OIF chief: ‘French remains a universal language’

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French is still a "universal language"and the number of French-speakers worldwide is growing, Abdou Diouf, secretary-general of the Organisation Internationale de la Francophonie, told EURACTIV in an interview on the occasion of the body’s thirteenth international summit. 

Abdou Diouf has been secretary-general of the Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) since 2003.

He was the second president of Senegal, serving from 1981 to 2000. He is notable both for coming to power by peaceful succession and leaving willingly after losing the presidential election in 2000.

He was speaking to EURACTIV’s Andrew Williams.

The transcript of this interview is available in French only. To read a shortened version of this interview in English, please click here.

Les Jeux du Commonwealth, qui viennent de se conclure à Delhi, garantissent une forte visibilité au Commonwealth comme entité politique mondiale. Avez-vous une stratégie pour rendre la Francophonie plus connue dans la politique mondiale ?  

Nous sommes conscients qu’il y a des efforts à faire en cette matière et nous nous y employons. Mais il faut aussi que les médias nous aident en s’intéresssant à nos actions !

Savez-vous que nous organisons, tous les quatre ans et depuis 1995, les Jeux de La Francophonie ? La dernière édition, qui a été organisée à Beyrouth en 2009, a été un grand succès. Mais comme le dit le dicton, les trains qui arrivent à l’heure n’intéressent personne…

Mais je reste confiant. Le Sommet de la Francophonie, qui vient de commencer à Montreux, constitue une nouvelle occasion de communiquer sur nos actions.

Ce sommet a été déplacé de Madagascar vers la Suisse. Pourra-t-il contribuer à aider ou à mettre la pression sur ce pays ? Sera-t-il plus efficace que le Commonwealth vis-à-vis du Zimbabwe ? 

Comparaison n’est pas raison, surtout s’agissant des situations politiques. Chaque crise est unique et la réponse de la Communauté internationale est adaptée à chaque situation. L’originalité de la Francophonie, dans le domaine politique, est certes de condamner les Etats qui ne respectent pas les engagements souscrits en matière de démocratie, droits de l’Homme et Etat de droit dans les Déclarations de Bamako et de Saint Boniface, mais aussi de les accompagner vers un retour à la légalité constitutionnelle.

La Francophonie a bien entendu suspendu sa coopération avec Madagscar immédiatement après les événements survenus en 2009. Mais nous sommes aussi membre du groupe international de contact au sein duquel nous suivons de près l’évolution de la situation. Nous ne baissons pas les bras et continuons de déployer nos efforts pour qu’une solution soit trouvée à cette crise dont les premières victimes sont, comme toujours, les populations.

Après l’échec des dernières médiations internationales, nous sommes convaincus que ce sont les parties malgaches qui doivent trouver une solution politique, et c’est dans ce sens que nous agissons actuellement.

La Francophonie est-t-elle un moyen de donner une voix aux pays africains ?

Pas seulement aux africains mais à tous les pays, qu’ils soient petits ou grands, au Nord comme au Sud, enclavés ou isolés géographiquement. En Francophonie, chaque Etat dispose d’une voix. Il n’y pas de privilège, ni de droit de veto. Il n’y a pas non plus de Conseil de Sécurité et la méthode adoptée est le consensus dynamique.

L’Organisation internationale de la Francophonie est un exemple à suivre pour la démocratisation des relations internationales ! C’est un endroit où les Etats ont la possibilité de créer un réel échange entre eux. C’est, comme le disait Léopold Sédar Senghor, le « rendez-vous du donner et du recevoir »

Le monde francophone a des niveaux de développement économique très variés. Est-ce que l'absence d'une caractéristique commune les empêche de parler avec une seule voix sur des enjeux politiques clés ?

Non, même s’il est vrai que sur certains sujets, les positions de chacun sont très différentes. Avant chaque grande réunion internationale, la Francophonie organise des concertations entre tous ses Etats et gouvernements afin de dégager une position commune qui nous permet de parler d’une seule et même voix.

Langue diplomatique privilégiée au 19e et au 20e siècles, le français est aujourd’hui en déclin par rapport à l’anglais et subit également la concurrence de l’espagnol, voire du chinois. Quel est selon vous l’avenir du français comme langue mondiale ?

Laissez-moi préciser tout de suite que le français est et demeure une langue universelle car elle est, avec l’anglais, la seule langue à être parlée sur les cinq continents ! Vous parlez d’un déclin mais connaissons-nous réellement le nombre de personne qui parlait français aux 18e et 19e siècle ? Je pense que, dans ce domaine, on fait trop de raccourcis.

C’était un des objectifs du rapport publié début octobre par l’Observatoire de la langue française de l’OIF : faire le point, avec une méthode scientifique et fiable, sur l’état du français dans le monde. Les chiffres publiés démontrent clairement une tendance à la hausse en ce qui concerne les locuteurs, qui passent de 200 millions en 2006 à 220 millions aujourd’hui.

Quoiqu’il en soit, la démarche de la Francophonie n’est pas de lutter contre l’anglais ou aucune autre langue en particulier. Notre but est de promouvoir la diversité culturelle et linguistique en partant du principe que tout monopole linguistique est néfaste pour notre monde.

Outre la langue, quels sont les autres moyens dont la Francophonie dispose pour se distinguer des autres organismes mondiaux tels que le G8, le G20 ou le Commonwealth ?

La Francophonie n’a pas grand-chose à voir avec le G8 ou le G20, qui sont des organisations plutôt économiques. Organisation basée sur le partage d’une langue et de ses valeurs, nous sommes plus proches du Commonwealth, bien qu’il soit pas préoccupé par la promotion et la défense de la langue anglaise.

Nous partageons avec eux une certaine vision du monde, plus équitable, plus juste. Nous menons d’ailleurs ensemble des actions de terrain en faveur des pays du Sud, notamment dans le domaine des négociations commerciales internationales.

Avec le Secrétaire général du Commonwealth, nous nous exprimons avant chaque Sommet du G8 ou du G20, pour rappeler les enjeux fondamentaux des pays du Sud. Ensemble, nous avons d’ailleurs rencontré le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, avant les Sommets du G8 et du G20 qui ont été organisés cette année au Canada.

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