Global governance : lessons from Europe

DISCLAIMER: All opinions in this column reflect the views of the author(s), not of Euractiv Media network.

In this speech (in French) delivered before the United
Nations’ Economic Commission for Europe, former
Commissioner Pascal Lamy emphasises the need to adapt the
existing multilateral institutions to the challenge of global
interdependence, and claims that the European Union
provides a good model for the rest of the world.

Introduction (in French):

Que les interdépendances du monde d’aujourd’hui soient sans
commune mesure avec celles du monde d’hier tient de l’évidence. Que
nos systèmes institutionnels restent très largement dimensionnés
dans le cadre des Etats -nations d’hier aussi. Que cet écart qui
s’est creusé entre des défis globaux et des modes d’élaboration des
solutions qui restent d’abord locaux fasse problème n’est donc,
logiquement, plus contesté aujourd’hui. Et la question n’est pas de
savoir si, oui ou non, nous avons besoin de davantage de
gouvernance globale. Elle est de savoir combien de gouvernance est
nécessaire, et surtout, pour passer à l’action, comment
procéder.

Je ne m’étendrai pas sur la question du « combien » de
gouvernance. C’est une question politique et philosophique de
première importance. Mais elle oppose, durablement, diverses
conceptions des sociétés humaines et de la conduite de l’économie.
Entre les libéraux et les interventionnistes, entre les partisans
d’une économie de marché pure et dure et ceux d’une régulation sans
laquelle, à leurs yeux, l’optimum ne peut être atteint. Je ne m’y
étendrai pas pour une raison simple : les plus libéraux eux-mêmes
partagent le diagnostic de l’insuffisance de la gouvernance globale
que je faisais à l’instant. Et je leur cède volontiers de ce point
de vue un principe fondamental de l’ordre démocratique : la
gouvernance doit être de préférence locale et, si nécessaire
seulement, prendre des formes plus éloignées des groupes humains
qu’elle doit servir. L’intérêt général n’est général que s’il a
besoin de l’être. C’est ce que Saint Augustin puis Althusius ont
appelé le principe de subsidiarité. Partons donc de ce bon
principe, et ne nous montrons disposés à davantage de global en
matière de gouvernance que si la preuve de cette nécessité pour le
bien commun peut en être faite.

Reste alors la question du comment. Elle est, à mes yeux,
essentielle. Comment gérer mieux des interdépendances ? Ce débat
agite la communauté internationale en permanence. Il suffit de
considérer les débats sur la réforme du système des Nations Unies.
Ou, plus prosaïquement, la montée des schémas de gouvernance
régionale sur les continents de notre planète : MERCOSUR,
communauté andine, communauté des Etats d’Amérique centrale,
communauté des états d’Afrique occidentale, communauté des états
d’Afrique centrale, COMESA, SADEC, Union africaine; ASEAN, sur le
continent asiatique. Il me suffit aussi de rappeler les centaines
de fois où j’ai été questionné, durant ces cinq dernières années
sous toutes les latitudes et longitudes, sur l’expérience de la
construction européenne, et sur les leçons à en tirer.

Je vais vous livrer ma réponse à ces questions, et les
conclusions que j’en tire à ce stade. En essayant d’abord de vous
décrire aussi simplement que possible le paradigme de l’intégration
européenne. Puis de caractériser, en comparaison, les prémices
d’intégration
mondiale tels que je les perçois aujourd’hui. Pour en tirer, pour
finir, quelques enseignements pour l’action. En reprenant, en
quelque sorte, la méthode, l’approche qui firent le succès de
Gunnar Myrdal.

Please click  here to read the full text of Pascal Lamy’s speech (in French).

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