Durant: The hybrid game of engaging EU citizens

  
Isabelle Durant

Selecting top candidates for Commission president is a ‘hybrid’ game that will not deliver any result as long as there are no transnational lists. The exercise will not galvanise the attention of EU citizens, said European Parliament Vice-president Isabelle Durant in an interview with EurActiv.

Isabelle Durant is a Belgian Green MEP and one of the European Parliament's fourteen vice-presidents in the past legislature. She previously held the position of transport minister in Belgium (1999-2003) under Guy Verhofstadt's first government.

She spoke to EurActiv’s editor-in-chief Daniela Vincenti. The interview was conducted in French. To read a shorter version, please click here.

Nous sommes presque à la fin de la septième législature. Qu’en retenez-vous ?

C’est ma première législature, donc mon point de comparaison sera diffèrent de quelqu’un qui a fait une, deux, trois, six autres législatures.

Cette législature, dans laquelle les parlementaires sont partis assez rapidement, en réalisant les compétences nouvelles qu’ils avaient - plus de codécision, plus de capacités à renvoyer le Conseil ou la Commission à leurs études sur certains sujets. On en a fait usage, mais pas assez souvent, pour moi, c’est une sorte de déception.

En fait, c’est un paradoxe : d’un côté, le traité de Lisbonne donne  plus de pouvoir au Parlement européen. Et, de l’autre, c’est au même moment que le Conseil monte en puissance.

Donc, alors que le parlement a du pouvoir, on a à faire à une Commission faible qui n’ose pas trop ruer dans les brancards du Conseil. Le Conseil, qui est doté d’un président permanent, qui – pas nécessairement grâce à lui d’ailleurs – monte en puissance à cause du moteur franco-allemand, de David Cameron,… des chefs d’État « forts », qui essaient de donner le ton.

Croyez-vous qu’il s’agit d’une déroute facilitée par la crise ?

Elle était renforcée par la crise, mais je suis sûre qu’on l’aurait eu quand même sans crise. Je pense que le Conseil n’a jamais voulu accepter – presque psychologiquement - cette montée en puissance du parlement. La crise leur a donné des ailes, si je peux dire, parce qu’il fallait des décisions rapides. Mais le Parlement a montré qu’il allait au moins aussi vite que le Conseil - le traité budgétaire, le six-pack et le two-pack.

Donc, quand on vous dit, que tous ces Conseils, qui ont lieu tous les deux mois, et que l’on appelle à chaque fois « le grand conseil qui va trouver la solution », ou « le conseil de la dernière chance », accouche en fait d’une demi-souris, qui arrive trop tard, et n’est pas adéquat. En fait, c’est plutôt une question de rapports de force interinstitutionnels que la crise elle-même.

Les cinq dernières années, les tensions se sont accentuées entre les institutions …

C’est normal, quand un Parlement monte en puissance… Quand un petit frère reste à sa place, cela ne dérange personne. Mais quand on sait qu’il peut monter en puissance, cela demande une réaction de l’autre côté, à fortiori du Conseil.

Ce sont les États membres qui désignent les commissaires et qui mettent en place une Commission faible. Ils ont quelque part réorganisé les pouvoirs de façon non institutionnelle. Dans les faits, en tout cas, c’est le Conseil qui est monté en puissance.

Je me demande maintenant : aurait-on pu faire sans un Président du Conseil ? Je crois qu’on aurait pu continuer à vivre avec une présidence tournante. Le président permanent, même s’il a été loin d’être flamboyant, c’est le moins que l’on puisse dire, a servi la soupe aux grands États membres. Il était là pour eux, ce qui est normal d’ailleurs, puisque c’était sa fonction.

Donner un chef au Conseil était lui donner plus de pouvoir, surtout avec un Parlement qui, lui-même, n’a pas toujours osé utiliser ses compétences.

On l’a vu sur le budget, sur d’autres dossiers : on crie très fort et puis les États membres disent : « non, non, non ! Vous ne touchez pas aux négociations que nous avons faites ». Puis tout le monde s’écrase. Le budget en est un bon exemple.

Ne serait-ce pas c’est dû aussi aux personnalités que l’on a mises à ces postes ? Ou c’est simplement les positions elles-mêmes… ?

