French industry chief: 'We insist on reciprocity at all levels'

  

The European Commission should depart from its current silo thinking and look at specific industrial sectors from a holistic perspective, which takes into account competition rules, state aid and environmental policy in an international context, argues François Gayet.

François Gayet is General-Delegate of the Cercle de l'Industrie, a group bringing together around 30 CEOs of major French industrial groups. He spoke to EurActiv's editor Frédéric Simon.

This interview is available in French only.

Monsieur Gayet, vous êtes délégué général du cercle de l'industrie, qui rassemble une trentaine de grands patrons d'industrie française. La politique industrielle en Europe, est-ce que ça existe vraiment selon vous ou est-ce encore quelque chose d'un peu incantatoire?

C'est plus incantatoire que réel même si ce qui avait été annoncé par la Commission européenne en octobre 2010 allait dans le bon sens. Depuis la Commission a adopté de nombreuses initiatives, mais on peut encore difficilement parler d’une politique industrielle à l’échelle européenne. Je pense que le moment est venu de passer des intentions aux actes.

Qu'est-ce qui pourrait selon vous être l'élément déclencheur du lancement d'une telle politique aujourd'hui alors que l'Europe a échoué à le faire pendant de si longues années ?

La raison c’est la perte progressive de la compétitivité industrielle de l’Europe. Pas dans son ensemble puisqu'il y a des pays ou des régions qui demeurent tout à fait compétitives et qui ont des balances commerciales excédentaires.

Mais d'une façon générale, l’Europe a perdu des parts de marché par rapport aux autres pays, en particulier les pays émergents. Et la crise actuelle ne fait que renforcer la nécessité de développer des politiques industrielles, pas seulement au niveau européen mais au niveau national, et on s'y emploie de façon active en France.

Quelles sont selon vous en quelques mots les plus belles avancées depuis les 20 dernières années au niveau européen en matière de politique industrielle ?

Là, vous me posez une colle…

Les principaux points noirs alors ?

Ecoutez, les points noirs, on peut l'exposer en creux, c’est le fait que la Commission prenne de nombreuses initiatives mais qui ne sont malheureusement pas coordonnées sous une rubrique de compétitivité de l'industrie. Et du coup, on a l'impression que chaque Commissaire, chaque direction générale, a tendance à agir dans son coin.

Si on prend l'exemple de la politique environnementale, il est clair que l'industrie soutient et investit énormément pour réduire l'impact carbone de ses activités. Mais le fait que la Commission prenne des initiatives qui sont un peu isolées dans le monde, comme la directive ETS, oblige nos entreprises à payer des taxes supplémentaires alors que leurs concurrents n’ont pas les mêmes contraintes.

Donc ce que vous dites, c'est que la Commission prend des initiatives qui ont un impact important sur l'activité industrielle, mais sans jamais agir de manière consciente ?

Exactement. Et dans nos recommandations, on considère qu'une politique industrielle efficace à l'échelle européenne nécessite que les cadres politique et législatif soient mieux intégrés et axés sur la compétitivité.

Et donc que les objectifs  de compétitivité qui sont fixés dans les stratégies européennes, je pense notamment à la stratégie 'Europe 2020', soient intégrés à toutes les politiques qui affectent l’industrie – que ce soit la concurrence, la politique commerciale, l'environnement, la recherche, etc. – et convergent vers une plus grande compétitivité de l'industrie.

Vous avez mentionné la concurrence, estimez-vous que la Commission fait le jeu des producteurs étrangers plutôt que des Européens en appliquant une politique très stricte de concurrence ouverte ?

Oui, c'est vrai dans certains secteurs. Il s'avère que la Commission a lancé au premier semestre 2012 un processus de réforme générale des règles de contrôle des aides d’Etat. On recommande qu'elle prenne en compte dans ses analyses l’environnement international dans lequel évoluent les entreprises.

A quels secteurs pensez-vous en particulier ?

