Les institutions européennes et les entreprises améliorent les connaissances linguistiques des citoyens et leur mobilité. Elles devraient également apprendre à faire face à une société multilingue, a indiqué Androulla Vassiliou mardi (5 mars) lors d'une conférence regroupant des décideurs politiques et des universitaires au Comité économique et social européen, un organe de consultation de l'UE.
« Si nous voulons des étudiants et des travailleurs plus mobiles ainsi que des entreprises en mesure d'agir à l'échelle européenne et mondiale, nous avons besoin de meilleures compétences linguistiques. Elles doivent être mieux ciblées sur les besoins actuels et futurs du marché du travail », a-t-elle indiqué.
Selon les dernières données de la Commission européenne, seuls 42 % des Européens âgés de 15 ans étaient compétents dans leur première langue étrangère en 2011, même s'ils l'étudient depuis l'âge de 7 ans. Les chiffres varient en outre fortement entre les différents États membres de l'UE : 82 % en Suède et seulement 9 % en Grande-Bretagne.
La commissaire a ajouté que la promotion des langues ne reposait pas seulement sur l'emploi pour les linguistes professionnels, les traducteurs et les interprètes.
« Notre société aura toujours besoin de spécialistes des langues, de linguistes professionnels traducteurs ou interprètes, comme ceux présents dans les cabines qui couvrent notre conférence aujourd'hui », a-t-elle indiqué. « Les langues, comme les politiques, sont tellement importantes dans nos vies que nous ne pouvons les laisser uniquement à des spécialistes. »
Secret de Polichinelle
Androulla Vassiliou a également abordé la question de l'anglais en tant que langue véhiculaire, jadis un secret de Polichinelle à Bruxelles, mais a ajouté que l'apprentissage de la langue de Shakespeare ne devait pas se faire au détriment d'autres langues.
« Alors que l'anglais pourrait être considéré comme une “compétence de base” aujourd'hui [...], je suis absolument convaincue que la connaissance d'autres langues peut faire de plus en plus la différence afin d'obtenir un emploi et de progresser dans sa carrière », a-t-elle expliqué.
La commissaire s'est exprimée lors de la conférence Language Rich Europe, organisée au British Council, sur la manière dont l'UE peut utiliser et gérer à meilleur escient la diversité linguistique.
Bruxelles a adopté une stratégie sur le multilinguisme, « langue maternelle plus deux », afin que chaque citoyen acquière des compétences pratiques dans au moins deux langues étrangères.
Kristina Cunningham, administratrice principale de l'unité compétences et des qualifications de la DG de Mme Vassiliou, a déclaré que la crise économique avait convaincu les décideurs politiques de revoir la stratégie en proposant un indicateur européen de l'acquisition d'une langue.
« Ce [critère] devrait mesurer, d'un côté, le pourcentage d'élèves qui apprend au moins deux langues étrangères et, de l'autre, le niveau de compétences dans la première langue étrangère étudiée », a ajouté la commissaire.
« J'espère que cette proposition sera adoptée l'année prochaine. »




