Paganetto: Not only pension reform, Italy must boost productivity

paganetto small.jpg

Pension reform is not enough to solve the debt crisis in Italy, the government should adopt urgent measures to boost growth and redress the lack of productivity, said Italian economist Luigi Paganetto, in an interview with EURACTIV Italy.

Professor Luigi Paganetto is a well-known Italian economist, president of the Centre for Economic and International Study at the University of Rome Tor Vergata. He was one of the experts who drafted the Kok report on the Lisbon strategy in 2004.

He was speaking to Alessandra Flora at EURACTIV Italy

To read a shortened version of this interview in English, please click here

Monsieur Paganetto, qu'est ce que le gouvernement italien peut proposer à l'Union européenne?

Les demandes de l'Union européenne répondent à des exigences qui, en Italie, représentent des priorités politiques depuis longtemps.

Le but, aujourd'hui, c'est d'arriver à un accord politique. Il y a des points tout à fait clairs. En outre, les choix qui ont étés demandés par les différentes parties sociales en Italie convergent entre eux. Le gouvernement doit maintenant agir de manière rapide et déterminée.

Ce qui se passe en Italie a un impact très fort sur tous les autres pays. Certains affirment que l’Italie amènera la zone euro à la faillite, pas la Grèce. Etes-vous d’accord ?

Je ne croix pas que l'Italie ait cette responsabilité, car je  ne pense pas que la zone euro soit en faillite. La crise financière concerne tous les pays. La position de l'Italie est particulière, pas seulement en raison du pourcentage de sa dette par rapport au produit intérieur brut, mais aussi à cause de l'ampleur de cette dette, puisque nous en avons accumulé beaucoup au cours des dernières années.

Il faut également noter que la situation de la plupart des banques européennes est difficile, qu'il s’agisse des banques françaises, espagnoles ou allemandes, à cause de la liaison très étroite entre la dette souveraine et l’équilibre des comptes des banques.

Les banques sont interdépendantes. Si une banque présente des problèmes de restitution ou de solvabilité, cela a un effet aussi sur les autres instituts de crédit.

L'Italie joue bien sûr un rôle important, mais à cause de cette interdépendance elle n'est pas seule. Il faut dire aussi que la direction vers laquelle l'Europe est projetée – c'est-à-dire la recapitalisation des banques – ne peut pas résoudre la gestion du risque systémique, ni en général, la crise de la zone euro. Il faut renforcer les pouvoirs du fond de sauvetage des Etats. Il y a des Etats qui ne veulent pas que le fond de sauvetage soit utilisé au niveau européen, même quand il deviendra le mécanisme européen de stabilité.

On espère qu’il y aura une institution qui pourra intervenir sur les marchés sans impliquer les parlements dans les décisions.

C'est vrai aussi qu'à travers la recapitalisation, les banques peuvent se renforcer.  Mais il est difficile de savoir d’où les ressources économiques vont provenir. Il faut savoir qui va payer: s'agit-il du secteur privé ou de la collectivité? Les banques qui se sont trompées dans l'évaluation des risques doivent assumer les responsabilités de ce qu'elles ont contribué à déterminer.

Est-il possible de relancer l'économie italienne?

La dimension de la dette publique et l'incertitude dans la gestion de la dette ne favorisent pas le développement. Les analyses les plus récentes soutiennent l'idée que, quand le ratio dette/PIB dépassera  70%, le développement s’arrêtera.

L'Europe entière est donc en difficulté. L'Italie a une responsabilité à cause de la dimension absolue de sa dette. C'est pour ce motif que le gouvernement italien doit envoyer avec force un message clair aux marchés, en indiquant les interventions nécessaires pour réduire la dette dans les années à venir.

Il faut tracer de manière transparente la trajectoire de réduction de la dette. Il est évident que les interventions doivent être crédibles par rapport à l'objectif et configurées de manière à ce que la réduction soit réalisable.

Les effets à long terme d'une intervention sur les retraites sont envisageables dès maintenant.

C’est pour cette raison  qu’il faut choisir ce parcours. Sans aucun doute, en Europe, le vieillissement de la population et la réduction de la croissance ont déterminé la nécessité de réformer le système social et le système des retraites. Ceux-ci ont, en effet, contribué à la création de la dette.

Toutefois, l'action du gouvernement ne peut pas se limiter à une intervention sur les retraites. Il faut s'engager pour créer de nouvelles opportunités de croissance et il faut tenir compte du fait que le problème principal de l'économie italienne concerne la productivité.

Dans les dix dernières années, la productivité s'est arrêtée. Il existe plusieurs façons d’augmenter la productivité.

Tout est plus difficile à cause de la phase critique que nous traversons. En tout cas, on peut faire quelque chose. Nous souffrons d'un différentiel de productivitépar rapport au reste de l’Europe et aux Etats-Unis, surtout dans le secteur des services.

Dans ce domaine, on peut intervenir à coût zéro en ouvrant les marchés et en stimulant le secteur des services, qui représente 70% du produit intérieur brut. Tout cela avec l’aide de l'innovation et de l'utilisation des nouvelles technologies.

Les fonds européens pour le Sud de l'Italie peuvent représenterune opportunité pour le pays tout entier s'ils sont employés pour des projets qui donnent au Sud un rôle essentiel pour le développement de l'Italie. Il faut créer une institution qui puisse coordonner les interventions au niveau national et réaliser, avec les fonds européens, de grandes infrastructures et des réseaux d'énergie et informatiques pour augmenter la productivité du Sud.

Nous devons aussi investir sur le capital humain et les jeunes, qui sont aujourd'hui accablés par le chômage. Les jeunes représentent le moteur de la croissance dans tous les pays dynamiques. Un projet pour les jeunes devrait être prioritaire. Où trouver l'argent ? Il faut à présent penser à une taxe temporaire sur le patrimoine, à utiliser pour réduire la pression fiscale entre le coût du travail et le salaire. Il faut rétablir la foi dans l'avenir pour les familles et les entreprises. La dette cessera alors d'être un cauchemar pour l’Italie.

Les conditions politiques en Italie sont-elles favorables au lancement de réformes ?

Pour l’instant, il faudrait que toutes les forces politiques, sans distinction, puissent unir leurs forces. Il n’y a plus de temps à perdre. L'Italie a de grandes ressources et tout le monde est intéressé par sa relance. Il faut agir parce que c'est crucial pour notre pays, pas parce que l'Europe nous le demande. Nous en sommes capables.

Que pensez-vous des attaques contre l’Italie sur les marchés financiers?

Le problème est commun à tous les pays. Le système bancaire italien, sans aucun doute, a démontré sa solidité. Les règles suivies par les banques italiennes ont évité les risques qu'on a relevés ailleurs. Cela ne signifie pas que l'Italie est au-dessus des risques. Il faut travailler pour qu'en Europe on réalise une gouvernance à travers une autorité capable d'intervenir quand c’est nécessaire.

Si on avait affronté le problème de la Grèce au début de la crise, on aurait évité beaucoup de problèmes au système bancaire et aux citoyens grecs, qui ont dû faire face à des sacrifices douloureux.

Il faudrait renforcer les fonctions déjà prévues pour le mécanisme européen de stabilité, qui devrait avoir plus d’autonomie. Cette institution devrait être dirigée par un responsable ou un conseil d’administration, mais en tout cas, il faut que quelqu’un prenne les décisions nécessaires sans que les leaders européens ne soient obligés de se rencontrer.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Want to know what's going on in the EU Capitals daily? Subscribe now to our new 9am newsletter.