De Groote: Bundling EU and regional elections ‘a mistake’

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European expats living in Belgium should be able to vote in regional elections, which should be held separately from the EU poll in order to ensure targeted debates, Julie De Groote, who is running for reappointment in Belgian regional elections, told EURACTIV in an interview.

Julie De Groote is a member of the regional parliament of Brussels-Capital Region.

Les derniers chiffres démontrent que les Européens installés en Belgique préfèrent voter dans leur pays d’origine aux prochaines élections européennes plutôt que voter dans leur pays de résidence. Comment rapprocher les ‘européens’ et les belges et autres bruxellois? 

Avec du recul, je me dis que le droit de vote aux européennes pour les ressortissants étrangers était ce qui semblait le plus évident mais au fond le moins utile. Car en fait, sur les enjeux européens, les ressortissants européens aiment voter dans leur pays d’origine. 

Par contre, au niveau régional et communal, les ressortissants européens se sentent impliqués dans leur quotidien. Je pense qu’une véritable participation doit se faire justement à ces deux niveaux. Et le régional a des enjeux de mobilité, d’aménagement du territoire ou encore d’éducation autour desquels se mobilisent fortement les Européens qui habitent à Bruxelles.

Les élections européennes se tiendront en même temps que les élections régionales. Certains estiment que cela est une erreur car l’Europe reste dans l’ombre des questions de politique locale. Est-ce votre opinion ? 

En Belgique, les élections régionales et européennes coïncident. Personnellement, je ne trouve pas cela une bonne idée. Le fait régional prime sur les européennes et celui-ci est déjà fort confus pour le citoyen qui l’assimile aux enjeux fédéraux même si l’élection ne se passe pas à ce niveau.

Découpler les élections régionales et fédérales était en fait une fausse bonne idée : comme les candidats fédéraux se présentent aux régionales sans pour autant y siéger ensuite, le citoyen s’y perd et les débats fédéraux prennent le pas sur les enjeux même du niveau régional et communautaire : l’économie, l’urbanisme, la culture et l’éducation. 

Une réforme essentielle serait dans le futur de faire coïncider les élections régionales et fédérales et de les découpler des européennes pour qu’un véritable débat se fasse autour de l’enjeu européen.

En mars dernier, le vice-président de la Commission européenne, Siim Kallas, et le ministre-president de Bruxelles, Charles Picqué ont annoncé un plan visionnaire pour le quartier européen. Que pensez vous de ce plan ? Que faire pour rendre le quartier européen à la fois plus vivant et plus représentatif de la capitale de l’Europe ? 

Dès le départ, nous avons fait le choix de placer les institutions européennes au centre de la ville. J’aime ce choix : l’Europe au cœur de la ville et pas une cohabitation administrative comme à Luxembourg, sur le plateau du Kirchberg. 

Ceci dit, une fois le choix fait, il n’a pas été réellement assumé jusqu’au bout. J’y vois en partie deux raisons : la première, disons-le en toute franchise, c’est le désamour entre le Bruxellois et « l’Europe », qui se manifeste de façon flagrante dans le manque d’aménagements de la ville autour de la Ville. 

Pensez aux « chemins de l’Europe » qui n’ont toujours pas vu le jour depuis 20 ans ! Aucun ‘chemin’ digne de ce nom ne relie le Parlement à la Commission et au Conseil, pourtant distants de peu de mètres ! Ou encore le Musée de l’Europe qui n’a jamais vu le jour. 

Je suis souvent éberluée de voir des cars de touristes étrangers débarquer d’Oslo ou de Barcelone et se retrouver devant des bâtiments froids, sans infrastructure spécifique qui leur soit destinée. La deuxième raison est liée au fonctionnement même de notre Région, où le pouvoir régional cotoie les pouvoirs communaux. 

Ce morcellement des compétences, en particulier dans les matières d’urbanisme, d’aménagement du territoire, de mobilité ou encore de fiscalité, empêche une véritable vision de la ville et dans celle-ci, de l’intégration de l’Europe. 

Je pense qu’un bon point de départ pour la prochaine législature est le Plan de Développement International (PDI) qui affirme le rôle international et européen de Bruxelles et, à partir de là, décline une série de priorités dans les différentes compétences régionales.

L’enseignement belge francophone public est insuffisant aux yeux de la plupart des ‘européens’ de Bruxelles. Le ghetto des écoles européennes n’est pas non plus la panacée. En qualité de présidente de la Commission éducation du parlement bruxellois comment croyez-vous qu’on puisse y remédier ? Pourquoi ne pas ‘franchiser’ les standards du baccalauréat européen aux écoles belges volontaires, tout comme des écoles anglaises rejoignent le bac international ?

Nous évoluons vers une épreuve externe en fin de secondaire. A la dernière séance plénière de cette législature, le Parlement de la Communauté française a adopté le « TESS » (Test d’Enseignement Secondaire Supérieur). 

L’idée est de mettre en place un examen de fin d’études secondaires générales, techniques et professionnelles de la Communauté française. Cela ressemble au BAC français sans être identique. Ce sera un examen de fin d’année qui se rajouterait à l’examen traditionnel et dont la réussite sera obligatoire pour avoir le diplôme de fin de secondaire. Pour autant, cela ne signifie pas qu’on aura à très court terme le baccalauréat européen. 

Les partisans de cette évolution soulignent que seule une épreuve externe commune (au niveau belge, voire européen) est susceptible d’apporter la confiance dans le niveau d’excellence des écoles, puisque certifiée par un organisme indépendant et extérieur. 

En revanche, les adversaires de cette position mettent en garde contre une dualisation encore plus forte de notre enseignement. Déjà la Belgique francophone a – et c’est un triste privilège – le plus grand écart entre les mieux scolarisés et ceux tout en bas de l’échelle de l’enquête PISA (OCDE). Il existe une crainte que le BAC introduise encore une plus grande concurrence entre écoles dans ce qui est déjà fort malheureusement un quasi-marché scolaire. 

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