A political project for the new Europe

DISCLAIMER: All opinions in this column reflect the views of the author(s), not of EURACTIV Media network.

This paper from the Mouvement européen-France sets out its vision of an increasingly supranational European Union

Le 1 er mai 2004, l’Union européenne accueillera dix nouveaux membres.

Cet élargissement, tant par son ampleur que par la diversité des nouveaux venus, comporte des enjeux différents des précédents.

Il est tout d’abord un tribut à une histoire commune. Avec l’adhésion de la Pologne, de la République tchèque, de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Slovénie, de l’Estonie, de la Lettonie, de la Lituanie, de Chypre et de Malte, l’Europe est en train d’achever le vieux rêve de celles et ceux qui, depuis des siècles, se sont battus pour une idée qui devait servir de ferment d’unification à toute l’Europe : l’aspiration à la liberté et à la paix, contre les tenants de l’intolérance et de l’unification européenne par les armes et la terreur.

L’adhésion à l’Union européenne est aussi pour les Républiques d’Europe centrale et orientale, comme hier pour la Grèce, l’Espagne et le Portugal, l’affirmation irréversible du choix de la démocratie et donc de valeurs communes partagées, longtemps espérées, et auxquelles les peuples peuvent enfin accéder. En ratifiant les traités d’adhésion, les quinze Parlements nationaux ont reconnu que chacun de ces pays réunissait les critères définis au Conseil européen de Copenhague en juin 1993, même si le quatrième critère, celui de la capacité de l’Union à poursuivre son approfondissement, a quelque peu été oublié.

Enfin, cette nouvelle vague d’adhésions, même si elle n’est pas la dernière compte tenu des négociations en cours avec la Roumanie, la Bulgarie et bientôt la Croatie, du réexamen à la fin de l’année 2004 de la candidature de la Turquie et de la candidature toute récente de la Macédoine, marque une étape majeure sur la voie de la réunification du continent européen.

Les écarts de développement et les réformes que les pays accédants doivent parachever pour intégrer les acquis communautaires et adapter leur économie au choc de la concurrence sur le grand marché intérieur montrent, s’il fallait encore s’en convaincre, que l’élargissement ne saurait être un assentiment donné du bout des lèvres. C’est une ardente obligation qui appelle une solidarité concrète au travers de ressource budgétaires substantiellement accrues. A cet égard, la lettre des six grands pays contributeurs visant à plafonner les dépenses communautaires à 1 % du PIB à partir de 2007 est un mauvais signal pour les peuples de l’Europe et une menace directe contre la politique agricole commune, la politique de cohésion, le financement de la recherche et de l’action extérieure de l’Union.

Les résultats des derniers Eurobaromètres montrent en France, avec 34 % d’opinions favorables, le plus faible soutien à l’élargissement de l’Union européenne motivé par la crainte de la progression du chômage et par le doute croissant sur la capacité de l’Union à prendre des décisions. Mais ils enregistrent dans le même temps une forte adhésion à la politique étrangère et de sécurité commune et à l’idée d’une Constitution européenne ainsi qu’une forte attente que l’emploi soit la priorité principale de l’Union. Plus largement, on observe dans l’ensemble de l’Union une grave perte de confiance dans les institutions européennes qui contraste avec le désir d’intégration et les attentes vis-à-vis des pouvoirs publics.

Il faut voir dans cette perte de confiance non seulement la faiblesse des résultats concrets des politiques publiques européennes, mais encore les effets dévastateurs d’une dérive intergouvernementale dont sont conjointement responsables les petits Etats membres comme les plus grands parce qu’ils ont privilégié la défense de leurs droits en tant qu’Etats, la Commission européenne parce qu& rsquo;elle n’a pas su incarner l’intérêt général, la France et l’Allemagne qui, empêtrées dans leurs difficultés budgétaires, ont revendiqué un statut dérogatoire, les trois grands enfin qui, tout à leurs retrouvailles après la guerre en Irak, ont cédé à la tentation du directoire, y compris sur des matières communautaires. L’Europe ne peut plus se faire à reculons en surfant sur la vague déferlante du populisme, en faisant la leçon aux autres, en attaquant constamment la Commission, sans voir ce qu’ont d’anti-communautaire et de contraire à l’intérêt général de tels comportements à courte vue.

