Think-tank: Global food security ‘threatened by liberalisation’

Liberalising global agricultural trade without any regulation would threaten global food security as private investment funds would buy huge amounts of land in developing countries and produce for a profit rather than to feed the poor, warned Jacques Carles, founder of French think tank Momagri. 

Jacques Carles is the founder and managing director of  Momagri , 'Mouvement pour une organisation mondiale de l'agriculture', a French agricultural think-tank. 

He was speaking to EURACTIV's Outi Alapekkala.

To read a shortened version of this interview in English, please click here.

En quoi consiste le modèle Momargi? 

La notion de 'solvabilité' nous tient en effet beaucoup à cœur. Chaque Etat et chaque région a un potentiel agricole et alimentaire. Et ce potentiel n'est pas toujours utilisé comme il devrait l’être car il n'y a pas les investissements nécessaires. C’est surtout le problème des pays pauvres. La Banque mondiale n'a octroyé que 3% de ses crédits pour l'agriculture depuis trente ans tandis que 80% des pays pauvres vivent de l’agriculture. Il y a donc une déconnection complète entre l’investissement public international et les besoins de ces pays. D’où l’immigration rurale bien visible dans les pays les plus pauvres et le chômage important dans les grandes villes. 

Ils ont appliqué un modèle qui était le modèle européen du XIXe siècle et qui disait que l'immigration rurale était utile pour l’industrialisation. Les industries se créaient autour des villes, les paysans quittaient les campagnes et devenaient ouvriers dans les entreprises industrielles qui se situaient autour d'elles. 

Ce modèle ne fonctionne absolument plus au XXIe siècle, pour plusieurs raisons:

La démographie est complètement disproportionnée par rapport à ce qu’elle était au XIXe siècle où on comptabilisait moins d’un milliard d’habitants. 

L'industrie est moins consommatrice de main-d'œuvre qu'elle ne l'était au XIXe siècle. Ce sont les services qui occupent aujourd'hui l'essentiel de la population. Donc la population rurale des pays pauvres qui émigre dans les villes ne trouve pas d’industries ou d'entreprises de services pour les employer. Il y a donc un décalage total et il est très urgent d’investir dans l’agriculture de ces pays. 

Or, comme les institutions internationales pensaient que le phénomène d’immigration rurale allait se dérouler comme en Europe au XIXe siècle, elles n'ont quasiment pas investi dans l’agriculture. Ainsi, aujourd'hui ce sont les fonds d'investissement souverains qui investissent dans les pays les plus pauvres, qui achètent des centaines de milliers d'hectares, non pas pour alimenter les pays en question, mais pour réexporter la production faite sur la terre achetée. 

On est dans un système excessivement dangereux. Il faut bâtir au niveau international une organisation mondiale de l'agriculture qui régule tant au plan des investissements, qu'au plan des prix et de la distribution alimentaire. 

En disant cela, on se situe au confluent des problématiques agricoles et des problématiques de préservation de l’environnement et de développement. Notre approche consiste à assurer un bon équilibre entre ces trois grands enjeux. Développer l'agriculture là où elle doit être développée, préserver l'environnement et aider au développement. Il ne faut pas être dans un processus qui à mon avis est totalement dépassé et qui est de dire 'on libéralise le commerce mondial et ça va être bon pour tout le monde'. C’est une vision des années 70. C’est la vision d’une activité purement commerciale. D'autant plus que dans l'agriculture, il n'y a que 5 à 10% de la production agricole qui est échangée. L'essentiel est consommé sur place. 

Le problème numéro un est donc d'assurer un niveau de production suffisant pour que la consommation augmente et non d’assurer un commerce totalement ouvert. Ce commerce ouvert est soumis à une spéculation extrêmement forte, notamment sur les matières premières. 

Il y a aussi un facteur que tout le monde a oublié, ce dont on se rend compte aujourd'hui: la volatilité des prix agricoles. Depuis toujours, les prix des produits agricoles sont très volatils. Ils évoluent, par exemple, dans un rapport de un à cinq d'une année à l'autre pour les céréales. Comment voulez vous assurer le développement de l'agriculture mondiale avec des prix aussi volatils? Et si on laisse le commerce totalement libre, i l n'y aura pas d'autorégulation des marchés. Bien au contraire. 

