Lawmaker: ‘Cultural economy’ to reward creators

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The EU should pay more attention to the content placed in the media and take into account concentration issues and financial support for filmmakers, argues French MEP Jean-Marie Cavada. The chair of the European Parliament's newly-established media intergroup spoke to EURACTIV in an exclusive interview.

Jean-Marie Cavada is a former journalist and a former president of French public television stations. He has been a member of the European Parliament since 2004, for the centre-right European People's Party (EPP) group.

He was speaking to EURACTIV's Editor Frédéric Simon and Publisher Christophe Leclercq.

To read a shortened version of this interview, please click here.

Vous présidez le nouvel intergroupe Média au Parlement européen. Dans votre communiqué vous avez soulevé la question du passage au tout numérique. Qu’est-ce que cela implique et quels sont les défis pour les nouveaux médias ?

Comme vous l’avez observé, les médias sont le point géométrique par lequel passent tous les débats sur la citoyenneté, c’est-à-dire la position des citoyens par rapport aux grands problèmes dans lesquels il faut trancher pour conduire nos nations et l’Union européenne.

Les médias sont aussi le point de passage du divertissement – ce avec quoi les citoyens passent leur temps et s’amusent. Ce sont aussi le point de transmission de ce qu’est notre substrat culturel, c’est-à-dire ce qui fait que nos pays ont des systèmes politiques originaux les uns par rapport aux autres, la culture n’étant pas la conséquence de l’organisation politique, mais plutôt l’organisation politique d’un pays étant la conséquence de ses cultures et de son histoire.

Et finalement, les médias sont aussi la fenêtre par laquelle on regarde le monde tel qu’il va aujourd’hui et la vitesse à laquelle il va. Ils sont donc tout à fait fondamentaux comme auxiliaires, à moins qu’ils ne soient le "débusqueur" de la démocratie pour avoir un paysage qui soit organisé.

Deuxièmement, si l’argent est un des éléments très importants, voire un but dans les entreprises privées, il ne faut pas que cette organisation économique jette à mal tout ce que je viens de dire sur l’utilité des médias. C’est la raison pour laquelle il faut réfléchir en termes politiques – pas au sens partisan mais dans le sens de la conduite de la cité – sur les systèmes de médias que nous voulons.

Je pense que dans les pays européens qui sont des pays de forte culture, il faut des médias privés, concurrents, mais aussi des médias publics, qui répondent non pas à une norme de redistribution des profit entre les actionnaires, mais à une norme de répartition des profits entre les cerveaux des spectateurs et des citoyens. Autrement dit, il faut un équilibre entre les systèmes publics et privés.

A partir de là, on peut raisonner de la même manière sur l’avènement du numérique qui est en train de gagner à peu près tous les médias : la télévision, la radio et surtout maintenant Internet.

Une première erreur à éviter, industriellement parlant, est de ne pas consacrer toute notre attention aux tuyaux, au libre accès des tuyaux ou à l’élargissement des tuyaux, sans nous soucier de ce qu’il aura dans ces tuyaux. Internet n’est qu’un tuyau.

Ce qui est très important est la capacité que nous avons à faire entrer dans ces tuyaux du matériau, de la matière. Pour la vie culturelle mais aussi pour le service de l’information publique, il faut créer une économie qui ne soit pas plombée par la nécessite du profit.

Nous devons vivre dans un double système et pas dans un seul système : pas tout privé, pas tout public. Nous sommes sorti depuis 20-25 ans du "tout public" – une quinzaine d’années pour les pays de l’Europe centrale –, mais ce n’est pas pour rentrer dans le "tout privé".

Quel rôle l’Europe doit-elle jouer dans ce domaine ? Est-ce que l’Europe doit s’en mêler ?

L’Europe dans son fonctionnement existe ou se fait entendre à plusieurs niveaux. Elle existe à travers des directives qui sont de textes de lois que tout le monde doit suivre, en totalité ou en partie. C’est notamment le cas dans l’économie et dans l’espace de sécurité, justice et liberté.

