Suard: ‘Taking languages too seriously kills them’

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Defending the multiplicity of languages in the EU is the best way of protecting them as taking a single language too seriously will only succeed in killing it, argues Catherine Suard of the French Institute in Sofia in an interview with EURACTIV Bulgaria. 

Catherine Suard is the director of the cultural centre at the French Institute in Sofia.

To read a shortened version of this interview, please click here.

La Commission européenne a élu l’année 2008 comme l’année du débat interculturel et du multilinguisme. Quelle sera la place de la Francophonie dans la politique de l’UE visant à encourager le multilinguisme dans la Communauté? 

La politique de la France a énormément changé pendant les dernières décennies, tout comme le monde a énormément changé. Maintenant il s’agit d’une réflexion beaucoup plus ouverte et nous croyons qu’en défendant une langue, nous défendons toutes les langues. Dans les années 1990, le monde a éclaté et, en réaction positive à ce changement, l’UE s’est élargie. C’est après ce changement que la langue est devenue très liée à l’identité nationale en Europe. Les nations de l’Est issues de l’éclatement du bloc soviétique sont directement entrées dans un autre bloc: l’UE. C’est alors que nous avons compris que l’enjeu numéro un pour la Francophonie, c’est l’Europe. On est donc arrivé au ‘Plan français pour l’Europe’ dont le but est de former les fonctionnaires des Etats membres. Ici en Bulgarie, nous avons signé un mémorandum avec le ministère de la fonction publique: après cela, 2,000 fonctionnaires ont appris le français en quatre ans et ont aujourd’hui un bon niveau. 

Il y a deux mois, le commissaire au Multilinguisme, Leonard Orban, a présenté un rapport préparé par un group d’experts, qui propose que chaque Européen parle au moins deux langues d’adoption, quelque chose comme une «deuxième langue maternelle»? Qu’en pensez vous ? 

L’apprentissage d’une langue d’adoption n’est pas comme l’apprentissage d’une langue étrangère. C’est ça la principale différence – ce n’est pas une langue étrangère. C’est une langue avec laquelle nous nous identifions, nous cherchons l’information ou nous nous amusons. 

Je vais vous donner un exemple personnel. Ma fille aînée voyageait beaucoup avec moi quand elle était petite et devait étudier dans des écoles internationales où la langue officielle était l’anglais. Aujourd’hui, l’anglais est pour elle comme une deuxième langue maternelle. 

La langue d’adoption est une langue qui permet de mieux comprendre la culture des autres et c’est pour ça qu’il est important que chaque Européen possède au moins une deuxième langue maternelle. On comprend mieux les autres si l’on parle plusieurs langues. 

Quels sont les événements organisés lors des journées de la Francophonie en Bulgarie? 

Le programme est très varié. Chaque année, nous choisissons dix mots en français sur un thème particulier et nous jouons avec ces mots, c’est autour d’eux que les événements sont organisés. Cette année, le sujet est “rencontre”. Dernièrement en France, c’est une mode de lier la cuisine à la culture et à l’art. Dans cette logique, nous organisons la semaine de la cuisine française dans quatre grandes villes bulgares. La dernière semaine de la Francophonie sera consacrée à un festival des films documentaires qui ne montre pas uniquement des films français. Nous avons également invité un artiste ivoirien qui va raconter des histoires du monde entier en accompagnant ses récits avec des instruments de musique traditionnels. 

Dernièrement à Bruxelles, il y a une tendance consistant à mélanger des mots de langues différentes – le français, l’anglais ou l’allemand. Est-ce, d’après vous, une tendance à la création d’une nouvelle langue de Bruxelles ou bien le reflet de l’importance du multilinguisme? 

Je crois que le plus important est le respect de l’interlocuteur et non pas de la langue. S’il comprend toutes ces langues, il n’y a pas de problème. On a le droit de jouer avec les langues. Si on les prend trop au sérieux, on les tue. Il ne faut pas enfermer les langues, il faut les enrichir, c’est l’idée du multilinguisme. Chaque langue est liée à une culture donnée. Et si l’on utilise des mots d’une autre langue c’est parfois pour mieux exprimer une idée ou une émotion. Enfin, la diversité existe dans nos têtes et c’est ça l’idée de l’Europe unie. 

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