Je pense qu’au niveau du Conseil, par exemple, que l’on mette demain Herman Van Rompuy, ou demain Jean-Claude Juncker ou je ne sais pas qui … Avec une fonction similaire au syndicat des États membres, il dépend des intérêts des États membres dans l’équilibre qu’ils trouvent entre eux. Et non pas dans une logique de l’intérêt d’une construction européenne.

Et Herman Van Rompuy est la caricature de ça : sa méthode de travail est vraiment d’aller chercher le consensus, de savoir qui veut quoi, etc. Donc ce n’est pas du tout une construction de l’intérêt européen.

Je n’incrimine pas Herman Van Rompuy, en tant que personne : je pense que, lui-même, est plutôt un Européen convaincu, mais il est entré parfaitement dans le rôle qui est celui du syndicat des États membres. Or, je crois que le Conseil doit être une deuxième chambre. On devrait mettre le parlement d’abord et le Conseil, la deuxième chambre, ensuite. Il faut respecter l’intérêt des États membres, mais pas en première instance.

Or, en ce qui concerne la désignation des postes après les élections, malgré tout ce que l’on a pu dire sur le traité de Lisbonne, ce n’est pas vrai que les gens peuvent voter pour la présidence de la Commission : ils votent pour des groupes politiques et la phrase qui dit « il faudra tenir compte de » ne veut rien dire du tout. Ce sera de nouveau le plus grand groupe politique qui aura le président de la Commission, comme auparavant. C’est le Conseil qui va faire un paquet et qui va proposer ce paquet au Parlement.

Le Parlement va l’accepter ?

Ça, c’est intéressant. Tout dépendra de la qualité du paquet qu’on lui proposera, le Parlement pourra remuer dans les brancards, intervenir en amont, faire du lobbying, etc.

Je crois que ça vaut la peine d’éviter que ce soit de nouveau Van Rompuy comme formateur qui va proposer un paquet négocié avec les grands, et dire au Parlement : « maintenant, les amis, c’est à prendre ou laisser, et vous prenez »… Les délégations nationales vont téléphoner aux parlementaires et dire : « acceptez-le, sinon il y aura un problème ».

Cette dérive intergouvernementale est présente et est très préoccupante parce qu’elle nous ramène à une Europe qui n’est pas celle qui marche.

Est-ce que la montée du nationalisme n’est pas finalement une indication que l’Europe n’a pas les institutions capables de gérer une Europe à vingt-huit et ne va-t-elle pas accentuer les extrêmes qui ensuite vont être très difficiles à gérer ?

La montée en puissance des chefs d’État ou du Conseil des ministres, ne permet pas de travailler avec les États sur des bonnes propositions européennes qui ont du sens et pas seulement sur des exemptions, ou sur des éléments « à la carte » où chacun s’y retrouve un peu. Au final on se retrouve avec un tout absolument illisible et incompréhensible. Et ça vaut dans tous les domaines, sur le budget, mais aussi dans plein d’autres dossiers : on finit par obtenir des choses qui ne riment à rien à force de tenir compte des intérêts de chaque État membre.

Quand l’intergouvernemental monte, ça donne évidemment aux États membres cette espèce de puissance de feu, quand ils rentrent chez eux et disent « je me suis battu avec Bruxelles ». Donc ça renforce tous ceux qui perçoivent l’Europe comme l’ennemie, une Europe que l’on essaie de vaincre – il faut revenir avec un trophée. Et,du coup, puisqu’il faut trouver un responsable à la crise, on désigne l’Europe.

Alors que les dettes publiques, ce n’est pas l’Europe qui les a faites, les dettes souveraines, les défaillances de la gouvernance européenne, ce n’est pas la faute de l’Europe. Ce sont les États membres qui ne veulent pas les eurobonds, regardez tout le mal que l’on a eu pour créer le fond de stabilité, etc.,

Il y a un vrai paradoxe entre le niveau européen et le niveau domestique. Car ce qui rapporte au niveau domestique est le contraire de ce qui rapporte au niveau européen. Donc, tant que l’on n’a pas de listes transnationales, etc., cette tension entre le niveau domestique et le niveau européen va continuer à peser lourd et les nationalistes en feront leur fonds de commerce.

