MEP: Social policy a central plank in future recovery

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In an interview with EURACTIV France, French Socialist MEP Pervenche Berès highlighted the importance of including a social dimension in the battle to solve Europe’s economic problems, and questioned the decision to award the European Parliament’s important economic committee chair to an English Liberal MEP.

French Socialist MEP Pervenche Berès is chair of the European Parliament’s employment and social affairs committee (EMPL).

To read a shortened version of this interview in English, please click here.

Que pensez-vous de l’élection de Sharon Bowles (ADLE) à la tête de la commission Affaires économiques et monétaires du Parlement européen? 

C’est quand même paradoxal dans la période actuelle de confier la commission des Affaires économiques et monétaires (ECON) à un Anglais. Ce n’est pas la personnalité de Mme Bowles qui est en cause. Mais beaucoup s’accordent à dire que cette crise a montré les limites des théories libérales. Or parmi leurs plus fervents défenseurs de celles-ci, le Royaume-Uni tient une place particulière. 

C’est donc un double paradoxe d’avoir une présidence de commission libérale et britannique. Sans compter que la commission ECON est quand même celle qui est compétente pour l’Union économique et monétaire et notamment responsable du dialogue avec la Banque centrale européenne. 

Cela dit j’espère que Sharon Bowles sera une vraie présidente, c’est-à-dire impartiale. 

Etes-vous malgré tout satisfaite de votre poste de présidente de la commission Emploi et affaires sociales? 

Pour une socialiste, alors qu’il y a entre 27 et 28 millions de chômeurs en Europe le défi est colossal. Pour moi et pour les socialistes français, la succession entre ces deux commissions est cohérente. 

La difficulté est que pour tout ce qui concerne l’emploi, l’échelle européenne permet de projeter beaucoup d’espoir mais les moyens d’interventions de l’UE sont relativement faibles. Ils dépendent du bon vouloir des Etats membres. Même si cette crise frappe tous les Etats membres de l’UE à des degrés divers, on voit bien que la lutte contre le protectionnisme et les dérives en termes de capital humain sont les mêmes partout et que tout le monde a intérêt à travailler en coopération pour créer une vision commune sur la formation, la recherche, l’éducation… 

Quels les sujets sur lesquels vous comptez mettre l’accent au cours de la prochaine mandature? 

Sur l’aspect législatif du travail de la commission Emploi, les sujets sont connus. Il y a la directive temps de travail, l’information et la consultation des travailleurs, le fonctionnement des comités d’entreprises ou la directive mobilité des travailleurs. Tous ces domaines constituent un volet un peu plus technique et plus concret. 

Il y a deux autres thèmes sur lesquels j’espère que la commission pourra contribuer et permettre à l’Union d’avoir sa propre part de responsabilité. Tout d’abord la gouvernance d’entreprise et tout ce qui concerne la rémunération des chefs d’entreprise et des intermédiaires, l’association et la participation des salariés, l’information des travailleurs et la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. 

Le changement de culture de l’entreprise doit se poursuivre pour aboutir à une prise en compte plus importante de la dimension sociale. C’était vrai avant la crise mais ça s’est aggravé et c’est encore plus nécessaire aujourd’hui. 

Le dernier sujet important pour moi est la prise en compte des enjeux sociaux dans la redéfinition du système financier. 

La commission Emploi travaillera donc aussi sur des sujets connexes à ceux de la commission Affaires économiques? 

Je n’ai pas de nostalgie de la commission ECON. Mais j’ai un très fort souvenir lors de la précédente mandature où, au sein du groupe socialiste, il y avait une grande structuration autour de ce que l’on appelait le policy mix. Ce qui correspond selon moi à l’idée d’intégrer dès le départ les questions d’emploi et de protection sociale dans les enjeux économiques. 

Comment va s’articuler le travail de la commission spéciale sur la crise avec les autres commissions? 

En principe elle sera mise en place en septembre et présidée par Wolf Klinz (ADLE, Allemand). Je devrais en être la rapporteure. 

Cette commission sera une sorte de « think tank parlementaire ». Je ne sais pas si c’est la bonne formule mais il s’agit d’avoir une approche multidimensionnelle par rapport à la crise. Aujourd’hui il faut mobiliser le budget, voir comment le secteur environnemental va transformer la donne en termes de croissance… Je ne dis pas que cette commission va tout faire mais il doit y avoir un endroit de confrontations et de partage des savoirs pour optimiser les maigres outils qu’a l’UE et savoir comment elle doit se développer demain pour tirer les leçons de cette crise. 

Qu’est-ce que l’UE doit faire pour sortir de la crise? 

Pour moi la perspective de sortie de crise s’articule autour du trio énergie, environnement, emploi. 

La façon dont on reformate les marchés financiers après cette crise est essentielle. Avant la crise il y avait un débat idéologique entre ceux qui prônaient l’autorégulation et les autres. Mais l’autorégulation n’a aucune capacité à prendre en compte le risque systémique. 

Face à cela, j’entends déjà les défenseurs de l’autorégulation dire : aujourd’hui la priorité est le rétablissement de la santé des banques, mettre en place de nouvelles régulations ralentira le processus, il est donc trop tôt pour agir. Ce seront les premiers à dire ensuite que la régulation n’est plus nécessaire. C’est le langage de ces 30 dernières années et surtout de ces 10 dernières années. Et c’est ce qui a fait que les politiques et les régulateurs ont abandonné la partie. Je pense donc que la bataille politique sera très dure. 

Or de ce point de vue-là, je ne suis pas encore convaincue du côté vers lequel penche la majorité sortie des urnes le 7 juin. Cela fera partie des premiers tests de ces prochains mois. 

Comment pensez-vous que peut se mettre en place la clause sociale horizontale prévue par le traité de Lisbonne? 

Au groupe socialiste nous la demandons en toute hypothèse, que le traité soit ratifié ou pas. Dans les conditions que nous fixerons au président de la commission il y a le rappel de l’importance de l’esprit de cette clause.

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