EU official: Russia ‘advantaged’ in negotiations over EU pact

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Russia has an advantage over the EU by being able to speak with one voice, the Commission’s chief negotiator for the future strategic partnership treaty between the Union and its largest neighbour, Eneko Landaburu, told EURACTIV in an interview.

Landaburu, who is also the director general of the Commission’s External Relations Directorate RELEX, commented on the state of the EU-Russia relations ahead of the summit in Khanty-Mansiysk, where for the first time Russia will be represented by its new President Dmitriy Medvedev.

The below transcript is available in French only. To read a shortened version of this interview in English, please click here

Vous venez d’affirmer lors d’une conférence que la Russie n’était pas un partenaire facile, juste quelque jours avant le sommet UE-Russie en Sibérie. Pouvez vous expliquer pourquoi ? 

Nous avons avec la Russie des relations qui sont encore marquées par un manque de confiance. Ce qui fait qu’il y a, de la part de l’Union européenne et de certains Etats membres, ou de la Russie, parfois, des attitudes qui sont un peu dures sur certains sujets. Mon analyse est que la Russie est un pays ami, un pays avec lequel nous devons développer des coopérations beaucoup plus importantes parce que nous avons des intérêts structurels communs. Je crois que la meilleure amitié se fait entre des gens qui sont sur un pied d’égalité, et qui sont capables de développer la confiance. Et c’est cela qui est en jeu dans l’accord que je vais négocier au nom de l’Union européenne comme chef négociateur avec Monsieur Chizhov du côté russe. C’est au-delà des questions un peu techniques et des questions importantes bien entendu, sur l’énergie, le commerce, la recherche et le développement, le dialogue politique au-delà de l’importance de ces différents secteurs. Ce qui est essentiel c’est de proposer un cadre durable qui nous engage des deux côtés afin de créer ces éléments de confiance qui doivent exister plus entre les deux. L’histoire a laissé dans les nouveaux Etats membres des traces douloureuses de l’Union soviétique. L’Union soviétique a disparu et c’est une bonne chose, et maintenant la Russie qui reprend l’héritage de cela doit développer avec nous-mêmes et les Etats membres, surtout des pays de l’est, plus de confiance, c’est ça le but. 

Vous dites «pied d’égalité », mais la Russie parle d’une seule voix, pas avec 27 voix. 

Oui, ils ont un avantage de ce côté-là incontestablement. Et pour être très franc, je préfèrerais être à la place de Monsieur Chizhov. Mais vous savez, c’est la diversité qui fait la richesse, et par rapport à la Russie nous avons une population qui représente presque 500 millions de citoyens, nous avons un poids économique tout à fait important et nous avons une influence politique qui n’est pas négligeable. Donc je ne me sens pas du tout en infériorité quelconque, nous représentons des réalités qui sont différentes. 

Vous avez aussi affirmé que les développements autour du Kosovo ont affecté d’une manière négative les relations de l’Union avec Moscou ? 

Cela n’a pas été une surprise pour nous, je me souviens d’avoir assisté à quelques sommets entre l’Union européenne et la Russie et notamment à Helsinki, pendant la présidence Finlandaise et d’avoir entendu le Président Poutine nous dire que la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par nos Etats membres créerait des difficultés, car l’accord qu’il y a entre la Russie et nous est de dire que nous privilégions toujours le principe international de l’intégrité territoriale sur celui de l’autodétermination. Donc les positions qui ont été prises par Monsieur Lavrov et ou par d’autres responsables du gouvernement Russe là-dessus ne constitue pas pour nous une surprise, nous le savions. Nous disons aux Russes que le Kosovo a une situation tout à fait particulière, du fait de l’histoire de cette province qui a été agressée à l’époque, et que les résultats de l’histoire font qu’il est exigé un traitement particulier pour ce territoire. Voilà, nous avons un différend là-dessus. Ce qui est utile et ce qui me semble tout à fait positif, c’est que nous en discutons dans le cadre de nos accords, dans le cadre de nos structures de dialogue. Il n’est pas étonnant d’avoir avec les voisins un différend où l’autre, la question est de savoir comment vous le résolvez dans l’intérêt général d’un bon voisinage. 