L’Europe existe aussi de manière "propositionnelle". Il y a un certain nombre de domaines, comme le domaine social par exemple – et j’ajouterais hélas – où l’Europe propose des directions, mais n’a pas la compétence – parce que les Etats n’ont voulu la lui donner – de légiférer, et à plus forte raison de faire transposer ses directions.

C’est aussi le cas du domaine de la culture dans lequel se trouve le champ des médias. Les médias restent très largement des compétences nationales. Cependant, l’Union européenne a ces dernières années érigé un certain nombre de notions et de directives qui doivent s’appliquer et être transposées au niveau national. C’est le cas par exemple de la célèbre directive "télévisions sans frontières".

Qu’est-ce que l’Europe fait ? L’UE a pendant longtemps analysé l’existence des médias en stricts termes de concurrence : équilibre, déséquilibre, concentration… Nous sommes arrives à la situation suivante : les médias européens ont des tailles petites ou moyennes à l’échelle européenne et plus encore à l’échelle mondiale. Très peu ont une taille mondiale, contrairement au monde anglo-saxon ou asiatique. Nous avons donc un déséquilibre qui est dans une certaine mesure une menace.

Il faut ainsi essayer de combiner la possibilité de concentration en respectant les règles de la concurrence. Mais pour moi, le service du spectateur n’est pas complet si l’on a cinq télévisions qui se font concurrence entre elles, contrairement à ce qui s’est longtemps dit à Bruxelles et Strasbourg. Quand on regarde de près, on remarque que ces chaînes se concurrencent avec les mêmes produits, avec les mêmes niveaux de produits. C’est ainsi que le service d’information du citoyen a reculé dans les télévisions généralistes européennes.

Certes ces chaînes généralistes ont des journaux télévisés, mais les journaux traduisent l’information instantanée, ils ne traduisent pas la réflexion distanciée comme les éditorialistes ou les analystes de la presse écrite. Dans un journal télévisé il n’y a pas comme dans un magazine d’information de débat avec des opinions différentes qui permet aux spectateurs de se forger une opinion. Ainsi, nous assistons à une simple compétition entre les chaînes généralistes et non à de la compétition. Il ne s’agit que d’économie, de profits et de services des actionnaires.

Le service des citoyen suppose que l’on construise un système dont le haut de bilan est la maturation du citoyen par le contenu, la matière que l’on met dans ces tuyaux, qu’ils soient anciens (l’analogique), moins anciens (le satellite) ou futurs (le numérique).

Je veux qu’on pose en Europe la question de l’économie de la culture. En effet, la culture ne peut vivre que si elle a une économie. Cela touche à la question des droits d’auteurs. Les pays qui n’ont pas d’économie n’ont pas de services de culture à donner, où alors ce sont des pays énormes comme les Etats-Unis qui sont un marché suffisamment vaste pour avoir des niches puissantes. Ce n’est pas le cas des pays européens dont la taille est trop petite. Comme vous le savez, le seul grand groupe européen est Bertelsmann [qui comprend RTL Group dans l’audiovisuel, Random House dans l’édition et Grüner + Jahr dans la presse].

En termes de concentration, est-ce que votre intergroupe fera des propositions en ce qui concerne la politique de la concurrence ?

Oui. Le but d’un intergroupe, qui n’a pas de pouvoir législatif, est premièrement de confronter des acteurs nationaux connaissant des organisations structurelles différentes dans chacun des pays de l’UE ; deuxièmement de faire se rencontrer des acteurs différents concourrant à la nourriture d’un seul et même média ; et enfin troisièmement, de faire se rencontrer des gens s’occupant de médias qui viennent d’horizons opposés : par exemple le chef d’entreprise privée ou publique et le législateur, ou le régulateur ou le transporteur de signaux, ou les ONG représentant les citoyens consommateurs de médias.

