Lamassoure: EU leaders should grill ‘Mr. Europe’ on TV

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Leading French MEP Alain Lamassoure is to put forward a motion for a Parliament resolution calling for a televised grilling of the candidates for the EU’s future permanent president. Those asking the questions should be the heads of state and government of the 27 EU countries, he told EURACTIV in an interview.

Alain Lamassoure is an MEP from France’s UMP party. He served as his country’s minister for European affairs between 1993 and 1995.

The below interview is in French only. To read a shortened version in English, please click here.

Il y a déjà pas mal de noms qui ont été évoqués concernant le nouveau poste de président permanent du Conseil, qui sera instauré par le traité de Lisbonne. Y a-t-il des noms qui s’imposent de manière naturelle et qui n’ont pas encore été évoqués? 

D’abord, n’attachez aucune importance à ce qu’écrivent vos confrères. Ils font semblant de savoir, mais ils ne savent rien. Ensuite, le vivier des hommes d’Etat de grande envergure dont on a besoin est très limité. Parce que, et c’est heureux, depuis quinze ans, l’Europe vit dans le bonheur et la paix, et que donc les démocraties pacifiées ont à leur tête de bons gestionnaires. 

Quand vous faites une croisière sur le lac de Genève, vous n’avez pas besoin d’avoir comme capitaine de navire quelqu’un qui a franchi le Cap Horn. Et donc, c’est vrai que la génération des grands hommes d’Etat qui s’était forgée dans la tragédie, pendant la guerre ou la guerre froide a disparu, parce qu’on n’en a pas besoin. 

Surtout en termes démocratiques, le système donne naissance à la personne dont on a besoin à un moment donné. Et en outre il y a aussi ce phénomène – nous avons fait disparaître toutes les frontières dans l’UE sauf les cloisonnements de nos vies politiques qui restent totalement nationales. 

Dans chaque pays, on ne parle que de la politique nationale. Comme résultat, des hommes d’Etat qui sont capables, qui ont les différentes qualités nécessaires pour occuper ces nouvelles fonctions, profondément renouvelées, de ce triumvirat – le président du Conseil Européen à temps plein – Monsieur Europe – ou Madame Europe, le président de la Commission et le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité – il faut des personnes qui ont déjà une grande expérience, qui ont exercé des responsabilités majeures dans leur pays, qui ont affronté des crises, qui ont mené des négociations compliquées… 

Mais le vivier n’est pas immense. Ensuite il faut aussi quand même quelqu’un qui ait un siège dans les instances européennes, qui connaisse les moeurs du club, qui l’ai vécu de l’intérieur. On ne va pas inventer quelqu’un qui n’a jamais participé à un Conseil européen… 

Donc, il ne faut pas s’attendre à des surprises? 

Ce n’est pas par hasard qu’on tourne toujours autour des mêmes noms. Cela dit, tant qu’on n’est pas sûr que le traité va s’appliquer, il ne faut rien faire publiquement, et cela facilite tous les bruits de couloir, ce qui ne fait pas beaucoup avancer le débat. 

Par contre, je suis tout a fait favorable à faire développer une idée qu’a suggéré récemment le président Valery Giscard d’Estaing, selon laquelle pour le choix du président du Conseil européen, il faudrait mettre au point un minimum de procédures. Parce que c’est une fonction très noble, très nouvelle, et il ne serait pas digne de traiter ça par des coups de téléphone, à huis clos. 

Un minimum de procédures, vous voyez ça comment? 

Ca veut dire, on décide que les personnes qui sont candidates doivent déclarer officiellement leur candidature à telle période, cela peut se produire seulement après l’entrée en vigueur du traité, disons entre le 15 décembre et le 15 janvier, qu’ils font campagne, et notamment on prévoit une séance d’audition publique, devant le corps électoral qui est constitué par les 27 chefs d’Etat et de gouvernement, qui sont seuls habilités à poser des questions, mais, les caméras de télévision sont là. Et on donne deux ou trois heures à chacun. 

Et comme il s’agit d’une fonction totalement nouvelle, on demande à chaque candidat comment il exercerait sa fonction, quelle type de relation il aurait avec le président de la Commission, avec le Haut représentant, avec les gouvernements nationaux, avec le futur service diplomatique, est-ce qu’il l’imagine sous son autorité, après tout, ce n’est pas tranché. 

Le traité dit qu’il représente l’Union, à son niveau, sur la scène internationale – qu’est ce que ça veut dire? Si on fait ça, ça obligera les chefs d’Etat et de gouvernement à se poser la même question – qu’est ce que j’attends de ce monsieur? Et si les caméras de télévision sont là, cela limitera la tentation de choisir la personnalité la plus faible, la plus timide, la plus effacée. Parce qu’officiellement chaque chef d’Etat dit – il faut quelqu’un de très grande envergure, mais au fond de lui même, est-ce que chacun souhaite avoir à la tête du Conseil européen quelqu’un d’un très grand calibre ?

Les procédures utilisées jusqu’à maintenant visaient à élire un second couteau. Mais est-ce que les chefs d’Etat accepteraient une telle nouveauté? 

En privé ils ne veulent pas en entendre parler. Mais si on leur fait la proposition en public, il ne peut y avoir un seul argument contre. Et je vais saisir l’occasion du rapport de Jean-Luc de Haene au Parlement européen pour déposer un amendement faisant cette recommandation. Reste à voir si le Parlement me suit ou si cela reste une idée personnelle. 

Est-ce que c’est une idée qui pourrait être reprise par la présidence française? 

Pourquoi pas? Pourquoi pas? 

Et par l’opinion publique. 

En tout cas, par l’opinion publique! Sûrement! Parce qu’il n’y a pas d’argument avouable contre l’idée. 

Est-ce que Nicolas Sarkozy y est favorable ? 

Je ne sais pas. 

Est ce que cette idée pourrait être reprise pour le prochain président de la Commission ? 

Ce sera différent, parce que si tout va bien, les partis politiques font leur travail, et le PPE dira en mars 2009 – notre candidat, c’est M. Barroso – ou un autre – et les socialistes feront la même chose. 

Pour le moment, ce sont les journalistes qui doivent organiser des débats entre ces candidats, ce qui ne s’est jamais fait avant. Et toutes les télévisions européennes reprendront les débats qui opposeront le champion du PPE, le champion des socialistes, le champion du groupe libéral et Cohn-Bendit pour les Verts! Et on va montrer qu’il y a un enjeu de pouvoirs. 

Ce qui nous fera un pincement au coeur, c’est que ces personnes, les citoyens européens ne les connaîtront pas. Même quelqu’un comme Barroso est très très peu connu en France. Pourtant il parle français, il est venu à l’Assemblée nationale, la presse française parle assez souvent de lui. Mais il passe très rarement à la télévision, et il n’y a que la télévision qui compte. Juncker n’est pas connu du tout, pourtant il est remarquable en français et il crève l’écran quand il passe à la télévision, mais il ne passe jamais. 

Les eurosceptiques vont ricaner – qu’est ce que c’est que ces types, mais ça va quand même changer les choses. Donc, pour les candidats à la présidence de la Commission il y aura des débats télévisés très classiques comme nous en avons dans la politique nationale, et pour les candidats à la présidence du Conseil européen, je vais lancer cette idée et voir avec amusement quelles sont les réponses et que vont faire les chefs de gouvernement. 

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