L’Europe n’avancera pas sans une conviction forte et des décisions courageuses de ses dirigeants, sans une adhésion largement majoritaire des peuples à un projet mobilisateur, sans une pédagogie de tous les instants qui montre que l’Europe offre plus de sécurité face à la mondialisation que chacun des Vingt-cinq livré à lui-même ou que des coopérations plurilatérales de circonstance, aussi médiatisées soient-elles.

L’Union européenne élargie doit avoir un projet, celui d’une grande Europe continentale, forte de sa diversité, capable de défendre avec vigueur ou mieux encore de promouvoir avec conviction son modèle de développement économique et social dans la mondialisation, déterminée à préserver la sécurité intérieure dans le cadre de frontières ouvertes et dans le strict respect des libertés publiques, soucieuse d’oeuvrer inlassablement au renforcement du système multilatéral, au maintien de la paix et à la prévention des conflits. En définitive, le projet de l’Union élargie doit être conçu comme un levier dans la mondialisation.

L’Europe doit aussi retrouver une volonté politique sans faille d’avancer sans plus tarder sur les quatre fronts stratégiques où elle est déjà engagée : celui des institutions lié à la mise au point et à l’adoption de la Constitution que les changements politiques en Espagne et en Pologne rendent possible, celui de la croissance durable et de la cohésion sociale et territoriale lancé par la Charte sociale et le processus de Lisbonne, celui de la stabilité intérieure dans un espace de liberté, de sécurité et de justice, enfin celui de l’Europe dans le monde.

L’Europe ne suscitera l’adhésion des peuples que si elle s’affirme comme un espace économique prospère et solidaire et comme un espace politique intégré, fidèle à de valeurs communes et conscient de ses responsabilités dans le monde au service de la paix, de la défense des droits de la personne humaine, de la démocratie et d’une répartition équitable des richesses.

L’Espagne vient de montrer ce qu’est la force d’un peuple quand il se lève en masse pour la défense de la démocratie face au terrorisme aveugle.

Le sens et la portée de ce grand élargissement doivent être expliqués, et le Mouvement Européen France entend y prendre toute sa place, y compris dans le difficile débat sur les frontières de l’Europe qui doit s’ouvrir.

L’élargissement n’est ni l’antithèse du fédéralisme ni la porte ouverte à une vaste zone de libre échange qui précipiterait le démantèlement des politiques communes.

Sans doute les conditions de la prise de décision se trouvent-elles modifiées, mais rien ne prouve a priori que l’effet du nombre constitue un obstacle insurmontable.

Sans doute une plus grande attention au contexte politique propre à chaque Etat membre est-elle nécessaire, mais nous devons tout faire pour que l’Union ne perde pas sa capacité d’édicter des normes de droit communes ayant force de loi et de développer des politiques communes dont le citoyen attend légitimement les effets positifs dans son environnement immédiat.

Sans doute l’Europe élargie doit-elle se construire à vingt-cinq, mais il est essentiel de reconnaître que l’introduction d’une plus grande flexibilité dans le cheminement vers une intégration accrue au travers des coopérations renforcées et de la coopération structurée peut être, au cas par cas, y compris quand le blocage est avéré dans des matières communautaires, le meilleur moyen de progresser à condition qu’il n’y ait dans ces initiatives aucune volonté d’isolement vis-à-vis de quiconque.

C’est le nouveau combat que le Mouvement Européen France doit livrer avec toute sa force de conviction de militants engagés dans la société civile.

Principaux points du projet du Mouvement Européen-France :

I- Les institutions

1. Les graves conséquences d’un échec durable
2. Pourquoi soutenir le projet de Constitution ?

II- Une croissance durable et une plus grande cohésion sociale et territoriale

1. La gouvernance économique
2. L’objectif stratégique de Lisbonne
3. La cohésion économique, sociale et territoriale
4. L’Agenda social européen et les nouveaux champs de l’approche sociale européenne
5. La politique industrielle

III- Le renforcement de la sécurité intérieure dans le cadre de frontières ouvertes et dans le strict respect des libertés publiques

IV- L’Europe dans le monde

1. L’Europe acteur du renforcement du système multilatéral
2. L’Europe et les Etats-Unis
3. L’Europe responsable de sa sécurité
4. L’Europe partenaire des pays du Sud
a) Les pays du nouvel environnement de proximité
b) Le partenariat euro-méditerranéen
c) Le maintien d’une relation privilégiée avec les pays ACP
d) Une initiative européenne de grande envergure en faveur des pays les moins avancés

Pour lire le projet complet (PDF), cliquez .  

Subscribe to our newsletters

Subscribe