Beaucoup. Dans l'automobile par exemple, l'Union Européenne a investi 700 millions d'euros dans la recherche entre 2007 et 2013, mais pendant ce temps les Etats-Unis investissaient 18 milliards de dollars et la Chine 100 milliards de yuans, c'est-à-dire 12 milliards d'euros. Donc on voit bien qu’on est loin du compte.

Une des premières recommandations de notre document c'est donc de prendre en compte l'environnement international et d'en faire une analyse secteur par secteur pour que les règles de concurrence européennes ne soient pas défavorables à nos industries.

En général, il est clair que beaucoup de secteurs se plaignent de concurrence déloyale de la part des pays tiers.

En matière de subsides, des recours sont toujours possibles devant l’OMC, on l'a vu avec Airbus et Boeing…

Oui bien sûr mais ce qu’on voit, c'est que la Commission européenne a une attitude très libérale, très ouverte, et qu'à l’inverse, les grands pays émergents, les Etats-Unis et le Japon ont des marchés beaucoup plus contrôlés et fermés.

Et donc on a des politiques qui sont disproportionnées entre ces grands pays, ces grands continents, et l’Europe. Je n’appellerais pas ça de la naïveté mais on est dans une situation dans laquelle on est en permanence concurrencés par des pays qui n’ont pas les même règles et ne jouent pas le même jeu.

L'Europe a tout de même connu des réussites en matière de politique industrielle comme Airbus par exemple. Est-ce selon vous le modèle à suivre dans d'autres secteurs ?

C'est certainement un bon modèle. Il s’appuie sur une équation économique qui est plutôt favorable puisque que le marché est en croissance, et qu'il y a un nombre de fournisseurs qui est limité par les consolidations en Europe mais aussi aux Etats-Unis puisqu'ils sont passés de deux ou trois constructeurs à un seul.

Et les Européens ont accepté d’aller par étape vers une société intégrée avec des enjeux industriels forts dans au moins quatre pays – l'Allemagne, la France, l'Espagne et la Grande-Bretagne.

Quatre pays seulement pourrait-on dire, ce n'est pas l’Europe à 27 qui est impliquée. Est-ce que faire une politique industrielle ne revient pas à faire ce genre de choix, est-ce que ça ne revient pas finalement aussi à exclure ?

Airbus n'aurait pas pu exister si les Etats n’avaient pas donné leur accord. Et on voit bien dans les discussions aujourd'hui avec les Britanniques, l'importance que les Etats accordent à des formes de supervision, de contrôle.

La situation n'est pas la même dans le marché de l'automobile par exemple ou même de l'énergie, où le jeu est plus ouvert. Mais on peut penser qu'un modèle équivalent puisse être lancé dans le secteur naval par exemple, où la création d'un EADS naval aurait du sens.

Airbus a instauré un modèle assez compliqué, basé essentiellement sur l'implication des Etats qui veulent un 'retour sur investissement' en terme de production et d'emploi sur leur territoire. Tout ça génère des conflits de gouvernance. On le voit également avec Galileo…

Oui, c'est sûr que ça fait partie des contraintes. Mais si les règles au départ sont relativement claires, s’il n’y a pas un interventionnisme permanent, c’est un modèle qui marche. Airbus est devenu une société plus que compétitive malgré ces contraintes. Donc on ne voit pas pourquoi ça ne pourrait pas se retrouver dans d’autres secteurs.

Le Cercle de l'Industrie soutient une approche par secteur. Qu'est-ce que ça signifie en pratique ? La Commission devrait-elle examiner chaque secteur un par un et revoir toute la législation européenne qui les affectent ?

Premièrement on encourage la Commission européenne à soutenir de façon très ciblée un nombre limité de secteurs et de technologies stratégiques, ce qu’elle a commencé à faire. Et la première règle, c'est que ces secteurs doivent être identifiés de façon objective, claire, transparente…

A quels secteurs pensez-vous ? Les nanotechnologies, la voiture électrique ?

Oui, c’est ça. Le cadre financier pluriannuel pour la période 2014-2020 est en train de se dessiner et on espère qu'il y aura une augmentation du budget global de l’UE pour la recherche et le développement. Et notre souhait c'est que les règles soient simplifiées et que les budgets soient attribués à un nombre limité de secteurs qui représentent les technologies du futur.