Momagri  propose division du monde en différentes zones au sein desquelles le commerce agricole serait régulé afin d'atténuer la volatilité des prix?

Tout à fait. Ce sera à l'organisation mondiale de l'agriculture que nous appelons de nos vœux de déterminer pour chacune de ces zones des prix d'équilibre, c'est-à-dire des prix de référence équitables pour les principaux produits agricoles, aussi bien pour le consommateur que le producteur. 

Autour de ces prix d'équilibre, les marchés évolueront sans contrainte au sein des zones de variation de prix où les Etats ne pourront pas intervenir. En revanche, lorsque les prix d’écarteront de cette zone, l'intervention publique sera nécessaire pour éviter les crises. 

Si une année le prix du blé est durablement au-delà de 300 dollars, c'est un problème majeur pour les pays pauvres et des émeutes de la faim peuvent se produire. Si l'année suivante le prix est à 150 dollars, là c'est dangereux pour les agriculteurs qui sont loin de couvrir leurs coûts. On a chaque année soit une forte augmentation, soit une forte baisse des prix. Nous sommes donc dans un cercle vicieux qui fait que l'agriculture va progressivement être aux mains des spéculateurs. Car qu’est ce qui est intéressant pour eux? Que les prix varient beaucoup. Ils gagnent à la baisse et ils gagent à la hausse. Si, de plus, ces spéculateurs possèdent des territoires importants, ils vont peser sur les prix. 

Faute d’un tel mécanisme, l'émigration rurale va s'intensifier dans les pays pauvres et se poursuivre dans les pays riches. A un moment donné, ça va devenir dangereux pour l’équilibre mondial. Si on veut que le marché reste libre et que le commerce international se développe, il faut donc qu'il y ait un minimum de régulation en cas de crise et des indicateurs à partir desquels on donne un signal aux spéculateurs en disant 'attention, si les prix dépassent un certain niveau, il va y avoir une intervention publique'. On découragera donc la spéculation. Et cela coûtera beaucoup moins cher. 

Imaginez par exemple au niveau de la Communauté européenne que si le prix du blé varie entre 130 et 200 euros, il n'y ait pas d'intervention publique. Les agriculteurs s'assureraient eux mêmes au sein de cette fourchette. On peut même concevoir qu'ils bénéficient d’une prime forfaitaire en fonction de la surface cultivée pour s'assurer. En revanche, si le prix devient inférieur à 120 euros, l'Union européenne mettrait en œuvre des achats à prix garantis. 

Les négociations de l’OMC ne sont-elles pas suffisantes?

Au lieu de négocier à l'OMC sur les droits de douane et d’autres aspects très techniques que comprennent peu de spécialistes dans le monde, il faudrait assurer un niveau de production suffisant pour les consommateurs qui vont beaucoup augmenter dans les 30-40 ans à venir. Le but est quand même d’assurer un niveau de production suffisant et à des prix acceptables, aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs. Cela ne peut marcher que dans le cadre d'une coopération internationale, avec des références communes au niveau du prix d'équilibre et avec des règles du jeu moins complexes que celles de l'OMC. 

On définit des zones de variations de prix et on laisse le marché fonctionner. C'est très positif pour le commerce international. Par contre, en cas de crise on prévient, on met en place des procédures. Le temps de négociation sera très pour mettre tout le monde d'accord sur les procédures. Mais après on s’engagera à mettre en œuvre ces procédures collectivement. Par exemple, en cas de sécheresse, on peut utiliser des stocks au sein de différentes zones pour rééquilibrer le marché. 

Tout cela nécessite que tout le monde se mette d’accord sur les procédures, mais cela ne sera pas plus compliqué que de négocier les accords de Doha. On change l'objet de la négociation et on essaie de négocier sur des choses durables. Car les gains de Doha seront très limités. 

