Berisha: Albanian mafia ‘no longer exists’

Crime levels in Albania are low even by EU standards, as an unprecedented international crackdown on organised crime has taken place in cooperation with Western European countries, Albanian Prime Minister Sali Berisha told EURACTIV in an exclusive interview.

Sali Berisha has been at the forefront of Albanian political life for the last twenty years as president, head of the opposition and prime minister.

He was speaking to Georgi Gotev.

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M. le Premier Ministre, vous êtes ce qu’on appelle ‘un animal politique’, vous avez été aux sommets de la vie politique de l’Albanie comme Président, comme chef de l’opposition et comme Premier Ministre, pendant vingt ans – toute la période après la chute du régime d’Enver Hodxa. Comment arrivez-vous à maintenir cette longévité politique ?

Parce que je reste toujours une bête de somme. Je travaille, jour et nuit, pour mettre en place les réformes, pour faire changer mon pays, ce qui est fondamental. Il n’y a aucun pays qui ait eu plus besoin de changer que le mien. Alors, je crois que le processus de changement est un processus bien consolidé, un processus qui progresse. L’Albanie européenne doit être un pays développé sous les standards, les critères et les normes de l’Union Européenne, des pays européens.

Vous êtes à Bruxelles, est-ce que tout le monde comprend le point de départ de l’Albanie, qui était une autarchie, qui souffrait sous le régime communiste le plus dur ? Dans la présentation que vous venez de faire au Parlement Européen, vous avez dit que les routes en Albanie étaient étroites et avaient plus de virages que nécessaire, pour que les avions de guerre soviétiques ou américains ne puissent se poser…

Pas seulement les Européens, mais beaucoup d’Albanais n’avaient aucune idée dans quoi leur pays était plongé. Parce que la différence entre Tirana et les autres régions étaient extraordinaires. Si à Tirana les gens parvenaient a vivre avec leurs rations d’alimentation, la famine chronique régnait presque partout en dehors de la capitale. Les maladies dues à de différentes carences, protéiniques, vitaminiques, qui en Europe avaient disparu depuis des siècles, sévissaient en Albanie.

Donc il faut faire un plus grand effort pour promouvoir, pour expliquer ce que ce pays mal connu a réussi durant cette période de 18 ans.

Mais c’est votre gouvernement qui doit faire cet effort. Il y a très peu d’information sur l’Albanie véhiculée par les medias internationaux.

Vous avez absolument raison. Un focus sur l’Albanie est absolument nécessaire. Mais il y a un aspect positif : il y a eu un boom touristique, et le tourisme sert beaucoup a promouvoir le pays. L’année dernière il y a eu une croissance de 36 pour cent, ce qui reste un record probablement à l’échelle mondiale.

Et quel a été le nombre de touristes ?

Deux millions de touristes. Tandis qu’en 2004, il n’y en avait que 300 000.

Mais les Albanais eux aussi veulent voyager. La Commission Européenne a mis en place des mesures qui devraient mener a la suppression des visas. A votre avis, comment cela va se passer ?

C’est très important. La suppression des visas représentera un geste historique de l’Union Européenne envers les Albanais. Nous aussi, nous avons mené toute les réformes nécessaires, nous avons mis en place toutes les installations les plus modernes pour contrôler le passage des frontières, les frontières maritimes aussi…

Va t-on abolir les visas pendant cette année ?

Moi, j’espère que oui.

Mais il pourrait y avoir des problèmes. L’arrivée massive de ressortissants serbes et macédoniens d’origine albanaise a créé des problèmes dans certains pays occidentaux, où ils ont demandé l’asile.

Le premier ministre belge m’a assuré que cela ne constituait pas un problème qui affecte l’attitude de son pays par rapport a l’Albanie. C’est la manière dont l’Albanie respecte ses obligations qui sera évaluée, pour la décision que le Royaume de Belgique prendra.

Est-ce que l’Europe a peur de ce qu’on appelle la mafia albanaise ? Car il existe une criminalité albanaise en Europe occidentale…

Qui existait. Il n’y a aucun autre pays qui a combattu avec plus de succès que le mien la mafia. En quatre ans, on a démantelé 207 organisations criminelles, on a mis devant la justice plus de mille membres et chefs de cette mafia. On les a arrêté partout, en Albanie, en France, en Belgique, en Allemagne, en Suède, là où ils étaient.

Combien sont en prison ?

Plus de mille. C’est une ‘tolérance zéro’. On leur a réservé ce qu’ils méritaient. Et ils méritaient la tolérance zéro. Les taux de criminalité dans mon pays sont maintenant en dessous de la moyenne de l’Union Européenne.

Une autre image de votre pays, et j’ai été a Tirana, sont les coupures d’électricité…

Non, c’est du passé. Pendant mon premier mandat [2005-2009] j’ai promis aux Albanais que cela serait stoppé. Et depuis 2008 il n’y a absolument aucune coupure d’électricité en raison de la manquance.  Des raisons techniques peuvent intervenir, comme partout. Mais cette année l’Albanie a exporté plus d’un milliard de kilowatt/heure d’énergie dans la région. La situation a changé complètement.

Allez vous construire une centrale atomique dans votre pays ?

C’est sûr. Nous allons continuer à préparer toute la législation nécessaire. Moi je suis en faveur, c’est l’énergie la plus constante et la plus pure.

Et avec quels partenaires ?

On va voir.

Vous êtes au Parlement Européen au moment de la commémoration du défunt président polonais Lech Kaczy?ski et de sa délégation. Quels sont vos sentiments après sa disparition ?

Effectivement, j’ai eu l’occasion de le connaître et j’ai connu aussi d’autres membres de l’élite polonaise qui ont disparu avec lui. C’est un moment terrible, choquant. Mais je vois que dans ce drame énorme, la Pologne n’est pas à genoux. Au contraire, elle a montré au monde entier la dignité impeccable de sa nation.

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