Pour ça il faudrait qu'il y ait consensus autour de ces secteurs et la Commission a toujours voulu éviter ce genre de disputes en adoptant une approche agnostique en matière de technologie. Vous souhaiteriez que la Commission abandonne sa neutralité technologique ?

Oui, et elle a déjà commencé à identifier les secteurs-clé avec les Key Enabling Technologies. Notre seul souhait c'est que les critères de sélection soient objectifs, clairs et transparents. Et après ça, que la Commission mette autour de la table les acteurs publics et privés : on a vu que ça pouvait marcher avec l'initiative Clean Sky. Et qu'il y ait également une coordination avec les efforts de recherche dans chaque Etat, ce qui est le cas dans un certain nombre de secteurs.

Au final, si on met tout ça bout à bout, ça veut dire premièrement qu'on a choisi des secteurs et qu'on comprend pourquoi on les a choisis, deuxièmement qu’on a fait intervenir les acteurs publics et privés, et puis troisièmement qu'on fédère ou qu'on coordonne les investissements dans ces secteurs pour préparer le futur. Avec ça, on a une vraie politique industrielle.

Quels devraient être selon vous les critères pour choisir ces secteurs ?

C'est en particulier les secteurs porteurs de technologies futures. Vous en avez cité, il y a les nanotechnologies, les biotechnologies, la voiture électrique, l'avion du futur, les économies d'énergies, je ne vais pas tous les citer.

Tous ces secteurs sont porteurs de développement dans le futur et ont un réel besoin, en particulier en Europe, d'une aide au financement en R&D pour permettre à nos entreprises d'être compétitives dans ces secteurs au niveau européen et au niveau mondial.

Vous avez mentionné le système ETS d'échange de droits d'émission carbone. C'est un système qui fixe justement des objectifs clairs à chaque pays et a chaque secteur en termes de réduction d'émissions polluantes. Dans ce domaine, des choix clairs ont été faits mais qui ne satisfont pas tout le monde car il y a des gagnants et des perdants.

Oui, c'est sans doute vrai. Vous savez, les industriels ne sont pas contre l'ETS, ils sont contre l'ETS en Europe uniquement. Si je reprends l’exemple de l'aéronautique, il est clair qu'un ETS de l'aéronautique n'a de sens que s'il est mondial.

Donc l'Europe doit mettre tout son poids dans les négociations à l’OACI pour qu'il y ait une règle qui soit partagée par tous les acteurs du transport aérien au niveau mondial et pas uniquement une règle imposée aux Européens ou a ceux qui viennent en Europe. Parce que forcément on crée une distorsion de concurrence qui va être préjudiciable et qui va affaiblir l'industrie européenne du transport aérien.

Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, a accusé les constructeurs automobiles sud-coréens de se livrer à "un dumping inacceptable" qui expliquerait en partie les difficultés de Peugeot. Partagez-vous son analyse ?

Je la partage à titre personnel. Maintenant, en tant que délégué général du Cercle de l'Industrie, je ne peux que constater que dans un certain nombre de secteurs, il y a ce qu'on peu appeler des concurrences déloyales qui sont dues à plusieurs phénomènes.

Pour citer un tout autre exemple, il y a par exemple 25% des pneus des motocyclettes qui ne répondent pas aux normes européennes et qui sont importées à des coûts qu'on peut imaginer plus bas et qui faussent le marché.

Il y a eu tout de même un accord de libre échange entre l'UE et la Corée du Sud, doit-il être revu selon vous ?

Oui, on insiste auprès de la Commission pour qu’il y ait une véritable réciprocité à tous les niveaux et en particulier au niveau environnemental. Et la Commission a du mal à accepter ce terme de réciprocité. Mais je crois qu'aujourd’hui on en parle un peu plus à Bruxelles. C'est comme la politique industrielle, les idées font peu à peu leur chemin.

Vous partagez donc l'avis de Nicolas Sarkozy, lorsqu'il est arrivé au pouvoir en 2007, que l'UE est trop naïve dans sa politique commerciale ?

