'agira d'un référendum sur l'appartenance ou non à l'UE » a expliqué M. Cameron. Il a ajouté qu'il tenterait de rapatrier plusieurs législations européennes et qu'il les entérinerait dans un nouveau traité négocié avec les partenaires de la Grande-Bretagne dans l'UE.

A lire aussi

More in this section

Publicité

Vidéos

Video General News

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Video General Promoted 2

Euractiv Sidebar Video Player for use in section aware blocks.

Publicité

Publicité