Ces gens doivent participer au débat et présenter leurs attentes. Si l’Union européenne veut être originale, elle doit faire dans le domaine du respect de la citoyenneté ce qu’elle a su faire dans le domaine de la libre circulation de marchandise, des services et de la création d’un espace de justice, de liberté et de sécurité – c'est-à-dire l’immigration d’un côté et le respect de la charte des droits fondamentaux de l’autre. Pour faire la même chose dans l’espace culturel, l’UE doit réfléchir de façon beaucoup plus volontariste car jusqu’à présent elle ne s’intéresse qu’aux tuyaux.

La construction de la démocratie européenne qui va conditionner l’approfondissement de l’Union et le bien vivre ensemble suppose que nous introduisions dans le débat médiatique européen la question du contenu. Non pas pour avoir un jugement qualitatif, mais pour faire en sorte que l’on puisse élargir le débat et les horizons.

Certaines actions de l’UE, comme le programme MEDIA qui soutenait le cinéma européen, ont bien marché…

C’est une action qui a assez bien marché et qui allait dans la direction que je disais : pour créer une économie de la culture il faudrait créer un fonds d’intervention culturelle, une sorte de FEOGA [le Fonds européen d’orientation et de garantie agricole était jusqu’en 2007 le principal instrument financier permettant de mettre en œuvre la politique agricole commune].

Pour qui ? Les journaux et les entreprises de presse ?

Il faudra l’examiner. Aujourd’hui, un cinéaste lithuanien ou hongrois ne peut pas se permettre de produire ses films dans son pays car il n’y a pas l’économie pour le faire. Ces cinéastes viennent donc massivement à Paris et un peu à Bruxelles. Ce n’est pas normal que l’on n’ait pas construit parallèlement à la démarche de libre circulation des services et des marchandises une démarche d’approfondissement culturel.

Nous créons un déséquilibre qui nous jette dans l’atlantisme, c’est-à-dire vers le plus bas dénominateur commun qui correspond à la plus large circulation due à la langue. Nous ne pouvons pas laisser périr nos cultures qui sont originales et qui témoignent de notre façon de vivre. On retrouve dans les décisions économiques, sur l’immigration ou les droits fondamentaux des éléments venus de notre culture.

Subventionner les industries culturelles est une idée tout à fait compatible avec les accords internationaux de l’UE mais il y a deux pays au moins dans lesquels ce débat devient très idéologique : d’une part l’Italie, où toute législation sur les médias consiste à prendre position pour ou contre Silvio Berlusconi, et d’autre part le Royaume-Uni où toute dépense communautaire en matière culturelle serait fortement critiquée. Comment comptez-vous dépasser ces deux débats nationaux ?

La Grande-Bretagne est pour moi le syndicat de la critique en matière de construction autre que économique, c’est-à-dire que tout ce qui ne rassemble pas un clone ou à un gêne de libre échange ne trouve pas place dans le raisonnement britannique de façon approfondie. Cette attitude de la Grande-Bretagne est en contradiction avec son histoire puisqu’elle a défendu partout sur le sol européen les valeurs de liberté et donc de culture.

Par conséquent, si institutionnellement on ne peut pas obtenir un accord des Vingt-Sept, il faut alors faire des accords de coopération renforcée et montrer l’exemple.

Je suis persuadé qu’une des façons d’approfondir l’UE, après avoir élargi à l’Europe centrale, est de mettre en place des coopérations exemplaires, par ceux qui veulent. Ca ne me semble pas si compliqué à faire. Je ne comprends pas pourquoi des pays qui ne veulent pas participer voudraient empêcher d’autres de prendre l’initiative.

