Foreign Minister: Bilateral deals to dominate Swiss-EU relations

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Bilateral agreements will remain the basis of relations between Switzerland and EU countries, Swiss Foreign Minister Micheline Calmy-Rey told EurActiv ahead of hosting the thirteenth international Francophonie summit. 

Micheline Calmy-Rey has been Swiss foreign minister and a member of the Swiss Federal Council since January 2003. She served as her country’s president from January to December 2007, and will assume a new role as vice-president on 1 November 2010.

She was interviewed by EurActiv’s Andrew Williams and Christophe Leclercq.  

The transcript of this interview is available in French only. To read a shortened version of this interview in English, please click here.

Le XIIIe Sommet de la Francophonie aura lieu cette année à Montreux. La Suisse est un pays multilingue où l’on parle aussi l’allemand, l’italien et le romanche. Pourquoi la Suisse a-t-elle été choisie comme pays hôte du Sommet ? Pourquoi Montreux et non pas Genève ?

A Québec en 2008, c’est Madagascar qui avait été désigné comme pays hôte du XIIIe Sommet. Mais Madagascar a été suspendu de la Francophonie en 2009 pour rupture de l’ordre constitutionnel. La disponibilité de la Suisse à accueillir le Sommet a été communiquée à la présidence canadienne. Zurich, Davos, Crans-Montana, Genève et Montreux ont ensuite été évalués dans le cadre d’une étude de faisabilité. Montreux a été retenue.

Quels sont les sujets à l’ordre du jour du Sommet? Quelles sont les grandes questions qui vont dominer les débats ?

Les thèmes retenus sont: la place de la Francophonie dans la gouvernance mondiale, le changement climatique et la sécurité alimentaire, la langue française et l’éducation dans un monde globalisé. Pour traduire son propre engagement, la Suisse va présenter trois initiatives.

La première visera à formaliser les relations des ambassadeurs francophones avec les principaux acteurs de la coopération francophone dans leur pays de résidence via des « Groupes des amis de la Francophonie ».

La deuxième initiative est due à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui veut donner naissance à un « Réseau d’Excellence des Sciences de l’Ingénieur de la Francophonie » (RESCIF).

Enfin la troisième devra se traduire par la mise en place d’un processus de concertation sur la compréhension mutuelle des cultures dans l’espace francophone.

En se focalisant sur la promotion de la langue française, l’OIF ne risque-t-elle pas de se marginaliser par rapport à d’autres organisations internationales telles que le G8, le G20 ou le Commonwealth ?

Je ne pense pas. La Francophonie dispose d’une véritable capacité d’influence en matière de promotion de la diversité culturelle et linguistique. On peut par exemple citer sa position commune sur l’exception culturelle au GATT ou son action en faveur de l’adoption de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles.

Mais son rôle ne se limite pas à cela. L’OIF est aussi très engagée dans la promotion de la démocratie et des droits humains, un sujet qui me tient particulièrement à cœur. La « Déclaration de Bamako » s’accompagne par exemple d’un dispositif opérationnel pour faire face aux coups d’Etat ou aux atteintes majeures à l’ordre constitutionnel.

Le quarantième anniversaire de l’OIF aura lieu cette année sous la présidence suisse. Quelles festivités avez-vous prévues pour marquer l’événement ?

Pour faire écho au 40e anniversaire de la Francophonie, la Suisse a choisi la chanson. Le 20 octobre, un grand événement musical, « 40 ans, 40 tubes : le Concert de la Francophonie », est prévu. Ouvert au public, ce concert mis sur pied par la Radio Télévision suisse (RTS)sera retransmis sur les chaînes de télévisions francophones.

A Montreux, un Village de la Francophonie sera ouvert et des débats publics sur les thèmes de la Francophonie auront lieu.

Enfin, les Etats généraux du Français en Francophonie, lancés par le Secrétaire général Abdou Diouf en juin dernier à Lausanne, prendront fin le 22 octobre au Château de Chillon.

Avec ses quatre langues officielles, on pourrait dire que la Suisse est un précurseur de l’Union Européenne et de sa complexité linguistique. Quelles leçons l’UE peut-elle tirer de l’expérience suisse en matière de multilinguisme ? 

Il ne s'agit certainement pas pour la Suisse de donner des leçons. Tout au plus notre expérience peut-elle servir de source d'inspiration. Ceci étant, avec ses 23 langues officielles, la situation de l'UE n'est pas vraiment comparable à la nôtre.