Le cycle de Doha est en réalité une imposture car il s’appuie sur le résultat d’un modèle de la banque mondiale qui dit que les bénéfices de la libéralisation iront aux pays pauvres. Mais quand on regarde le modèle de la banque mondiale, il n'y a pas de différence entre les riches et les pauvres. Et on ne peut pas juste dire que les bénéfices iront au plus pauvres si l'on ne sait pas à l'avance! 

Qui investira un Afrique sub-saharienne, par exemple?

La course à la terre a déjà commencé. Les fonds d’investissement des Etats comme la Corée, la Chine ou les Emirats, ainsi que des fonds d’investissement financiers, ont fait un calcul très simple, en partant du principe que le commerce international se libéralise de plus en plus: 'si j’ai acheté suffisamment de terres: comme le commerce mondial représente une faible proportion de la consommation internationale et qu’il est très spéculatif, je vais pouvoir faire des gains considérables car je vais avoir une influence sur la spéculation'. 

C'est ce qui est en train de se passer. Investir dans la terre est considéré aujourd’hui comme un investissement des plus rentables. Les fonds d’investissement cherchent des terres partout. Cela ne coûte pas grande chose. Dans des Etats africains, on peut avoir des centaines de millier d’hectares de terres pour un prix faible. Que font ensuite ces fonds ? Ils envoient des milices privées sur le terrain pour sécuriser les lieux. En d’autres termes, pour chasser les paysans qui étaient là et déforester. Ils plantent des cultures d’exportation et réexportent toute la production. Cela ne profite donc absolument pas au pays. 

C'est ce modèle là qui est en train de se mettre en place, si nous laissons le commerce international se libéraliser sans régulation. 

En quoi votre système sera-t-il meilleur?

Dans le système Momagri, il est toujours intéressant pour les fonds d’investissement et les Etats d'investir. Ce sera toujours aussi rentable car il y a des besoins alimentaires considérables mais ce sera beaucoup moins spéculatif. Vous ajoutez à cela la préservation de l'environnement car il ne part pas du postulat qu’il faut renforcer les échanges.. On va essayer de développer les productions régionales et de réduire le dumping au niveau international.

Pour assurer une production locale, il va être beaucoup plus rentable d’investir dans des pays qui n’ont pas un degré de sécurité alimentaire suffisant et qui dépendent des importations et de l’aide alimentaire. Cela sera plus rentable pour les pays, pour les investisseurs et pour l’environnement. 

La Chine achète des terres agricoles en Afrique, pour en importer. Mais la question n’est elle pas plutôt 'Comment rendre les investissements des cas pays rentables'?

Il manque un élément dans l'équation que vous venez de présenter: la sécurité alimentaire. Ce qui est en train de se passer actuellement nous conduit vers une situation où de grandes puissances domineront les sources de production alimentaire, comme dans le domaine de l'énergie. Elles pourront ainsi faire pression sur les acheteurs et les consommateurs. Le système qui est en train de se mettre en place aujourd'hui ne concoure pas à la sécurité alimentaire mais à mettre en place une industrie de l’agriculture qui sera complètement financiarisée et qui sera très dangereuse pour l'équilibre des relations internationales. 

Les Chinois n’investissent pas tellement pour faire du profit mais pour compléter leur production alimentaire. La sécurité alimentaire est un enjeu pour tout le monde, aussi bien pour les Chinois que pour les Africains. Notre projet de coopération internationale est un bon équilibre entre la sécurité alimentaire et l’efficacité économique. Nous n'allons naturellement pas dire au gens qu’ils vont investir à tel endroit et faire zéro profit. C’est absurde. Mais nous sommes convaincus qu’il y a un réel intérêt d’une région à augmenter le degré d'autosuffisance alimentaire d’une région à forte croissance démographique. C’est le cas de l'Afrique. Si vous y investissez, vous garantissez un retour sur investissement par le prix d’équilibre et la marge de fluctuation. Les producteurs sont donc assurés de vendre à un prix acceptable.