Au sujet des élections européennes : quel genre de campagne va permettre aux différents partis de gagner ? Une pro-européenne ou une campagne, comme celle de David Cameron, qui fait des clins d’œil aux extrêmes pour pouvoir gagner du terrain ?

Aujourd’hui, même les plus convaincus n’arrêtent pas de s’excuser à propos de l’Europe ou d’être européistes. C’est comme si on disait : « Excusez-nous, on sait que ça ne marche pas très bien, l’outil n’est pas bon, les politiques sont mauvaises, mais, enfin, on peut faire une autre Europe. » C’est vrai, mais il s’agit d’une posture de perdants, qui n’est même pas défensive, à la fin : s’excuser d’être là.

Je pense qu’il faut une campagne offensive sur le contenu, mais aussi une campagne enthousiasmante; qui fait rêver même si c’est difficile de faire rêver, notamment en Grèce. Il faut une campagne qui redonne du sens, de la perspective, qui travaille avec la jeunesse et qui met en évidence tout ce qui est transnational, tout ce qui fonctionne. Il y a quand même beaucoup de choses qui marchent en Europe ; il faut arrêter de faire de la déprime permanente.

Et donc, je crois, qu’il faut une campagne qui doit partir des constats. Il faut être lucide et rencontrer les gens à Bruxelles, ou a fortiori à Athènes, à Dublin, à Porto ou à Lisbonne… Il faut trouver la racine du problème. La racine, elle est complexe. C’est trop facile de dire que c’est la faute des États membres. Ce n’est pas l’Europe qui est la racine des problèmes non plus.

Je pense qu’il faut montrer les responsabilités partagées et, surtout, montrer la voie sur laquelle on veut aller. De la coopération, de la communautarisation, du projet commun, en travaillant avec les citoyens… Plein de citoyens font des choses incroyables au niveau européen et on ne parle jamais d’eux. Il y a plein de petits et moyens projets super intéressants qui marchent extrêmement bien : les PME, la manière dont les pêcheurs du sud travaillent avec ceux du nord, le développement durable… Il y a plein de choses qui se passent. Et ces choses-là, on n’en parle jamais.

Donc, il faut une campagne courageuse et lucide qui mette en avant les choses qui marchent, et non seulement celles qui ne fonctionnent pas. Une campagne qui met le doigt sur les problèmes de la gouvernance économique, mais aussi tout ce qui est gouvernance des droits de l’homme. Une gouvernance en matière des droits de l’Homme est également nécessaire au vu des évènements en Hongrie, par exemple. C’est une grave erreur de laisse tomber ces sujets parce que cela n’intéressera personne et de ne parler que des traités économiques. C’est notre ADN, c’est la fin des droits fondamentaux.

Si j’avais à faire cette campagne, je la ferais de manière lucide et très ambitieuse, je lui donnerais un sens. Je prendrais des exemples négatifs (fracture nord-sud) et des exemples positifs (des projets citoyens qui fonctionnent). J’arrêterais de dire que l’Europe, c’est de la merde et que nos pauvres enfants naissent dans une Europe de merde. Non ! Nos enfants sont là et il y a dans la jeune génération des enfants qui en veut… Bien sûr, il y a la question de l’emploi. Bien sûr, il y a la question budgétaire avec tout ce qu’elle implique dans le domaine des dépenses sociales.

On a besoin d’une Europe sociale, mais, à chaque fois que j’entends ce terme, je souris, parce qu’il n’y a pas de compétences au niveau européen, ou très peu. Et là où on peut en faire, on hésite à en faire.

Quels sont les dossiers qui ont très bien marché depuis le traité de Lisbonne, et qui peuvent montrer au citoyen que le Parlement a avancé ces cinq dernières années ?

Il y a 250 dossiers où le parlement a avancé, y compris dans de nombreuses sous-parties de domaines. Je ne suis pas très contente de la PAC, par exemple. Mais, dans ce paquet de la PAC, il y a quelques  points assez intéressants. Dans tous les paquets, il y a des éléments intéressants.