Vous parlez donc d’un véritable fond européen pour subventionner des entreprises de presse, des journaux…

La subvention à une telle mauvaise réputation que je ne pense pas que ce soit le bon mot. Je crois qu’on aura besoin de quelque chose de plus astucieux qu’un fond de subvention. Il faut créer un fonds d’appel qui ne rejetterait pas une certaine mixité de capitaux – que ce soit la mixité des Etats qui y contribueraient ou la mixité privé public des contributions – afin de développer des sortes de start-up. Nous aurons ainsi une sécurité financière qui permettra d’appeler des fonds plus amples pour construire des œuvres. Autrement dit, il faut donner le coup de pouce initial.

On le fait déjà dans d’autres domaines de l’économie du savoir. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas le faire ici, si ce n’est l’absence de volonté qui est masquée derrière des problèmes institutionnels.

Ce fond européen peut couvrir les médias sous tous leurs aspects, information sportive, divertissement, l’information politique…

Il faut d’abord donner la possibilité aux auteurs des pays membres de créer des fictions et leur donner les moyens de les créer.

Qu’est-ce qui est nouveau par rapport au programme MEDIA ?

Le programme MEDIA n’est pas assez ambitieux, il n’est pas assez ample. C’est avant tout une question de moyens.

S’agissant de l’information, je ne crois pas qu’il faille subventionner quoi que ce soit, si ce n’est comme en Allemagne où les Länder sont propriétaires de certains médias régionaux qui font de l’information, de la fiction ou des retransmissions.

En France, Nicolas Sarkozy a lancé avec les Etats généraux de la presse des fonds de subventions pour des entreprises de nature privée. Une partie de ces fonds est ciblée sur des start up de l’Internet qui font de l’information, une autre sur des journaux qui font de l’information dite « noble », d’analyse et de politique. Cela pose la question du degré d’indépendance de ces entreprises qui sont censées être commerciales.

Franchement, croyez-vous que le journal français l’Humanité, l’organe du parti communiste, qui est très fortement subventionné en raison de sa mauvaise santé économique, a perdu un gramme d’indépendance ? L’indépendance n’a rien à voir avec la subvention.

Je voudrais également ajouter que je ne partage pas ce sentiment qui règne parfois en Europe et qui décrit la subvention publique comme quelque chose de contre productif. Internet a été créé il y a maintenant quarante ans par la subvention de crédits militaires américains. Je ne vois pas l’Etat comme un ogre qui serait sulfureux.

Peut-être pas en France, mais dans des pays comme en Europe centrale où la liberté de la presse n’est pas si ancienne, ou en Italie où ces sujets sont très sensibles, l’idée même de fournir des subventions à des médias privés pourrait être détournée.

Je ne dis pas qu’il faut subventionner les médias. Je dis simplement qu’il faut créer les conditions économiques de la vie culturelle, et je pensais surtout au cinéma. Mais je peux en dire autant en ce qui concerne l’économie du livre. Je suis favorable à un système de rémunération des auteurs dans quelque activité artistique que ce soit.

S’il n’y a plus de rémunérations il n’y a plus d’auteurs. A la place nous deviendrons distributeurs de produits mondiaux universels, donc anglo-américains. On ne peut pas s’en contenter pour nourrir les cerveaux européens.

Or nous avons pensé ces affaires de médias jusqu’à présent par le biais des tuyaux et des ingénieurs. Il y a une dérive à corriger. Il faut entreprendre un champ plus vaste qui s’appelle l’économie des produits culturels, des œuvres.

Justement, avec le passage au numérique, la question de la rentabilité est systématiquement posée et se pose par conséquence sur les médias traditionnels. Ce sera certainement un des thèmes de votre intergroupe. Quelles sont les pistes ?

Il est beaucoup trop tôt pour que je m’aventure à répondre à ce sujet. Il faut d’abord en débattre. Mais ouvrir un débat, ça ne veut pas dire mettre trois bavards autour d’une table. Ca veut dire bien étudier un dossier pour trouver les gens pertinents.