Quelle langue la Suisse utilise-t-elle pour ses relations officielles avec l’UE ? Quelle langue utilisez-vous au travail ?

Dans les enceintes internationales, et ceci vaut également pour les relations officielles avec l’UE, la Suisse s’exprime en général en français. Dans les enceintes gouvernementales et administratives, chacun parle dans sa langue.

Quel est votre avis sur le statut de la langue française dans les institutions européennes?

Je pense que le français gardera sa vocation européenne et espère qu’il conservera son statut au sein des institutions européennes.

L’Islande, comme la Suisse, est membre de l’AELE (EFTA) et a considéré que rejoindre l’UE serait une solution viable pour stabiliser son économie et sortir de la crise. La Suisse a-t-elle repensé ses relations avec l’UE depuis la crise ? 

La Suisse passe régulièrement en revue ses relations avec l’UE. Le Conseil fédéral vient de publier un nouveau rapport d’examen sur le sujet. Pour l’heure, les accords bilatéraux restent le meilleur instrument pour la Suisse pour asseoir sa position en Europe.

Quelles sont les chances pour que la Suisse pose sa candidature à l’UE ou l’Espace économique européen dans le futur ? Avez-vous une liste de pré-conditions nécessaires à une telle candidature ?

Il n’y pas deliste de conditions prédéfinies. La question que nous devons nous poser continuellement est celle de savoir par quels instruments nos intérêts sont le mieux sauvegardés.

Les accords bilatéraux fonctionnent bien et sont avantageux pour la Suisse et pour l’Union européenne. De plus, ils ont le clair soutien du peuple suisse, maintes fois exprimé dans les urnes. Des améliorations sont certes possibles et souhaitables dans certains domaines, et nous sommes en dialogue avec l’Union sur ces points. L’essentiel est de constater que la Suisse est un partenaire solidaire et fiable en Europe.

Vue de Suisse, quelle a été la réaction par rapport à la crise qui a secoué la Grèce et la zone euro ? La crise a-t-elle retardé une possible candidature à l’UE ?

Une candidature à l’UE n’est pas vraiment à l’ordre du jour.

Quelle est la position de la Suisse concernant la gouvernance économique mondiale ? Soutenez-vous les efforts de l’UE d’introduire une taxe bancaire ou une taxe sur les transactions financières ?

La Suisse est très active dans des enceintes telles que le Conseil de stabilité financière et le Fonds monétaire international. Vu l’importance de sa place financière, au septième rang sur l’échelle mondiale, notre pays œuvre également à intensifier sa coopération avec le G20.

En matière de régulation financière en particulier, la Suisse souhaite être directement associée aux futurs travaux du G20. Elle suit avec attention les discussions sur la taxation du secteur financier. A ce propos, la Suisse est d’avis qu’une taxe bancaire n'est pas l'instrument le plus efficace pour assurer la stabilité financière. Nous misons avant tout sur des fonds propres élevés, tels que décidés récemment à Bâle, et des régimes de liquidités stricts.

Lors de la crise bancaire de 2008, la Suisse a été la cible d’attaques sur la question de la transparence et des paradis fiscaux, notamment de la part du président français. Où en est la Suisse quant aux efforts de transparence ?

Le 13 mars 2009, le Conseil fédéral a décidé d’adopter les standards de l'OCDE relatifs à l'entraide administrative en matière fiscale. Depuis, la Suisse peut échanger des informations dans des cas concrets, afin que le droit interne du pays requérant soit appliqué.

La mise en pratique de la décision intervient dans le cadre des conventions bilatérales contre la double imposition. La Suisse a déjà révisé une trentaine de conventions, dont 18 ont été signées. Les premières conventions révisées entrent en vigueur en octobre. La Suisse a donc rapidement mis en oeuvre les critères de l'OCDE en matière d'assistance administrative.

Quel rôle voyez-vous pour les pays francophones concernant la gouvernance économique mondiale ?   

Les pays francophones sont nombreux et revêtent des structures économiques très variées. L'absence d'une caractéristique commune ne permet toutefois pas de leur conférer un rôle particulier en tant que pays francophones. Ceci dit, la Francophonie est un forum utile pour échanger des vues également sur la gouvernance économique mondiale. 

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