Oui.

Les choses n'ont donc pas bougé depuis selon vous ?

Les choses bougent et je pense que l'impact et le soutien des Etats membres est important dans ce domaine. Dans le cadre des négociations d'accords de libre-échange, il est clair qu'on s’attend à ce qu'il y ait des exigences de réciprocité plus importantes que dans le passé.

Etes-vous en faveur d’une sorte de préférence européenne dans l’attribution des marchés publics ?

Ce n’est pas ce qu’on demande. On sait très bien que toute mesure qui prend une allure de protectionnisme à des effets négatifs à terme parce que les autres parties du monde qui sont concernées en feraient autant.

L’idée c’est d’aller dans ces négociations de libre-échange après avoir bien analysé l’environnement économique du partenaire avec lequel on va signer cet accord et de mettre le doigt sur ce qui n’est pas acceptable pour une concurrence que j’appellerai ouverte et loyale. C’est là-dessus que nous nous battons, et pas pour une préférence européenne qui n’est pas forcement l’objectif.

Pour revenir à la Corée du Sud, les entreprises françaises ont globalement profité de cet accord, notamment l'industrie du luxe. Les exportations françaises vers la Corée ont augmenté de 30% en 2011...

Tant mieux, mais ce n'est pas une raison pour que certains secteurs soient pénalisés parce que la concurrence est déloyale.

Pour revenir à l'Europe, le marché unique a largement bénéficié aux entreprises en abolissant les frontières pour les investisseurs. Par contre, les avancées ont été quasiment inexistantes dans le domaine social où les 27 continuent à se livrer à une concurrence musclée. Le social, selon vous, est-ce que ça ne serait pas la pièce manquante du puzzle européen en matière de politique industrielle ?

Ce n’est pas la seule pièce manquante mais c’est en tout cas une pièce majeure. Et nous avons clairement fait savoir à la Commission que nous soutenions le paquet pour l’emploi qu'elle a publié en avril 2012. On encourage également à ce que les qualifications professionnelles soient mieux reconnues entre différents pays, en particulier pour les métiers techniques, technologiques et à haute valeur ajoutée.

Et puis qu’il y ait une 'transférabilité' des droits sociaux, en particulier de la sécurité sociale et des pensions, ce qui est un énorme chantier, pour avoir plus de mobilité dans les emplois, en particulier de haute technologie. On voit bien que certains pays, l'Allemagne en particulier mais la France aussi, manquent de candidats.

C’est un sujet qui est sur la table depuis plusieurs années déjà, on sait que certains pays comme la Grande-Bretagne sont farouchement opposés à toute harmonisation européenne au niveau social. Faut-il avancer avec un groupe plus restreint d'Etats membres, peut être les 17 de la zone euro ?

Pourquoi pas. Il est clair que comme dans beaucoup de domaines, une discussion entre les Français et les Allemands peut permettre d'avoir des positions qui se rapprochent et ensuite d’élargir à d'autres pays.

Revenons un moment si vous le permettez sur un sujet qui a agité l'actualité en France cet été, la fermeture du site Peugeot d'Aulnay. Le PDG de Peugeot, M. Varin, qui est aussi le Président du Cercle de l'Industrie, a déclaré à l'époque que le coût du travail en France est trop élevé. Le coût élevé du travail, c'est un problème spécifiquement français ?

Oui, c’est un problème spécifiquement français mais d’autres pays ont les mêmes difficultés. Nous avons identifié la nécessité de ce que nous appelons un choc de compétitivité avec un transfert massif des charges sociales essentiellement patronales vers d'autres sources de financement. Et nous savons que le gouvernement actuel y réfléchit car il a demandé à Louis Gallois de faire des recommandations et propositions pour mi-octobre.

Vous semblez indiquer des réponses au niveau français. Doit-il également y avoir une réponse européenne au problème du coût du travail ?

Quand on voit les excédents commerciaux de l'Allemagne, je ne suis pas sûr que le problème se pose avec la même acuité au niveau européen. En plus je ne vois pas ce que la Commission pourrait faire, le système de taxation et le coût de travail restent un enjeu très national.