L’Ukraine est aussi un voisin important. Au sommet de l’OTAN la Russie a montré qu’elle n’allait pas laisser filer l’Ukraine et la Géorgie dans les rangs de l’OTAN. Est-ce que Moscou a la même attitude par rapport aux ambitions de Kiev de rejoindre l’UE ? 

Non, je ne crois pas. N’oublions pas que la question de l’OTAN n’est pas dans les chapitres de négociation de notre accord… Il y a une sensibilité parfaitement claire qui est exprimée par les autorités russes sur l’entrée de l’Ukraine à l’OTAN. Ceci étant, l’Ukraine est un pays souverain, l’Ukraine doit décider de son destin par rapport à une appartenance ou pas à ces alliances stratégiques, politiques et militaires, c’est à l’Ukraine de se déterminer, je crois que c’est l’expression de la souveraineté. C’est vrai que la question est difficile, puisque si l’on en croit les sondages, l’opinion est assez partagée en Ukraine par rapport à cette question. Mais ce n’est pas de la compétence de l’Union européenne en tant que telle. Notre idée c’est que chaque peuple souverain s’exprime sur ses affaires comme il le souhaite, et c’est ce qui me semble être l’essentiel. Alors il est vrai que sur le rapprochement de l’Ukraine avec l’Union européenne, il n’y a pas la même attitude. La Russie ne s’est jamais montrée hostile à la politique de voisinage que l’on mène avec l’Ukraine, où nous avons réussi en trois ans à développer considérablement nos liens dans beaucoup de domaines. Nous sommes dans une négociation très avancée d’un accord nouveau aussi avec l’Ukraine, et nous verrons au sommet du mois de septembre pendant la Présidence Française, combien nous avons travaillé et nous nous rapprochons. Il y a un accord commercial avec l’Ukraine, il y a un accord de facilitation de visa et de réadmission, nous avons des accords dans le domaine de l’énergie. l’Ukraine s’est rapprochée de nous, nous nous sommes rapprochés de l’Ukraine, l’Ukraine désire être plus proche de nous, et évidemment nous en tenons compte. 

Les récentes initiatives, de M. Sarkozy pour la Méditerranée, de la Pologne et de la Suède en ce qui concerne les voisins de l’est, sont elles perçues comme une atteinte a l’action de la Commission ? 

Non, une politique peut toujours être améliorée, nous allons aller le 13 juillet à Paris, la Commission sera représentée par le président Barroso, pour ce grand lancement du Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée. Qu’est-ce que c’est ? C’est une façon de consolider, de rendre plus efficace et de permettre un développement plus important de la politique de voisinage et notre politique de Méditerranée dans le sud. Il y a eu une initiative suédoise et polonaise pour avoir avec les pays de l’est de l’Union européenne aussi, des objectifs plus ambitieux de rapprochement et surtout une dimension régionale, qui n’existe pas dans notre politique de voisinage qui comme vous le savez est un politique bilatérale avec chacun des pays. Le Conseil européen de la semaine dernière a demandé à la Commission de se pencher sur ce dossier et de faire des propositions l’année prochaine. C’est ce que nous ferons. Une politique doit toujours s’améliorer si elle est bonne ; et je crois que notre politique de voisinage qui est excellente, doit s’élargir, se consolider et s’approfondir. C’est ce que nous essayons de faire. Petit à petit, et l’initiative de Monsieur Sarkozy va dans ce sens pour ce qui concerne nos relations avec les pays du sud, la Méditerranée, et nous allons engager une réflexion en ce qui concerne les pays de l’est dans les prochains mois. Après le referendum en Irlande, des chefs d’état et de gouvernement ont vivement critiqué la Commission. Voulez-vous réagir ? Non, le président de la Commission s’est exprimé très clairement là-dessus. Faire de la Commission un bouc émissaire quelconque par rapport à cet évènement est un non-sens, il ne correspond pas à la réalité. 

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