On est tellement « sectorialisé », on est tellement sur de petits segments et tellement sur les petits secteurs. On s’adresse à une partie des agriculteurs spécialisés dans l’exploitation des énergies renouvelables, etc. Ces gens-là attendent beaucoup du Parlement, ils nous soutiennent dans nos démarches. Mais tout ça, c’est très difficile à expliquer à une personne qui a perdu son travail et à qui on n’arrête pas de dire : « si tu n’as plus d’emploi, c’est à cause de l’Europe ». À celui-là, je peux aller lui parler des questions d’énergie renouvelable, mais il n’en a rien à faire.

Donc, le problème, c’est la segmentation de la politique et c’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut une campagne qui a du sens, une vision qui rassemble les gens. Et pas seulement la somme des intérêts de chacun, des groupes sociaux qui ont légitimement des attentes dans différents domaines.

On n’évoque jamais la culture, je ne parle pas seulement de la culture de l’opéra, du théâtre, etc., mais aussi de la culture du partage, de l’échange, de la rencontre des citoyens. L’Europe créative, c’est un beau projet. Mais, c’est complément absent et tout le monde dit : ça c’est du light. Le lourd, c’est l’économie. Pour ce qui est de l’économie, on est très fort pour ne pas arriver à avancer, ou très difficilement.

L’Europe est devenue trop souvent comme un « test-achat » des consommateurs : une Europe qui détermine les normes sur les produits, comme les chaises d’enfant, les voitures, etc. Mais on s’en fout complètement. C’est intéressant pour les constructeurs et éventuellement les parents. Mais ce n’est pas ça, l’Europe. Il s’agit de l’exercice imposé, qui n’est absolument pas mobilisateur.

Par contre, les chemins qui nous ont permis d’aller dans le bon sens et ceux que l’on a perdu sont importants. En politique, il est logique de perdre aussi, que ce soit les socialistes, les écologistes, le PPE, comme dans les parlements nationaux. Il faut que l’on arrête de croire que dans les parlements nationaux, on ne perd pas de batailles.

Je ne crois pas qu’il faut faire un catalogue de toutes les petites mesures. Il faut au contraire à chaque fois, à partir des mesures, reconstruire du sens et de la perspective. Voilà ce que devrait faire un eurodéputé européen.

Y a-t-il cette vision dans la campagne des candidats à la présidence de la Commission? Est-ce une campagne plutôt sur la personne, ou plutôt une vraie campagne politique sur l’Europe ?

Une campagne sur la personne à l’échelle européenne, ne marchera pas vraiment, en raison de l’absence de listes supranationales. On n’a pas des médias transnationaux, ou très peu etc. Donc, ça restera une campagne forte axée sur le territoire où on est élu.

Qui connaît Martin Schulz en dehors de la sphère européenne, dans un quartier de Vilnius par exemple ? Les gens vont croire que c’est un auteur de film, ou autres. Alors oui, il y aura une personnalisation limitée au niveau des circonscriptions nationales.

Il faut donc accepter que les électeurs ne puissent pas voter pour des gens : les Allemands, ne peuvent pas voter pour Guy Verhofstadt, mais seulement pour des Allemands. Les citoyens devront donc plutôt voter pour une personne qui incarne un projet et un style. Tant que l’on n’a pas de listes transnationales, ces élections restent hybrides. Donc, on verra bien ce que ça donnera en termes de perception de la population. Quel sera le taux de participation dans d’autres pays ?

On parle toujours d’une élection qui pénalise les gouvernements en place dans les différents pays. Il est impossible de faire une campagne sur le bilan politique de tel ou tel membre ou groupe parlementaire. Ne faudrait-il pas une campagne fondée sur les accomplissements des groupes politiques pendant cinq ans ?

Pour moi, c’est un exercice obligatoire : un groupe politique doit sortir une ligne de force, et défendre ce qu’il a fait, que ce les victoires ou les défaites. Généralement, les familles politiques n’évoquent pas ce qu’ils ont perdu. Mais elles ont tort d’ailleurs, parce que je pense qu’à un moment donné, les gens ne sont pas idiots. Mais la modestie ou le réalisme n’est pas ce qui caractérise les élus.