Par contre ce qu’on peut espérer c’est que, étape par étape, on arrive à faire se rejoindre les systèmes de chaque pays, mais c’est un énorme chantier et on n’est y pas encore.

Les disparités en termes de coût du travail et de législation sociale eu sein de l'UE ont put bénéficier aux entreprises françaises. Peugeot par exemple a pu  localiser une partie de sa production en République Tchèque où les coûts du travail sont moins élevés…

L’industrie en général, leur responsabilité, c’est d'optimiser la façon dont ils gèrent leur business sur un plan national et européen, voire mondial. Chacun cherche les meilleures équations, si c’est possible, tout en respectant les législations en vigueur dans chaque pays.

Le problème, en effet, c’est quand il y a des grandes disparités qui entraînement une distorsion. Je crois que les Européens ont maintenant compris que d’avoir des systèmes de taxation aussi différents que ce qu'il y avait en Irlande, en France ou en Allemagne ne peut pas continuer indéfiniment, au risque de voir l’industrie transférer des activités au gré des évolutions fiscales.

Notre leitmotiv c’est de dire qu'il faut plus d'harmonisation mais aussi plus de stabilité dans les systèmes fiscaux, en particulier en France, de telle sorte que les industriels ne passent pas leur temps à faire des plans, à les défaire et à les refaire. Compte tenu de la durée des investissements nécessaires, qui sont étalés sur plusieurs années, voire plusieurs dizaines d'années, les choix sont importants. Si la législation évolue d'année en année ou de législature en législature, les industriels n'y arriveront pas. Et là, la perte de compétitivité devient rapidement importante.

Toute tentative d'harmonisation sociale au niveau européen risque d'entraîner un nivellement par le bas en France où la protection sociale est généralement plus élevée que la moyenne. Une réforme de ce genre serait probablement inacceptable en France, n'est-ce pas ?

Oui, vous mettez le doigt sur la partie sensible et difficile. Mais c’est comme dans toute recherche de compétitivité, il faut essayer d'optimiser les paramètres. Et je crois que les Français maintenant ont compris que si rien ne se passe, si on continue sur la lancée actuelle, on va droit dans le mur. L'état finirait par faire faillite, n'ayant plus la possibilité de financer les régimes sociaux, les retraites, etc.

Donc on est bien déjà au niveau national dans une équation économique dans laquelle il va falloir réduire les charges d’un côté et les transférer sur des taxes – peut-être la CSG, des taxes environnementales, une TVA dite 'sociale' – que sais-je, c'est le rôle du gouvernement. Mais il est clair qu'il va falloir faire ces transferts.

Après, on peut se poser la question au niveau européen de comment nous allons gérer ça. Et si on veut qu'il y ait à terme un système, peut-être pas unique mais avec des points de convergence, il y aura forcément à négocier. Et qui dit négocier dit donnant-donnant…

Justement, quelles sont les contreparties qui pourraient être apportées aux syndicats dans le cadre d'une négociation au niveau européen ?

Améliorer la compétitivité des entreprises, c'est également permettre à terme de régénérer de la croissance et de l’emploi. Donc je crois que la vraie contrepartie elle est là : sortir d’un système dans lequel le nombre de chômeurs augmente de trimestre en trimestre.

Notre système productif s’est beaucoup dégradé ces dernières années en terme économique. Donc il faut retrouver ça et ça va prendre je dirai entre 5 et 10 ans.

Un petit peu comme Gerhard Schröder a fait en Allemagne il y a quelques années ?

Oui, voilà. Je pense que les Allemands ont eu le mérite déjà de prendre le temps de s'asseoir et de négocier, parfois durement, ces paquets de compétitivité-emploi. Et ensuite lorsqu'ils ont trouvé ces accords entre syndicats, patronat et le gouvernement, ils ont mis en place les mesures correspondantes et du coup on a vu les résultats, qui sont spectaculaires sur la durée. Mais ça a pris 10 ans.

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