Est. 7min 13-05-2002 (updated: 29-01-2010 ) Euractiv is part of the Trust Project >>> Languages: Français | DeutschPrint Email Facebook X LinkedIn WhatsApp Telegram Quelques objectifs pour le futur de l’Internet Society au Luxembourg: Voter, c’est une chose, militer, c’en est une autre. Born in the USA L’Internet Society , comme d’autres initiatives non commerciales liées au développement des nouvelles technologies, avait commencé simplement. Les concepteurs de cette infrastructure se sont rendus compte très vite du pouvoir important que recelaient ces millions d’ordinateurs individuels en réseau et de la grande facilité d’expression que la Toile pouvait donner à tous. Ils se sont donc organisés en groupe de réflexion pour que cette infrastructure ne devienne pas uniquement un média commercial supplémentaire classique et puisse effectivement contribuer à mieux équilibrer les pouvoirs. Comme souvent dans le milieu des technologies de l’information, cette attitude s’est d’abord concrétisée en Amérique du Nord avec une extension naturelle dans les autres régions au fur et à mesure que la Toile s’y développait. Les modes de gestion, de représentation, la langue et la culture de cette association sont restées très caractéristiques de cette origine américaine. Au stade actuel de développement de l’Internet, ces principes fondateurs doivent aussi s ‘adapter à la réalité présente : la langue anglaise n’est plus majoritaire sur la Toile (même si elle restera encore longtemps celle qui sera la plus utilisée), les internautes et les sites sont maintenant plus nombreux hors des USA que dans leur patrie d’origine . Une Constitution pour l’Internet Le mode de fonctionnement des diverses organisations qui supervisent le développement mondial de l’Internet fait actuellement l’objet de nombreuses polémiques et propositions divergentes : quel rôle doit-on attribuer aux instances locales, comme le chapitre luxembourgeois d’ISOC ? , Comment représenter les internautes individuels dans l’ICANN , l’organisme qui coordonne les noms, adresses et protocoles de l’Internet ? Doit-on rester dépendant d’ organisations régies par le droit de la Virginie ou de la Californie ? Les gouvernements doivent-ils s’effacer devant l’initiative privée ? Que d’énergie perdue et de messages incendiaires échangés ! Ces enjeux sont simples d’apparence et chaque internaute peut avoir son idée sur la meilleure organisation à mettre en place et viendra exposer sa propre solution où la démocratie, la transparence seront mieux respectées que dans le processus existant au dans la proposition de son voisin, son ennemi le plus proche. Il est ainsi tout à fait possible d’enliser le débat et de décourager la participation de membres qui, pensant avoir quelque chose à partager, découvriront tout d’abord les débats frustrants et sans fin sur les élections au Board of Trustees ou la représentation d’ICANN at large dans les listes de diffusion électronique de ces organisations. Cette crise de croissance dans ces organisations est somme toute normale et c’est un bon indicateur que l’Internet va certainement changer notre vie. Elle montre que l’adaptation des structures de décisions doit accompagner celle de la technologie et de son usage. S’il est maintenant relativement simple dans notre société industrielle branchée de déployer une nouvelle technologie, l’architecture décisionnelle reste un art que les techniciens ne sont en général pas les plus aptes à maîtriser. Tout comme pour la Convention sur le futur de l’Europe , il serait donc temps que les décideurs politiques prennent leur responsabilités pour ne pas risquer d’étouffer ou de pervertir cette ressource qui pour la première fois abolit les frontières, qu’elles soient administratives, culturelles ou économiques et permet un accès et une expression quasi illimités dans le monde. Tout citoyen a maintenant conscience que cette nouvelle infrastructure est importante, comme l’ont été dans le passé livres et imprimerie, voitures et routes ou le téléphone et ses réseaux, que chacun utilise maintenant naturellement. Lorsqu’on se réfère à ces exemples, le rôle des autorités politiques, celui des fournisseurs et des utilisateurs sont clairs et compréhensibles. Pourquoi l’Internet devrait-il sortir de ce cadre qui a fait maintenant la preuve de son efficacité? Quelle mission pour l’ISOC? Concernant le champs laissés aux organisations non commerciales et non gouvernementales comme ISOC et ICANN dans le développement et l’usage de l’Internet, les tâches ne manquent pas, qui seront mal ou peu traitées par les autres acteurs que sont les fournisseurs, les utilisateurs ou les pouvoirs publics pris séparément. La Norme d’abord Il y a tout d’abord les aspects technologiques liés à la normalisation et à son usage dans le réseau. Traditionnellement, l’IETF s’est toujours occupé efficacement de ces aspects et il est primordial que cette situation perdure pour garantir la continuité de développement de l’Internet sans risque de création d’ilôts d’incompatibilité. Ce n’est somme toute pas différent du cas des normes qui régissent l’automobile ou l’aviation et qui garantissent qu’une voiture pourra rouler dans toute l’Europe ou qu’un avion pourra atterrir sur tous les aéroports du monde. Comme l’avenir prévisible est la convergence entre l’Internet, le téléphone et la télévision, il serait bon que les pouvoirs publics favorisent le rapprochement des instances normalisatrices concernées avec pour objectifs une réelle interopérabilité, une facilité et une sûreté d’emploi pour les utilisateurs et la création d’un marché aussi large que possible pour les produits et services bon marché issus de cette convergence. Ce n’est pas fondamentalement différent du Code de la Route ou du transport combiné des marchandises en Europe. Internet is for Everyone Tout un gisement d’usages non commerciaux de l’Internet reste à développer qui pour le moment n’est ni dans les agendas des pouvoirs publics, ni dans ceux du secteur commercial, c’est l’usage de l’Internet dans le milieu associatif et les nombreuses associations à but non lucratif qui permettent à la société de fonctionner, notamment avec les plus démunis d’entre nous. Une initiative française, l’Observatoire des Usages de l’Internet , a commencé à référencer comment l’Internet était utilisé dans un contexte non commercial. Son objectif est principalement informatif et sociologique. Une association comme ISOC Luxembourg pourrait aller plus loin en proposant son expertise à diverses associations Luxembourgeoises et de la Grande Région pour utiliser cette technologie au mieux dans leur activités quotidiennes. Avec l’aide de sponsors publics et privés, cette activité nouvelle de notre association pourrait traiter avec priorité les demandes d’associations d’aide aux pays en développement et d’aide aux plus démunis. Tout se termine en chanson Enfin, si l’Internet devient vraiment une habitude dans notre vie, il ne peut conserver son image froide d’échanges sans chaleur au travers de clavier-écran et souris. Comme il est de tradition dans nos pays, il doit aussi faire la fête. L’ISOC Luxembourg avait introduit une première version modeste de l’Internet Fiesta en 2001 au Luxembourg avec quelques complices. Il importe que cet événement festif perdure dans le futur. C’est à la fois une preuve de bonne santé et aussi une manière de faire connaître au grand public tout ce dont il pourra bénéficier lorsqu’il aura rejoint le peuple des internautes. Mr Patrice Hussonis the Secretary General of ISOC Luxemburg. For more information, see ISOC Luxemburg.