Si la Chine s'intéresse à compléter sa production, l’objet des fonds d’investissement financiers est de faire une production massive de céréales, d'huile de palmier ou de bioéthanol, pour peser sur le prix international. 

Nous sommes donc convaincus que pour que les investissements dans l'agriculture soient durablement rentables, il faut qu’il y ait un système de régulation internationale qui fasse que ces investissements ne seront pas trop risqués. Et c’est ce que nous proposons. Autrement, personne n’ira investir dans les pays en voie de développement, sauf les fonds spéculatifs. 

Quelles seront les implications pour le PAC?

La PAC a un budget agricole global de 51,5 milliards d’euros. 50% sont des droits aux paiements uniques (DPU), une sorte de salaire forfaitaire pour les agriculteurs, car les aides directes ont été découplées. Mais pourquoi leur donner un complément de revenu quand ils pourraient vivre sans subvention si on changeait de système? 

Changer de système, c'est dire: pour le blé, le prix d’équilibre – autrefois appelé prix indicatif se situe autour de 150 €. La fourchette de variation où on supprime toute aide au revenu pourrait être de plus ou moins 10%. On donnerait néanmoins aux agriculteurs un complément forfaitaire pour qu’ils financent une prime d’assurance. En revanche, si les prix baissent en deça du prix plancher, on rétablit le système d’intervention avec des aides publiques. Les agriculteurs auront donc une visibilité. Ils seront assurés d’avoir un revenu minimum et cela ne coûtera pas cher parce que pendant 2-3 ans les prix pourraient être suffisamment élevés pour qu’il n'y ait pas d’intervention publique. 

Comment fonctionnera le commerce entre les blocs?

Les Etats-Unis et l'Europe, par exemple, auront probablement les mêmes prix d’équilibre parce qu’ils ont le même niveau de revenu.

Au sein de la marge de fluctuation libre qui sera négociée pour chaque zone économique homogène, les échanges se feront librement. En cas de hausse ou de baisse des prix au-delà des marges de fluctuation, il pourrait y avoir la mise en place de restitution des prélèvements à l'importation et à l’exportation comme cela existe aujourd'hui, mais qui serait différenciée par zones puisque l'on n’aura pas les mêmes prix entre les différentes zones. 

Tout l'intérêt est d’avoir des marges de fluctuation convenables pour limiter les interventions publiques à des cas très limités. 

En revanche, pour les pays les plus pauvres qui ont besoin de développer leur agriculture et d'aider leurs investisseurs, on peut estimer que les marges de fluctuation seront réduites et qu’il y aura un système d'intervention publique dès que les prix varieront un peu. Il y aura donc des clauses de sauvegarde beaucoup plus protectrices pour les pays pauvres que pour les pays riches. 

Qui cotisera dans le système d’intervention publique?

Si les prix sont plus élevés que le plafond, ceux qui en tirent leurs revenus cotiseront: les producteurs, les investisseurs et les propriétaires. C'est incitatif. Les entreprise américaines ou européennes et les coopératives agricoles qui ont de l’argent iront investir dans les pays pauvres en priorité s’il y a une protection plus élevée. Mais, plus ces pays deviendront autosuffisants, plus les marges de fluctuation des prix devront être grandes pour libérer le commerce. 

Il faudra évidemment des clauses pour que les investisseurs ne puissent pas se désengager du jour au lendemain. Sinon, nous retomberons dans un système spéculatif. 

Notre objectif à court terme est de décrire les modalités de fonctionnement de ce système car il faut que les Etats soient bien conscients de ce qu'on leur propose. 

Qu'est ce que vous attendez du sommet mondial sur la sécurité alimentaire?

Chaque semaine les chefs d’Etats se mettent d’accord pour investir. Mais après, on ne sait pas si c’est de la monnaie déjà dépensée ou de la monnaie nouvelle. Et très souvent ils recyclent les fonds déjà utilisés. 