Passons des médias à la politique de communication de l’Union européenne. C’est parce qu’il n’y a pas de grands médias européens transnationaux qu’il y a une difficulté de créer une opinion publique européenne et de faire vivre un démocratie européenne. Jusqu’à présent les institutions européennes se sont gardées de relier de façon explicite les deux sujets. Dans la Commission sortante, deux commissaires différentes étaient en charge des dossiers. Pensez-vous que la nouvelle Commission va relier ces deux sujets, communication de l’Europe et politique à l’égard des médias ?

Un peu comme les jeunes filles n’osent pas parler de leur cœur, l’Europe se sent tout à fait pertinente pour parler de la politique des médias en Europe et de la transposition de ses recommandations dans les Etats membres, mais elle a du mal à examiner sa propre politique de communication, c'est-à-dire sa façon de parler aux citoyens.

J’avais fait dans ce sens des propositions à Monsieur Barroso il y a cinq ans et je le lui ai refaites récemment : les institutions doivent être incarnées par des visages. Ces derniers doivent consacrer un temps très important à se rendre devant les opinions publiques pour expliquer ce qu’ils ont fait durant dans la semaine qui vient de s’écouler. On en est loin en ce qui concerne la Commission européenne et je pourrais en dire autant du Parlement. Si les députés européens sont visibles au sein de leurs pays, le Parlement en tant qu’institution n’est pas visible dans ces pays. Il en est de même pour le Conseil.

On ne peut pas prétendre que les deux tiers des lois dans lesquelles nous vivons proviennent des trois institutions strasbourgo-bruxelloises et ne pas se donner la peine d’expliquer toujours et encore ce qu’on y fait.

Avant l’été tout le monde était très sensibilisé par le taux de participation aux élections européennes, à nouveau en baisse. J’ai l’impression que c’est déjà du passé. On oublie cela jusqu’aux prochaines élections ou on en tire les conséquences et on réfléchit à une autre politique ?

J’espère que la deuxième partie de votre question taraudera les responsables des institutions. "Vous venez-nous voir lorsque vous avez besoin d’être élus", disent les citoyens, "mais entre temps on ne vous voit plus". Il y a quelque chose à faire en terme de pédagogie. Ce qui se fait ici [à Bruxelles et Strasbourg] regarde d’abord les gens avant de regarder les institutions elles-mêmes.

Pour résumer cet entretien, peut-on dire qu’il y a une forme d’accord possible à l’égard des médias : on vous aide à vous restructurer, voire à cofinancer certains programmes, mais en échange on cherche un mieux-disant culturel et on attend de vous d’être des médias européens.

Non, il faut séparer les deux choses. Il faut faire de l’information et de la communication dans les institutions, mais également faire en sorte que l’organisation des médias en Europe et leurs équilibres fonctionnent le mieux possible.

En France, pour conclure, un statut a été adopté pour les entreprises de médias avec des exonérations de charges fiscales par exemple. Trouvez-vous qu’il serait souhaitable d’étendre un statut similaire au niveau européen ?

Aussi longtemps que les médias se portent bien, il n’y a pas de raison de se mêler de ce qu’ils font, si ce n’est lorsqu’il y a des dérives. Il y a en outre des autorités de régulation dans ce cas ou des Etats actionnaires s’agissant des médias publics. Quand des médias sont en difficulté du fait de l’appauvrissement du lectorat ou de l’audience, il faut regarder de près comment on peut structurellement les aider et en s’interdisant d’avoir la moindre opinion sur les contenus.

Ca ne sert à rien de pleurer sur la démocratie et sa déperdition, sur l’absence de civisme ou l’abstention aux élections si l’on ne créé pas un grand courant d’air dans les têtes. Il faut que des médias fonctionnent. Aucun pays n’est identique à un autre. La presse française ne vit pas très bien, la presse allemande est incomparable, même si elle a connu une récession publicitaire.

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