Mais par contre, ce n’est pas suffisant. Moi qui fais de la politique depuis longtemps, y compris au niveau national, on ne fait pas campagne sur un bilan. C’est paradoxal dans une campagne, on ne s’intéresse pas au bilan. Les campagnes durent entre un mois et un mois et demi. et sont très volatiles. On doit le faire, mais ce n’est pas forcément très intéressant. Les gens n’ont pas tellement envie de savoir, si vous avez voté telle ou telle chose. Ils ont surtout envie de sanctionner ou de soutenir. Ils ne sont pas intéressés par l’ensemble du bilan.

Le bilan est indispensable, mais ne fédère pas. […]

Le bilan, c’est le plancher. La campagne, c’est un niveau au-dessus. Il y a des gens qui sont intéressés, qui se posent des questions sur le contenu, les acteurs et le qui, où, comment ? Mais on s’adresse à des publics extrêmement différents, et il faut donc calibrer les messages.

Lors de la campagne de 2009, on essayait de parler beaucoup de l’équilibre hommes/femmes au sein du Parlement. Cette fois-ci, on l’aborde peu. Peut-on considérer que c’est quelque chose d’acquis ?

Au Parlement même, les femmes ne sont pas trop mal représentées. On est à peu près 30 %, ce qui n’est pas mal, comparé au niveau national, surtout lorsque l’on prend en compte que les listes sont décidées au niveau national, où les règles diffèrent d’un pays à un autre. Ce n’est pas le Parlement européen qui peut le décider. Tant qu’il n’existe aucune règle transnationale, il faut respecter les règles des États membres. Il y a des règles nationales qui sont plus contraignantes que d’autres, il y a des partis qui ont des règles plus contraignantes que d’autres.

J’espère qu’on aura un peu plus de femmes au Parlement. Mais par contre, le nombre de femmes dans le prochain exécutif me préoccupe.

Mais je m’inquiète encore plus du recul en matière de droits des femmes quand je vois ce qu’il se passe en Espagne et en  France. Les demandes de modification de la loi  Veil à la suite des manifestations contre le mariage pour tous, le rapport Estrela du Parlement sur la santé reproductive, sont des choses incroyables que je n’aurais jamais cru voir, moi qui suis rentré en politique en tant que militante pour une législation en faveur de l’avortement. Je suis sciée, trente ans après, d’être confrontée encore aux mêmes arguments idiots sur le fœtus qui est vivant, etc. L’argument n’est pas là. Un droit n’est pas une obligation. Les femmes ne sont pas contraintes de faire ce qu’elles ne veulent pas. La montée des réactionnaires, portées également par des femmes, m’inquiète.

Les autres débats sont des débats sur les principes, par exemple sur la parité 50-50. Mais les droits des femmes, portent sur ce qui leur permettra d’être reconnues comme des individus à part entière, capables de mener une vie personnelle et une vie professionnelle, etc. C’est une chance de pouvoir être mère et de pouvoir travailler. Il y a des études qui montrent que le fait d’être mère est un atout, y compris dans les entreprises. Les entreprises sont des milieux principalement masculins. Le fait d’engager une mère, ou une jeune mère, même s’il faut lui aménager du temps de travail, c’est une chance ! Si on les valorise, si on les intègre bien dans la vie de l’entreprise, ça donne un input incroyable ! Être parents, c’est une expérience tellement dingue, ça donne aux gens une force plus grande, si on leur donne les possibilités matérielles.

Donc, il y a deux enjeux : non seulement le Parlement continue de grandir en termes du nombre de femmes, et j’espère que ce sera le cas. Et il nous faut du 50-50 au sein de l’exécutif européen. Il nous faut du 2-2, et non pas rajouter Madame Ashton, parce qu’on a déjà trois hommes.

Et puis, il y a l’enjeu des droits des femmes. Les périodes de crise ont toujours été des périodes de recul pour les droits des femmes.

 […]

Si vous deviez refaire cette expérience depuis le début, que feriez-vous différemment ?

Il faut réfléchir sur un droit d’initiative des parlements. 

Propos recueillis par Daniela Vincenti, rédactrice en chef d’EurActiv.com 

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