Mais nous, nous ne disons pas qu’il faut 20 milliards ou 10 milliards. Nous disons qu’il faut penser les choses autrement. Il faut amener les Etats à négocier autrement. Et notre rôle est de bâtir les bases de ces négociations, de faire en sorte qu’elles soient alimentées avec des informations utiles. 

Qu'est-ce que vous pensez du cycle de Doha?

Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, a lancé le 'cycle de développement' de Doha avec un certain cynisme. C'était le moyen qu’il a trouvé pour intéresser l’opinion publique au cycle de Doha car le sujet était beaucoup trop technique pour être populaire. En disant qu’aboutir à un accord à Doha allait aider les pays pauvres a rendu ce cycle "attrayant". Mais en réalité aucune étude n’a jamais prouvé ces allégations. 

D'ailleurs, Doha est bloqué. Et les pays en voie de développement se sont rendus compte que si ça aboutissait à un mécanisme sans système de régulation, ça risquait d’être catastrophique pour eux, puisque les grands gagnants allaient être les fonds d'investissement et les fonds spéculatifs. Ces derniers diront, nous pouvons rentrer en Europe et aux Etats-Unis notre production africaine sans droits de douanes. L'investissement ne coûte quasiment rien aujourd’hui et le fait de pouvoir exporter sans avoir de droits de douanes ou de barrières à l’entrée est merveilleux. De plus, nous allons peser sur la bourse et nous allons peser sur les marchés spéculatifs, c'est extraordinaire'. 

Il y a de nombreux dangers. S'il y a un accord à Doha sur les bases actuelles, cela va entraîner un protectionnisme beaucoup plus important de la part de nombreux pays dans les 2 ou 3 ans à venir. Regardez l'Inde et Argentine: l'année dernière, quand les prix étaient plus élevés, ces deux pays ont mis des barrières à l'exportation. La libéralisation est nécessaire mais elle n'est pas suffisante. 

Qui a inventé Momagri?

Momagri a été créé à l’initiative de deux personnes, Pierre Pagesse (président de Limagrain, une grande coopérative française) et moi. Nous y avons associé différents partenaires, d'autres coopératives agricoles et le Crédit agricole, et nous allons nous ouvrir à d'autres partenaires, notamment internationaux. Au fil des mois, de grandes organisations internationales vont faire partie, sans investir, d'un système d'échange. Nous allons également voir comment le FAO et le FMI pourraient faire partie de notre conseil scientifique, qui doit valider les procédures et les méthodologies que nous employons. Nous avons donc à la fois des partenaires scientifiques et financiers, aussi bien français qu’internationaux. 

Momagri a donc été fondé par un noyau de personnalités et s'ouvre depuis à l'international. 

Qui vous soutient actuellement, le gouvernement français?

Momagri est un mouvement indépendant qui a pour mission de convaincre le décideur au premier rang desquels les Etats. Nous accordons un intérêt particulier au soutien des scientifiques, du monde agricole et agro-alimentaire, des institutions financières, des entreprises, des think tanks américains, belges et plus généralement internationaux. L'important, ce sont les idées qu’ils défendent et les outils qu’ils mettent en œuvre. 

Mais en fin de compte, ce sont quand même les Etats qui décident de la politique agricole?

Oui, mais regardez Jean Monnet et Robert Schumann: ils n'étaient pas des Etats mais des personnes privées qui au fil des années ont réussi à convaincre les Etats de leurs idées. Mais pour que les Etats puissent changer leur positionnement par rapport aux grands sujets du commerce international et de l'agriculture, il faut qu'ils aient à leur disposition des outils d’évaluation et d'anticipation dignes de ce nom et crédibles. Il faut qu'ils aient des indicateurs ayant un impact politique et vis-à-vis du public. Les politiques agissent en effet en fonction de l'opinion publique, et l'opinion publique, vous la sensibilisez avec des indicateurs clairs. Autrement, l'opinion publique ne voit rien, malheureusement.. 

Par exemple, tout comme les agences de notation évaluent la solvabilité financière des entreprises, il est urgent de noter la solvabilité alimentaire des Etats. Et tel est notre projet. 

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