Engage sports federations in politics

  
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Engaging sports movement in politics would be a chance for Europe. In 2010 only 1% of French people were members of a political party - one of the lowest rates among EU member states - while 24% signed up to belong to a sports federation, writes Nadège Chambon.

Nadège Chambon is Senior fellow at the Paris-based think tank Notre Europe-Institut Jacques Delors. 

"Depuis 60 ans, le Parlement européen voit ainsi ses pouvoirs constamment renforcés. L’initiative citoyenne créée par le Traité de Lisbonne entrouvre le processus législatif aux citoyens européens, le dialogue social est institutionnalisé depuis les années 1980. En revanche deux chaînons manquent : les partis politiques pour la démocratie représentative et le dialogue civil pour renforcer la démocratie participative, celle qui nous intéresse ici.

Pour Jacques Delors la démocratie ne se contente pas des trois catégories « gouvernants - opinion publique - médias ». Les associations, donc celles consacrées au sport aussi, sont une pièce maîtresse de la démocratie et leur absence laisserait un vide dangereux. Ce sont des corps intermédiaires qui permettent à la société civile de s’organiser pour la défense de leurs intérêts. Elles responsabilisent le citoyen en lui donnant un levier d’action. Leur diversité et leur vitalité offre la possibilité de nouer un dialogue entre gouvernants et gouvernés par leur intermédiaire. Encore faut-il le structurer.

Depuis les années 1990 l’UE cherche à impliquer davantage les citoyens dans le processus législatif. L’article 11 du TUE prévoit que les institutions européennes « mènent un dialogue ouvert, transparent et régulier avec les associations représentatives de la société civile. » Des contacts existent déjà, les directions générales de la Commission européennes ou les eurodéputés rencontrent ces acteurs mais sans cadre institutionnalisé, comme cela se pratique pour le dialogue social qui implique les partenaires sociaux. Seul le Comité économique et social européen a créé un Groupe de liaison (2004) pour un dialogue politique avec ces organisations et réseaux.

L’institutionnalisation du dialogue civil européen est en voie d’affirmation. Le Forum civique a proposé des pistes en 2010 mais des questions restent en suspens. Se pose notamment la question de la représentativité : comment sélectionner les interlocuteurs alors que leur nombre est foisonnant, qu’ils sont parfois insuffisamment organisés et structurés ? En reconnaissant certains ne va-t-on pas rigidifier artificiellement la structure alors que par définition la société civile est mouvante ?

La construction de ce dialogue est devenue une urgence avec la montée de l’abstentionnisme aux élections européennes et l’implication du mouvement sportif européen serait une chance pour l’Europe.

En 2010 seulement 1% des Français étaient membres d’un parti politique – l’un des plus faibles taux parmi les Etats membres - tandis que 24% étaient licenciés d’une fédération sportive. Ce seul chiffre permet aisément de comprendre l’opportunité d’impliquer les organisations sportives. Leur rôle serait de faire remonter les aspirations des citoyens et en même temps d’expliquer les décisions prises. Par un dialogue régulier avec les acteurs institutionnels elles permettraient à ces derniers d’être plus en prise avec l’évolution de la société européenne. Elles y gagneraient en visibilité et légitimité. Cette interaction entre l’UE et les organisations sportives devrait être porteuse car les deux parties partagent les mêmes valeurs et se heurtent aux mêmes difficultés quand l’équilibre de ces dernières n’est pas respecté : « la compétition qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit. »

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