Interview: Lamassoure warns Bayrou against leaving the EPP

In an interview with EURACTIV, the MEP and
member of the ruling French party UMP warned centrist leader
François Bayrou against leaving the EPP to form a
coalition with the liberals in the new
parliament.

Alain Lamassoure est député
européen. Cliquez
ici

 pour lire l’article se rapportant
à cette interview (en anglais)

Comment interprétez-vous les
résultats de l’UMP à ces
élections européennes ?

Par rapport à 1999 c’est un
progrès des partis qui sont aujourd’hui
dans l’UMP puisqu’en 1999, Nicolas
Sarkozy avait fait 12.5% des voix et là on
fait au moins 4 points de mieux et plus
d’élus que nous n’avions faits
à l’époque (qui était
simplement douze élus). Si on fait le
rapport des voix droite-gauche pour avoir une
lecture de politique intérieure, on observe
que la droite fait mieux qu’aux
élections régionales et donc qu’il
y a un coup d’arrêt au vote de gauche.
Mais moi je ne fais pas une lecture nationale de
ce vote. Cette fois-ci les français qui sont
allé voter l’on fait selon des
considérations européennes.

Justement, on dirait que le débat
européen n’a pas vraiment eu lieu en
France…

Les médias nationaux ont refusé
d’organiser le débat et moi je suis
très critique envers eux, relevant que TF1
n’a même pas de correspondant à
Bruxelles ou à Strasbourg, que la seule
soirée électorale ait eu lieu sur LCI
(les autres ayant préféré parler
de foot ou d’autre chose ce qui est quand
même assez scandaleux), et qu’il n’y
a pas eu de face-à-face entre la droite et
la gauche ou entre fédéralistes et
souverainistes. Il y a eu des débats avec 6
ou 7 personnes autour de la table,
c’est-à-dire de la bouillie pour les
chats.

Sur le terrain, ceux qui ont fait la campagne,
qui n’ont pas été invités sur
les plateaux télé (comme moi) n’ont
parlé que d’Europe et ont rencontré
des français extrêmement
intéressés par les affaires
européennes parce que ils ont vu les images
de l’entrée des pays de l’Est, ils
réalisent parfaitement qu’à 25
c’est une autre Europe, ils sont au courant
qu’il y a un projet de constitution, ils sont
au courant et ils sont très inquiets de la
candidature de la Turquie ou d’autres pays et
donc nous avons rencontré des citoyens qui
étaient très intéressés par
les problèmes européens.
Aujourd’hui ils se sont peu mobilisés
parce que pour le moment, il est clair que le
Parlement européen n’a pas encore un
pouvoir de décision d’où la
conclusion que je tire de ce taux
d’abstention, c’est qu’il est urgent
de passer à la phase constitutionnelle comme
le souhaitent les français et après le
vote d’aujourd’hui plus rien ne
s’oppose à ce que la semaine prochaine,
les gouvernements signent ce projet de
constitution.

Au soir des élections, l’UDF
s’affirme comme la troisième force
politique de France. Quels seront les rapports
entre l’UDF et l’UMP au sein du nouveau
Parlement européen ?

Je mets en garde François Bayrou contre
ce que j’appelle la tentation
d’Astérix, c’est-à-dire de
jouer le jeu de tribus gauloises et non pas de
l’intérêt de nos idées
communes et des intérêts Français
au Parlement européen. Ce parlement va avoir
732 membres. Vont entrer des partis politiques
nouveaux notamment des pays de l’Est qui
n’ont aucune expérience européenne
et dont les représentants vont être
élus sur un programme assez nationaliste,
patriote, à la limite de
l’euroscepticisme. Ce parlement aura besoin
plus encore que le Parlement sortant
d’être organisé autour des deux
grandes forces que sont le PPE d’un
côté et le PSE de l’autre.

Les socialistes Français ont réussi
à avoir une trentaine d’élus, ils
vont peser au sein du PSE. Nous, si nous
additionnons les élus UMP et UDF, nous
devons être à 25 ou quelque chose comme
ça. Si pour le plaisir de se distinguer sur
la scène nationale, François Bayrou et
l’UDF quittent le PPE en prétendant que
le parti historique d’Helmut Kohl et de VGE
trahit la cause européenne pour aller
ailleurs avec d’autres, alors ils vont se
marginaliser complètement et ils vont
naturellement nous affaiblir et affaiblir nos
idées communes au sein du PPE.

La seule force organisée avec qui ils
peuvent effectivement s’agrége r, ce
sont les libéraux démocrates
britanniques. Ces gens-là sont certes
fédéralistes européen, très
bien, sauf qu’ils sont pour la concurrence
sans limite au sein des services publics et donc
hostiles aux services publics à la
Française. Ils sont pour le mariage entre
homosexuel et pour l’adoption par des couples
homosexuels et ce sont des militants pour
l’entrée de la Turquie dans l’UE.
Alors si l’UDF veut quitter le PPE
d’Helmut Kohl et de VGE pour siéger avec
ces gens, libre à eux de le faire mais il me
semble que ce serait trahir leurs valeurs
politiques fondamentales et ce serait en tout cas
de leur part se marginaliser dans le futur
parlement.

Quels sont selon vous les dossiers
européens les plus urgents ?

  • La constitution : là le PPE et le PSE
    vont jouer un rôle clef
  • L’élection du nouveau
    président la Commission et
    l’investiture donnée à la
    nouvelle Commission européenne
  • Le rendez-vous avec la Turquie où un
    vote aura lieu en novembre ou au plus tard en
    décembre.
  • La réforme de la politique
    régionale et le futur régime
    financier pour la période 2007-2013
    (perspectives financières à moyen
    terme)

Sur l’agenda de Lisbonne, quelles
sont selon vous les priorités ? Le PPE
n’est-t-il pas en train de mettre un frein
au pilier développement durable de la
stratégie de Lisbonne ?

Le coeur de l’agenda de Lisbonne sur
lequel on a du retard, c’est le taux
d’activité d’abord de l’ensemble
de la main d’oeuvre puis des sous-ensembles
que constituent la main d’oeuvre
féminine et les seniors, sur
l’augmentation du nombre des jeunes qui
sortent de l’appareil éducatif avec une
formation professionnelle et sur la proportion du
PIB consacrée à la recherche et au
développement technologique. Quant au
développement durable, le PPE a
été absolument en pointe pour
l’application du protocole de Kyoto.

Et sur le prjet de réforme des
produits chimiques (REACH) ?

Sur le projet REACH, on a vu les lobbies
environnementalistes faire à l’avance
une campagne de procès d’intention et je
dirais d’intimidation. C’est un sujet sur
lequel nous trouverons évidemment un
compromis. De la même manière que le
Parlement European sur les OGM a trouvé le
compromis intelligent, de la même
manière sur REACH nous trouverons un
compromis intelligent, je ne suis pas du tout
inquiet là-dessus.  

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